Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Pour que 2022 soit une année nouvelle !

Et si nous ajoutions à l’expression automatique de nos sentiments sous forme de vœux, voire socialement obligatoire, un petit plus en lien avec le désir d’existence ?

Par exemple… Pour 2022, je vous souhaite de cultiver la joie de la Curiosité !

La curiosité était considérée autrefois comme un vilain défaut par l’adulte auquel l’enfant posait une question… à laquelle il préférait éviter de répondre.

La curiosité est pourtant le souci qui, par un retour de la pensée sur elle-même, questionne, interroge, pour dégager le chemin de la connaissance en deçà des habitudes et des réponses toutes faites. Et ce faisant, elle permet de retraiter nos habitudes — cognitives — et nos commentaires — automatiques — à l’aune de notre responsabilité.

La curiosité est un drôle de ressenti qui fait suite au soin que nous portons à notre existence et celle des autres et du monde, un sentiment d’ouverture qui commence par « c’est quoi ? ».

La curiosité invite à faire du neuf avec l’ancien : il suffirait de regarder le connu — l’habitude — comme si nous le voyions pour la première fois, avec étonnement. « Ah, c’est cela que je fais ? »

La curiosité, c’est chercher à croitre avec économie, à recycler l’énergie de l’agitation ou de la colère dans un acte choisi. De l’écologie appliquée.

La curiosité, c’est se retourner vers ce qui est à l’origine, la mémoire corporelle, pour y entendre la vitalité à l’œuvre. Sans jugement ni justification.

La curiosité, c’est ajouter de l’écoute quand on cherche à s’expliquer dans les justifications et de la parole quand on cherche à se cacher dans le silence.

La curiosité, c’est veiller à laisser de côté les tentations automatiques de la pensée vers « L’autre qui… » ou vers le « Je sais bien ! »

La curiosité est la source de la responsabilité !

Allez, je vous souhaite de renouveler votre année et d’être curieux !

Catherine Aimelet Perissol

Le cadeau de la vie

Des cadeaux, la vie nous en offre à maintes occasions. Il y a ceux qui fêtent les anniversaires – de naissance, de mariage… -, ceux qui célèbrent nos réussites – diplômes, création d’entreprise… – et ceux qui marquent, un peu partout dans le monde, l’esprit de Noël.

Tous ces cadeaux que nous offrons ou recevons s’inscrivent dans le monde matériel. Mais il en est d’autres, moins visibles, plus subtils dont nous entendons parler dans cette phrase « il y a un cadeau derrière ».
Derrière une situation, ou une expérience, dans laquelle nous nous sentons déstabilisés, chamboulés.
Comme si, dans tout ce que nous traversons de difficile, il y avait « toujours » la possibilité d’une « bonne surprise » à découvrir dans l’instant comme une évidence, ou un peu plus tard, voire beaucoup plus tard, lorsque nous avons encaissé le choc ou sommes capables de prendre du recul.

Quel regard pose la LE sur ces épineux cadeaux de la vie ?

Un cadeau c’est « ce que l’on offre à quelqu’un à titre gracieux pour lui faire plaisir ». Dans le corps, et plus particulièrement dans le cerveau, le cadeau c’est celui qui active le circuit de la récompense nous permettant ainsi de gouter un état de satisfaction physique et psychique.
Partant de là, voir chaque évènement si désagréable soit-il comme un cadeau exprimerait le désir d’avoir toujours de la satisfaction (ou du bien-être).
Or, notre corps face à une situation inattendue ou non expérimentée, réagit à partir d’un contexte, somme de toutes nos expériences passées. Rien ne garantit que ce que le corps va éprouver soit « toujours » du côté du plaisir, et donc d’un cadeau à reconnaitre. Au contraire, selon ce que nous avons vu, entendu, touché qui nous fait nous sentir heurtés, bousculés, freinés etc… et selon la façon dont nous y répondons, nous pouvons faire l’expérience de l’inconfort, de la difficulté ou encore de l’ennui.
Et c’est en allant d’abord contacter ce qui se passe en nous, puis dans un second temps en observant ce que nous faisons, concrètement, avant d’écouter ce que nous nous racontons pour donner du sens à ce que nous avons vécu, que nous pouvons faire le tri entre ce qui est « bon, satisfaisant » pour nous et ce qui ne l’est pas.

Ce fameux « cadeau » qu’il faudrait voir dans chacun des événements que la vie nous donne à vivre n’est-il pas là ? Dans cette expérience sensible du vivant à l’intérieur de nous, de ce qui nous met en mouvement et qui nous apprend un peu plus chaque jour comment nous fonctionnons et comment nous pouvons prendre soin de nous dans l’instant.


Il n’y a rien à attendre de l’extérieur. Le cadeau nous nous l’offrons à nous-même en nous redonnant notre part responsable, et donc actrice, pour répondre en conscience à la situation dans laquelle nous nous sommes sentis déstabilisés.

A quelques semaines de Noël, je vous souhaite autant de cadeaux que d’évènements traversés.

Je danse avec les Extrêmes

Entre les deux, mon cœur balance. Je peux voir le verre complètement vide et puis, un moment plus ou moins long plus tard, le voir complètement plein. Je peux agir dans un sens et l’instant d’après, opérer dans le sens contraire. D’ailleurs, je peux même trouver cela très évident et naturel, me tournant, ainsi que d’autres, en bourrique. Et ce faisant, me sentir étourdie, comme si le vertige me prenait, tant je peux me surprendre à agir comme une girouette. 

« Logique ? » Me risquerais-je ?  

Eh bien, oui. La « Logique Émotionnelle » apporte un éclairage singulier sur cette valse en fondant ce phénomène sur la biologie, plus précisément sur l’homéostasie. Elle permet de donner du sens à ce tourbillon mental et comportemental !

L’homéostasie, c’est cette fourchette définie par les deux termes inférieur et supérieur que nous regardons, toutes et tous, sur le côté droit du document lorsque nous tentons de déchiffrer les résultats de nos analyses biologiques. Le bon chiffre est celui qui se situe dans cette fourchette. Et dès qu’il en sort nous remarquons qu’il est noté en gras… 
Notre vie, notre santé, notre bien-être physiologique –donc psychique aussi- dépend du maintien de nos chiffres à l’intérieur de cette fourchette de valeurs, sinon ils signalent un désordre.

Comment la LE et son corollaire l’homéostasie peuvent-elles m’aider à comprendre cette danse avec les extrêmes, telle une girouette intérieure qui entretient chez moi indécision et frustration ? Comme un désordre des solutions de mon corps esprit ?

Il me semble sincèrement, considérant la vitesse de circulation des échanges dans le cerveau, que mes pensées, mes comportements, et mon agitation vont de pair. En effet, si je regarde au ralenti mon mouvement adaptatif, je peux voir que mes habitudes de répondre aux événements sur un mode défensif sont des réponses automatiques empreintes de survie certes, que le balancier s’impose comme une solution, mais qu’en même temps elles ont quelques conséquences.

Pour autant, vouloir échapper au processus, lutter contre, subir comme une fatalité ce phénomène vivant de complémentarité des polarités, c’est prendre le risque de générer encore plus de stress. Qui peut même être compris comme une résistance au processus naturel de la vie au nom d’en éviter les conséquences ! Avoir « toujours plus » pour ne « manquer jamais » de sûreté ou de liberté par exemple, est la voie la plus sûre pour entretenir la pression intérieure mais aussi extérieure, sur son environnement. La LE, en décrivant le mouvement de balancier entre deux extrêmes, me donne la possibilité de mieux me connaitre ainsi que des indications pour me rapprocher de la fourchette d’équilibre.

A moi de développer mon attention au langage de mon corps esprit, à oser considérer la valeur vitale de mon tourbillon !

Yassamane Sassanfar

Comment renouer avec le désir ?

Brigitte Lahaie
Sud Radio

Par Brigitte Lahaie avec Catherine AIMELET- PERISSOL, Arnaud RIOU

Émission du vendredi 1 octobre 2021

Comment renouer avec le désir ? Ou plus exactement avec son désir ? Son désir de vivre, son désir d’avoir du plaisir, son désir de faire l’amour. Et si cela passait par l’émotion de la joie ?

Les invités :

  • Catherine AIMELET- PERISSOL Médecin homéopathe, psychothérapeute, auteure de : « Émotions, quand c’est plus fort que moi, peur, colère et tristesse : comment faire face » chez Leduc Éditions, et « Ma bible des émotions » – Éditions Leduc.
  • Arnaud RIOU auteur de « La Prophétie de l’Aigle et du Condor » – Éditions Guy Trédaniel.
Partie 1
Partie 2

Oser l’incertitude

Sous le ciel de nos contrées, plusieurs générations ont eu la chance et le plaisir de vivre dans des conditions plutôt privilégiées, sans guerre, sans épidémie grave, sans famine… et nous nous y sommes habitués.
Au point de penser que c’est la norme ! Le jour s’est levé hier, avant-hier, et tous les jours d’avant, et donc il se lèvera demain, après-demain et tous les jours d’après.
De cela nous sommes sûrs ! Pourtant, ce n’est que le résultat de ce que nous avons observé, de notre expérience mémorisée.


Aussi dès qu’une situation inédite arrive ou nous arrive, nous voilà d’abord pris de panique à rechercher toujours plus de sécurité, les uns dans la version sûreté, les autres dans la version liberté. Ou pris de raideur à imposer encore plus d’Identité, les uns dans la version appartenance, tous pareils, les autres dans la version différence, distinction.


Nous faisons comme si nous avions une connaissance purement intellectuelle que le monde change sans cesse, régie par l’impermanence — qui est d’ailleurs la seule permanence — puisque nous fantasmons quand même d’éviter le manque et de conserver un environnement sûr, voire sûr et certain… Et si nous acceptons le changement, c’est seulement du côté du bon et du mieux.

Sauf que ce que nous expérimentons a une tout autre couleur, avec des chocs inévitables et des habitudes réactives. Toujours la même loi biologique à l’œuvre qui nous presse de nous adapter : soit nous prenons toutes les opportunités de satisfaction, soit nous évitons, contrôlons ou encore nous résignons et subissons. Plus nous restons enfermés dans nos habitudes, avec un résultat prédictif satisfaisant pour faire face à la situation, plus innover, imaginer, créer, prendre le risque de l’incertitude est difficile.

Comment alors sortir de ses habitudes, se mettre en accord, s’accorder avec le changement, que ce soit l’environnement, nos proches, ou encore nous-mêmes ? Comment devenir un individu qui agit en conscience de ce qui l’anime, des lois biologiques à l’œuvre, plutôt que de subir le modèle unique de survie ?

Comment la LE peut-elle nous aider à relever ce défi ?


Oser l’incertitude, c’est s’ouvrir à la situation, oser prendre un risque avec un résultat (encore) incertain. C’est oser agir en conscience pour sortir des impasses, sans témérité, mais avec courage, en s’appuyant sur l’intelligence du système émotionnel : l’information sensorielle, le sens vital de ce que nous faisons déjà, notre capacité à innover dans le même objectif de vie. Car il s’agit bien à la fois de garantir les moyens de notre existence, mais en sortant de nos évidences pour passer par une autre voie.


Agir en conscience et en connaissance nous demande de ralentir, de nous poser pour réaliser ce qui vient nous choquer, interroger les représentations qu’inévitablement nous élaborons, énoncer les habitudes que nous avons mises en place, et s’ouvrir au formidable potentiel qui est le nôtre et qui reste encore à explorer.


Sylvie Alexandre Rochette


Pour expérimenter, le stage pratique Agir en connaissance est ouvert aux adeptes de la Logique Émotionnelle les 6 et 7 novembre 2021, porté par l’association Emotiv’action.

Prochaine conférence de Catherine Aimelet-Perissol

Les petits déjeuners essentiels organisent le 16 octobre 2021 une conférence ayant pour thème :

Révéler le bon sens de nos émotions.

Lieu de la conférence :

Vélodrome de Roubaix
13-15 avenue Maxence Van Der Meersch
59100 Roubaix


Catherine Aimelet-Perissol
Docteur en médecine, psychothérapeute et formatrice en logique émotionnelle, auteure et conférencière.

Joie, peur, colère, tristesse, sont quatre des grandes émotions qui nous traversent, nous alertent, nous guident et parfois nous submergent au point d’interférer dans nos actions et d’influer nos décisions.


Plutôt que de chercher à les « gérer », Catherine Aimelet Périssol nous invite à en faire nos alliées.
En tant que médecin et psychothérapeute, son approche est singulière : elle nous montre que les émotions sont l’expression du lien entre corps, mémoire et esprit.


Elles sont donc des indicateurs précieux. Elles sont un langage et ont leur langage. Se mettre à leur écoute et les décoder, c’est gagner en liberté en nous offrant la possibilité de les traduire en réponses adaptées aux situations.


À nous donc d’en prendre conscience, et avec bon sens, d’intégrer la Logique Émotionnelle pour faire de nos émotions un atout.

Mais où ai-je posé mes lunettes ? Ah, elles sont sur mon nez !

Quand bien même la connaissance du fonctionnement de notre cerveau serait la chose du monde la mieux partagée, nous demeurerons soumis à ce fonctionnement dont nous commençons tout juste à connaitre les arcanes. Car connaitre ne signifie pas échapper ! Au contraire, connaitre nous pose au contraire comme responsables de nos actes, même les plus automatiques !

L’une de mes citations préférées est attribuée à Confucius : « Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l’obscurité ».
Avec mes patients, écoute, résonnance et bon sens du processus émotionnel font office de lampe pour éclairer ce qui se joue en eux, dans leur mémoire de survie, quand ils sont en prise avec leur situation jusque dans leurs habitudes défensives et leurs interprétations.
Mais pour la thérapeute que je suis ?
Heureusement, Confucius reste un fidèle compagnon de route et se rappelle à ma conscience quand je me chauffe, lutte contre une contrariété, m’échappe d’une contrainte ou laisse tomber tout effort : « Va donc chercher la bougie et une allumette », me dit-il !
Bien sûr, je fais parfois la sourde oreille et garde mon attention fixée sur ce que je connais déjà ! Et pourtant je sais bien que je pourrais, devrais faire autrement, mais l’appel du confort est si souvent pressant…

Si savoir ne suffit pas, c’est que le système émotionnel est étanche à toute approche rationnelle. Pire, il se crispe devant toute tentative de modification du processus de survie. Comprenons-le ! : il est responsable du maintien de l’homéostasie face à tout événement qui résonne en sensation de perte de vitalité.
En clair, je suis, nous sommes prisonniers de nos mécanismes protecteurs de vie.

Alors, l’effort consiste à accepter cette prison de chair qui me fait être ce que je suis et qui s’étend même à qui je suis !
Accepter d’être cet être hybride selon les mots d’Antonio Damasio dans « Sentir et Savoir », composé de corps et d’esprit, d’espace et de temporalité, chez lequel nait parfois la conscience à condition que l’un et l’autre se portent mutuellement attention.
Vivre en conscience, c’est accepter ce filtre-là à partir duquel nous pensons, parlons, écoutons, aimons, agissons et créons.
A défaut, nous nous comportons comme des inconscients, c’est-à-dire de façon automatique dans un copié-collé de nos habitudes défensives, de nos ressentiments et nos représentations, justifiés par les comportements extérieurs à nous, tout entier aspiré dans la démesure, la dramatisation, une façon de sentir le goût de l’existence grâce aux excès.
L’Ubris, c’est ainsi que les Grecs nommaient déjà cette façon d’être.

Accepter cette organisation intrinsèque et culturelle rend que plus admirable encore nos efforts pour vivre ensemble, non sans mal il est vrai.
Que j’en sois consciente ou non, je vois le monde, les autres et moi-même grâce à ces lunettes. Finalement, la liberté est de le savoir et de remercier cette formidable construction de vie et non d’échapper à cette réalité.

Catherine Aimelet Perissol

Ne retiens pas tes larmes

Émission du 23 août 2021

La société rend-elle plus visible nos émotions ? Sur nos écrans, il n’est pas rare de voir les larmes d’un personnage public ou d’un candidat participant à une émission. Derrière notre télé, cette séquence parvient à nous toucher. Aujourd’hui, on interroge la place des émotions dans notre société !

Son discours est ponctué d’un long silence pendant lequel des larmes coulent sur ses joues, Barack Obama pleure en se remémorant la tuerie de Sandy Hook en janvier 2016. Cette séquence très médiatisée n’est-elle pas le reflet d’une société encline à être bouleversée par les émotions ? Comment la place laissée à la tristesse ou à la colère a-t-elle évolué au cours de ce dernier siècle ? 

Il existe des émissions devant lesquelles il est impossible de ne pas pleurer, quel est ce nouveau langage émotionnel ? L’exemple de la télé est particulièrement parlant pour comprendre cette tendance. Les émotions ne sont-elles pas davantage acceptées en public ? 

Mais pourquoi pleurons-nous devant notre écran ? Est-ce l’empathie qui joue sur notre corde sensible ? 

Les invité.e.s 

Alexia Laroche-Joubert, productrice télévisuelle. Elle produit l’émission Koh Lanta qui commence ce mardi 24 août pour une édition all stars spéciale 20 ans.

Francis Métivier, philosophe. Il a écrit notamment La joie des larmes(Editions Pygmalion, 2019). René le philosophe, Descartes et la liberté de la pensée, BD réalisée avec Mickael Roux, aux éditions Dunod, (septembre 2021).

Catherine Aimelet-Perissol, psychothérapeute et thérapeute en logique émotionnelle. Elle est l’autrice de Ma bible des émotions (Editions Leduc, 2019).

Que dit la logique émotionnelle de l’alignement ?

Par Caroline Wietzel

Voilà que sonne l’heure de la rentrée, à la fois différente et toujours la même, avec son cortège de bonnes résolutions tissées par l’envie de faire autrement. Maison, travail, famille, amis, santé… tous les pans de la vie, ou presque, sont revus à l’aune des expériences et décisions estivales.
Comme une urgence à répondre enfin aux promesses oubliées, aux valeurs malmenées, aux signes négligés.
Dans le yoga que j’enseigne, cet impératif à suivre ce qui nous parait essentiel est illustré par le terme d’« alignement ». Et nous accompagnons volontiers le propos d’un geste de la main qui, partant du front, glisse en ligne droite jusqu’au sternum. Aligner mental et cœur, corps et esprit, terre et ciel.
Que dit la logique émotionnelle de l’alignement ?

Regardons le mot. « Aligner » vient du mot « lin ». Le terme s’est étendu de l’objet en lin au trait tracé. Sans précision de droiture. Pourtant, la première image mentale qui me vient est celle de quelque chose de droit, verticalement ou horizontalement. D’ailleurs, notre langage parle volontiers d’alignement des planètes (les unes derrière les autres), des chakras (les uns au-dessus des autres), des phrases (les unes après les autres) ou d’une politique (l’une en miroir de l’autre).
Mais cette représentation spatiale est-elle applicable au mot tel qu’il est utilisé dans le yoga ou dans toute pratique spirituelle ?
Cette idée d’un « tracé » implique-t-elle immobilité, inertie voire, puisque c’est aligné, que cela ne bouge plus ?

La LE nous rappelle que la force du vivant, c’est d’aller chercher un équilibre qui soit favorable à la vie.
« La nécessité d’être en équilibre est inscrite au plus profond de nos cellules » nous en dit Catherine Aimelet Perissol.

En effet, et sans que nous en ayons conscience, notre corps perd l’équilibre, cherche et le retrouve constamment puis tend à le conserver coûte que coûte. Ne serait-ce que physiquement pour, en bon bipède, tenir debout ce qui est l’aspiration naturelle du corps. Si nous prenons l’exemple de la marche nous voyons bien qu’il y a un mouvement qui nous fait passer d’un état de déséquilibre (sur un pied) à celui d’équilibre (revenir sur deux pieds).
L’un ne va pas sans l’autre : l’équilibre est un mouvement, une alternance dans le temps et non un état de stabilité fixe, tout comme la nuit ne va pas sans le jour ou le vide ne va pas sans le plein.
La pratique yogique ne saurait échapper à ce processus.
Lorsque nous cherchons à nous aligner c’est à partir d’une expérience éprouvée de perte d’alignement, d’une sensation corporelle ou d’un sentiment psychocorporel de désalignement. Nous pouvons nous sentir tiraillés, divisés ou encore oppressés : ces ressentis sont des signaux que le mental fait résonner au travers des mots et des pensées.
Mais à côté de tout ce que nous nous racontons «  quelque chose se passe en moi et m’invite à retrouver l’alignement… ». Comme un fil que nous reprenons là où nous l’avons laissé avant que le flux (ou la somme ? ) de nos habitudes nous pilotent (en mode automatique). Ce fameux fil de « lin » dont est tiré le mot « alignement » et qui, lorsqu’il est tissé, dessine un entrelacs. Nous pouvons alors voir l’alignement telle une trame nous conviant à regarder ce qui se vit. Une boucle un peu lâche ou trop serrée perturbe l’équilibre, l’harmonie d’un canevas identifié comme essentiel et favorable à la vie.

Retrouver un alignement est un mouvement dont le but est de nous faire sentir l’équilibre de ce tissage, non pour le garder et y rester toujours mais pour connaitre le chemin qui nous y conduit.

Caroline Wietzel

Santé et Emotions, Hors Série du journal Le Monde

Vient de paraître : Le Guide Santé des Emotions

Quand Le Monde et La Vie s’associent pour parler de la Logique Emotionnelle, cela donne un hors série de la collection Sens et Santé intitulé : « Le Guide Santé des Emotions ». Vous y découvrirez près de 150 pages de présentation de la Logique Emotionnelle, extraites de « Ma Bible des Emotions », mises en valeur et illustrées de façon très pédagogiques. 
L’intention est clairement annoncée: comment la connaissance du processus favorise l’équilibre émotionnel et donc la santé. Une bonne lecture d’été accessible à tous et à transmettre à tous les curieux !
Belles vacances à toutes et tous
Catherine Aimelet-Périssol et l’équipe de l’ILE