Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

La logique émotionnelle (LE)… qu’est-ce que c’est ?

La Logique Émotionnelle® est une discipline de connaissance de soi par nos émotions.
Elle permet de mieux voir et écouter ce qui nous arrive sous le coup de ces vagues pressantes qui assaillent corps et esprit, jusque dans nos relations sociales et affectives. Elle s’appuie sur une grille de lecture du système émotionnel.
Quand nous cherchons un trajet sur un plan de métro, il est bien utile de se repérer sur le rond rouge qui entoure l’endroit où nous nous trouvons.

Avec la grille de lecture de nos émotions, c’est pareil : savoir où nous (en) sommes pour pouvoir aller où nous voulons. Faute de quoi, nous errons et recommençons les mêmes trajets, les mêmes scénarios qui nous amènent dans les mêmes murs !
La joie,  oriente notre attention vers ce qui nous est favorable, et trois autres émotions orientent, malgré nous, notre attention vers ce qui fait danger ou problème. Que ce soit sur un réel danger ou sur ce qui y ressemble, même vaguement. Ces émotions sont la peur, la colère et la tristesse.

Trop souvent, nous considérons l’émotion comme un problème à traiter, voire un ennemi de notre tranquillité et la société dans son ensemble nous invite plus ou moins cordialement à la « gérer », à la maîtriser. Évidemment, si nous étions  moins anxieux, moins énervés, moins abattus parfois, nous irions tellement mieux !
Sauf que, et nous en faisons régulièrement l’expérience, nous avons développé, par exemple, des habitudes d’éviter ou de contrôler tout ce qui pourrait réveiller l’émotion. Habitudes qui nous sont devenues une deuxième nature. Et de cet évitement, de ce contrôle s’ensuit une foule de ressentis et de sentiments… éprouvants ! Honte, culpabilité, jalousie, dépression, angoisse, rancœur, dégoût…
Autant de déclinaison de 3 émotions défensives de base, la peur, la colère et la tristesse.
Nous rêvons de nous débarrasser du malaise, de la douleur contenue dans l’émotion. Mais ce serait une erreur. Ce serait comme de vouloir gérer le rond rouge du plan de métro plutôt que de porter notre attention sur le chemin qui va nous amener là où nous le souhaitons !
Autre image : ce serait comme de vouloir gérer la douleur éprouvée sous l’effet d’une brûlure d’un doigt sous la flamme plutôt que d’ôter notre doigt de la flamme…
La grille de lecture balise le chemin pour que nous retrouvions les vrais besoins cachés dans l’émotion et ainsi notre vitalité, et en nous et dans nos relations.

Le croco pourquoi ?
Il faut savoir que l’émotion a ses raisons biologiques que nos raisonnements ignorent !
Notre système nerveux vise à agir pour préserver notre vitalité. De nombreux processus cérébraux régulent notre vie quotidienne sans que nous y prêtions attention. Quand il nous est nécessaire de réagir le plus rapidement possible à notre environnement, le système émotionnel met en action le corps beaucoup plus rapidement que la conscience.
C’est pour cette capacité de réaction rapide et automatique que nous utilisons aujourd’hui l’image du Crocodile : un goût de danger dans l’air comme  un grain de sable dans la gueule et il ferme les mâchoires : nous sommes dans l’incapacité d’y échapper…

Le système émotionnel est comparable au système immunitaire. Il comporte de multiples tonalités parmi lesquelles 4 ont une influence majeure sur nos comportements : la joie, la peur, la colère, la tristesse D’autres émotions peuvent nous saisir : la surprise, le dégout, la compassion, l’empathie, pour en nommer quelques-unes.
Depuis les années 90, avec le développement des techniques d’imagerie cérébrales, bien des chercheurs en neurosciences ont confirmés que nos automatismes cérébraux impulsent nos choix, nos décisions avant que n’apparaisse, 300 millisecondes plus tard, un début de prise de conscience.

Le Crocodile est une métaphore pour illustrer que nos actions sont motivées d’abord par notre survie.

La grille de lecture LE se fonde sur la neurobiologie : c’est en suivant le mouvement adaptatif du système nerveux dans un temps très court, suite à la perception d’un événement qui fait choc, que s’est précisée la logique contenue dans nos émotions.

A l’origine, l’émotion est un mécanisme de survie : lorsque le « crocodile » reçoit, via nos 5 sens et (proprio et intéroception, un sens de plus du corps lui-même ), une information reconnue comme un danger, un obstacle, une menace ou une perte, il déclenche automatiquement un plan « orsec »: une émotion. Le traitement sensoriel de l’information va déclencher une réaction, corporelle elle aussi, qui nous permet de nous adapter à ce danger, qu’il soit réel ou qu’il rappelle une expérience plus ancienne.

C’est notre corps qui en premier lieu s’adapte à cet événement perçu, qu’il soit matériel ou humain, car c’est lui qui, en premier, répond à la finalité de la vie.
« La finalité de l’être, c’est d’être » résumait Henri Laborit dans “Éloge de la fuite”.
 
Adaptation corporelle par la FUITE, la LUTTE ou le REPLI sur SOI (ou INHIBITION de l’ACTION). Des réactions automatiques destinées à la survie.
 
C’est d’abord la vie de notre corps dans l’environnement, tant matériel qu’humain qui est ainsi protégée avant qu’entre en jeu notre fonctionnement psychologique.
Cette adaptation initiale, est particulièrement essentielle dans les premiers temps de la vie.
Petit à petit, le système de survie se développe grâce à la mémorisation des situations importantes pour le corps. Nous acquérons des habitudes de vie, des comportements, des pensées et des croyances.
 
Pour satisfaire nos besoins au long cours, nous développons des habitudes défensives : c’est ainsi que nous devenons, avec le temps, des personnes stressées.
Nous voilà empreints d’envie de fuir tout souci et nous avons peur de ne pas y arriver ; empreints d’envie de contrôler nos émotions, les autres et nous-mêmes et pleins de colère quand nous échouons ; empreints d’envie de sens et de compréhension et si tristes de nous sentir impuissants.

Notre « crocodile » nous rappelle à l’ordre quand nous cherchons à échapper à notre condition d’être humain ! Avec un cerveau qui mémorise ses expériences de survie ainsi que les apprentissages plus culturels qui lui sont reliés, se forme un duo de choc : émotion immédiate et très rapide plus émotivité installée dans le temps, voilà un socle fiable pour maintenir la vie. A partir de ce duo, notre cerveau va alors mettre du langage oral, donner du sens, comprendre, se projeter dans un futur probable, créer, inventer …
Autant d’actions orientées vers la croissance de la vie. Avec une formidable capacité à (nous) raconter des histoires !

Nous voilà dotés, dans la structure même de notre système nerveux, d’une double aspiration pour exister : instinct de conservation mémorisée et automatique et désir de croissance conscient.
De quoi se faire des nœuds dans le cerveau…sauf si nous pensons et agissons dans la conscience de notre réalité biologique.