Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Auteur/autrice : Catherine Aimelet-Perissol

« C’est LE ou c’est pas LE ? » (*)

En tant que conceptrice de la Logique Émotionnelle, chaque fois que j’entends dire, autour de moi, les phrases comme « C’est LE » ou « C’est pas LE », mon processus émotionnel se met en action !!

Vous l’aurez compris, je me sens impactée !!

Évidemment, mue par mon désir d’existence, certaines fois je peux rester sans voix ; d’autres, prendre la parole pour rectifier le sens du propos (je me reconnais un goût certain pour avoir le dernier mot et je cherche alors à convaincre) ou encore m’éloigner mentalement et imaginer des moyens d’échapper à cette conversation ; Je me prends alors à rêver d’aller regarder pousser mes tomates… tomates que je n’ai toujours pas plantées ;0))

Heureusement, une fois passé le moment choc, la connaissance de la biologique m’invite à regarder au plus près ce qui se joue, non seulement dans ma réactivité, mais aussi dans ces phrases qui sont des évaluations binaires : «cest ou ce n’est pas LE », « tu es/ je suis LE » « Tu n’es pas/ je ne suis pas LE ».

Il s’agit en effet de s’approcher de ce qui s’exprime là, dans l’instant (tiens, un outil de la LE), et mieux voir ce qui se joue, dans les mots utilisés, formidables traducteurs de notre logique émotionnelle !

Alors, je peux distinguer que :

  • Dénoncer une parole négative comme « n’étant pas LE » est paradoxal  puisque c’est la forme négative qui est utilisée pour infirmer justement une forme négative! Et si vous faisiez l’exercice de mettre vos phrases à la forme affirmative (ni négatives ni positives), vous seriez étonnés de l’effet ressenti. Le plus souvent, comme un effet d’apaisement dû à la prise de contact avec le réel.
  • Affirmer à contrario que tel comportement « serait LE », comme si celle-ci définissait des normes et des règles à suivre, témoigne de la tentation totalisante et contrôlante que la LE, justement, permet de voir comme modèle défensif, voire offensif.
  • Pointer du doigt le raccourci de la logique psychique chez l’autre («c’est à cause de toi et de ton attitude que je suis mal ») témoigne autant de l’habitude comportementale de cet autre à éviter de se responsabiliser que de l’émotion sur l’instant de celui qui pointe de son doigt.

Aussi, nous sommes tous irrémédiablement LE, quel que soit ce que nous pensons et faisons ! Nous sommes tous mus et émus par notre biologie puisque nous répondons à l’élan vital du fait même d’être vivant et donc incarnés.

Tous « LE » sans le savoir, mais tellement plus présents en le sachant.

C’est en reconnaissant que nous sommes aussi « ça », mus et émus, que nous pouvons améliorer notre équilibre émotionnel, notre rapport à notre santé, notre aptitude à coopérer !!

Ni bien, ni mal. Nous dépendons de l’usage que nous faisons de notre matière vivante, de l’usage de notre boussole intérieure. La Bio-logique allie en effet notre besoin de survie dans un équilibre instable et notre désir d’avoir les moyens de garder celui-ci dans le temps.

C’est en cela que la LE est intégrative d’autres approches, sans avoir à en juger aucune.

« L’émoi, c’est tout dans la vie » disait Louis-Ferdinand Céline. La LE décrit imparfaitement les étapes et le sens vital de ce « tout » en mouvement. Si le plan -la cartographie- est imparfait, il est néanmoins bien pratique. A défaut de s’y référer, nous nous sentons perdus et tentés de chercher la cause de notre malheur du côté des autres ou de notre insuffisance. Biais d’attribution, disent les psychologues.

« La nature a horreur du non-sens » dit Lionel Naccache. Ceci posé, ayant redonné de la valeur biologique à cette confrontation de polarités identitaires, « les LE/ les pas LE », que puis-je ajouter ? (tiens, un autre outil LE !!)

Et si j’écrivais un clin d’oeil ?

Catherine Aimelet-Périssol

 (*) Logique Emotionnelle

Les émotions au cœur du vivant

Conférence de Catherine Aimelet-Perissol « Comprendre le rôle des émotions dans le parcours des patients » :

« Il n’y a pas de malade sans une histoire du malade ».

L’histoire du malade raconte comment la personne cherche, naturellement et automatiquement, à traverser les épreuves.

Éduquer une personne malade, c’est prendre appui sur ce qui est existe dans la personne avant même qu’elle ne soit malade ».

Pour que 2022 soit une année nouvelle !

Et si nous ajoutions à l’expression automatique de nos sentiments sous forme de vœux, voire socialement obligatoire, un petit plus en lien avec le désir d’existence ?

Par exemple… Pour 2022, je vous souhaite de cultiver la joie de la Curiosité !

La curiosité était considérée autrefois comme un vilain défaut par l’adulte auquel l’enfant posait une question… à laquelle il préférait éviter de répondre.

La curiosité est pourtant le souci qui, par un retour de la pensée sur elle-même, questionne, interroge, pour dégager le chemin de la connaissance en deçà des habitudes et des réponses toutes faites. Et ce faisant, elle permet de retraiter nos habitudes — cognitives — et nos commentaires — automatiques — à l’aune de notre responsabilité.

La curiosité est un drôle de ressenti qui fait suite au soin que nous portons à notre existence et celle des autres et du monde, un sentiment d’ouverture qui commence par « c’est quoi ? ».

La curiosité invite à faire du neuf avec l’ancien : il suffirait de regarder le connu — l’habitude — comme si nous le voyions pour la première fois, avec étonnement. « Ah, c’est cela que je fais ? »

La curiosité, c’est chercher à croitre avec économie, à recycler l’énergie de l’agitation ou de la colère dans un acte choisi. De l’écologie appliquée.

La curiosité, c’est se retourner vers ce qui est à l’origine, la mémoire corporelle, pour y entendre la vitalité à l’œuvre. Sans jugement ni justification.

La curiosité, c’est ajouter de l’écoute quand on cherche à s’expliquer dans les justifications et de la parole quand on cherche à se cacher dans le silence.

La curiosité, c’est veiller à laisser de côté les tentations automatiques de la pensée vers « L’autre qui… » ou vers le « Je sais bien ! »

La curiosité est la source de la responsabilité !

Allez, je vous souhaite de renouveler votre année et d’être curieux !

Catherine Aimelet Perissol

Comment renouer avec le désir ?

Brigitte Lahaie
Sud Radio

Par Brigitte Lahaie avec Catherine AIMELET- PERISSOL, Arnaud RIOU

Émission du vendredi 1 octobre 2021

Comment renouer avec le désir ? Ou plus exactement avec son désir ? Son désir de vivre, son désir d’avoir du plaisir, son désir de faire l’amour. Et si cela passait par l’émotion de la joie ?

Les invités :

  • Catherine AIMELET- PERISSOL Médecin homéopathe, psychothérapeute, auteure de : « Émotions, quand c’est plus fort que moi, peur, colère et tristesse : comment faire face » chez Leduc Éditions, et « Ma bible des émotions » – Éditions Leduc.
  • Arnaud RIOU auteur de « La Prophétie de l’Aigle et du Condor » – Éditions Guy Trédaniel.
Partie 1
Partie 2

Mais où ai-je posé mes lunettes ? Ah, elles sont sur mon nez !

Quand bien même la connaissance du fonctionnement de notre cerveau serait la chose du monde la mieux partagée, nous demeurerons soumis à ce fonctionnement dont nous commençons tout juste à connaitre les arcanes. Car connaitre ne signifie pas échapper ! Au contraire, connaitre nous pose au contraire comme responsables de nos actes, même les plus automatiques !

L’une de mes citations préférées est attribuée à Confucius : « Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l’obscurité ».
Avec mes patients, écoute, résonnance et bon sens du processus émotionnel font office de lampe pour éclairer ce qui se joue en eux, dans leur mémoire de survie, quand ils sont en prise avec leur situation jusque dans leurs habitudes défensives et leurs interprétations.
Mais pour la thérapeute que je suis ?
Heureusement, Confucius reste un fidèle compagnon de route et se rappelle à ma conscience quand je me chauffe, lutte contre une contrariété, m’échappe d’une contrainte ou laisse tomber tout effort : « Va donc chercher la bougie et une allumette », me dit-il !
Bien sûr, je fais parfois la sourde oreille et garde mon attention fixée sur ce que je connais déjà ! Et pourtant je sais bien que je pourrais, devrais faire autrement, mais l’appel du confort est si souvent pressant…

Si savoir ne suffit pas, c’est que le système émotionnel est étanche à toute approche rationnelle. Pire, il se crispe devant toute tentative de modification du processus de survie. Comprenons-le ! : il est responsable du maintien de l’homéostasie face à tout événement qui résonne en sensation de perte de vitalité.
En clair, je suis, nous sommes prisonniers de nos mécanismes protecteurs de vie.

Alors, l’effort consiste à accepter cette prison de chair qui me fait être ce que je suis et qui s’étend même à qui je suis !
Accepter d’être cet être hybride selon les mots d’Antonio Damasio dans « Sentir et Savoir », composé de corps et d’esprit, d’espace et de temporalité, chez lequel nait parfois la conscience à condition que l’un et l’autre se portent mutuellement attention.
Vivre en conscience, c’est accepter ce filtre-là à partir duquel nous pensons, parlons, écoutons, aimons, agissons et créons.
A défaut, nous nous comportons comme des inconscients, c’est-à-dire de façon automatique dans un copié-collé de nos habitudes défensives, de nos ressentiments et nos représentations, justifiés par les comportements extérieurs à nous, tout entier aspiré dans la démesure, la dramatisation, une façon de sentir le goût de l’existence grâce aux excès.
L’Ubris, c’est ainsi que les Grecs nommaient déjà cette façon d’être.

Accepter cette organisation intrinsèque et culturelle rend que plus admirable encore nos efforts pour vivre ensemble, non sans mal il est vrai.
Que j’en sois consciente ou non, je vois le monde, les autres et moi-même grâce à ces lunettes. Finalement, la liberté est de le savoir et de remercier cette formidable construction de vie et non d’échapper à cette réalité.

Catherine Aimelet Perissol

Ne retiens pas tes larmes

Émission du 23 août 2021

La société rend-elle plus visible nos émotions ? Sur nos écrans, il n’est pas rare de voir les larmes d’un personnage public ou d’un candidat participant à une émission. Derrière notre télé, cette séquence parvient à nous toucher. Aujourd’hui, on interroge la place des émotions dans notre société !

Son discours est ponctué d’un long silence pendant lequel des larmes coulent sur ses joues, Barack Obama pleure en se remémorant la tuerie de Sandy Hook en janvier 2016. Cette séquence très médiatisée n’est-elle pas le reflet d’une société encline à être bouleversée par les émotions ? Comment la place laissée à la tristesse ou à la colère a-t-elle évolué au cours de ce dernier siècle ? 

Il existe des émissions devant lesquelles il est impossible de ne pas pleurer, quel est ce nouveau langage émotionnel ? L’exemple de la télé est particulièrement parlant pour comprendre cette tendance. Les émotions ne sont-elles pas davantage acceptées en public ? 

Mais pourquoi pleurons-nous devant notre écran ? Est-ce l’empathie qui joue sur notre corde sensible ? 

Les invité.e.s 

Alexia Laroche-Joubert, productrice télévisuelle. Elle produit l’émission Koh Lanta qui commence ce mardi 24 août pour une édition all stars spéciale 20 ans.

Francis Métivier, philosophe. Il a écrit notamment La joie des larmes(Editions Pygmalion, 2019). René le philosophe, Descartes et la liberté de la pensée, BD réalisée avec Mickael Roux, aux éditions Dunod, (septembre 2021).

Catherine Aimelet-Perissol, psychothérapeute et thérapeute en logique émotionnelle. Elle est l’autrice de Ma bible des émotions (Editions Leduc, 2019).

L’indépendance est-elle un mythe ?

Qui ne rêve de devenir plus indépendant du regard des autres, des reproches de son conjoint, des attentes de son manager, du contexte social ou de l’influence de la mode ? Qui ne rêve de devenir enfin « lui-même », totalement à l’origine de ses choix et de ses actions ? Qui ne rêve de se libérer d’être trop dépendant affectif ?

Mais ce rêve que nous partageons tous aboutit à bien des frustrations. Pire, plus nous cherchons à contrôler notre vie, plus elle échappe, plus le stress augmente… et plus nous nous en voulons de rester dépendants, malgré notre volonté et nos efforts pour résister à cette tendance.

Alors plutôt que nous maudire, nous culpabiliser ou en vouloir aux autres et aux circonstances, nous pouvons nous tourner vers le fonctionnement à l’origine de la dépendance elle-même.

De la dépendance, de l’attachement à nos habitudes comme de nos addictions elles-mêmes ! Avant de voir là des effets de la psychologie, c’est à la biologie que nous devons le phénomène de dépendance !

La logique émotionnelle décrit comment se manifeste la nécessité biologique de la dépendance. Elle modélise ainsi le lien corps esprit, le passage d’une logique corporelle de survie à une logique socio-culturelle de vie dans le temps. Le phénomène de dépendance prend ainsi racine, non simplement parce que nous sommes des êtres sociaux, mais du fait de la nécessité de la vie : celle du corps et en miroir, celle de la culture répondent au principe de conservation et d’évolution, principe qui débute dans la recherche homéostasique de tout corps vivant. C’est là que nous pouvons trouver les clés, non pour nous libérer -voire nous débarrasser- de nos dépendances, affective ou matérielle, mais pour agir en connaissances de ces causes existentielles qui régissent nos existences.

Nous avons bien du mal à admettre être à ce point redevable de notre nature physique, si convaincus que seule notre nature psychique et raisonnante guide nos comportements et nos ressentis. Quitte à ne s’intéresser aux découvertes des neurosciences que du seul point de vue intellectuel, comme si le sapiens était d’une nature différente des autres êtres vivants. Une erreur que nous payons de plus en plus cher.

Alors oui, nous sommes des êtres d’habitudes, de dépendance et d’addictions. Quel qu’en soit le prix, elles nous définissent et nous enferment. Et si la liberté commençait dans cette connaissance comme une invitation à regarder avec admiration et humour cette merveilleuse citadelle intérieure en résonance avec un contexte en perpétuelle évolution?


Catherine Aimelet Périssol

Retrouver confiance avec la logique émotionnelle

14 avril 2016

La confiance est un état dynamique indépendant de la réussite et des pensées positives !
La logique émotionnelle permet de découvrir la confiance qui existe en chacun pour peu que nous la débarrassions de ce qui encombre notre rapport à elle.
La confiance est en effet présentée aujourd’hui comme une disposition de l’esprit qu’il faudrait avoir et développer en regardant toutes nos réussites. Ce qui suppose le problème réglé.

Or, la confiance est le fruit d’une dynamique, d’un dialogue ou d’une danse : entre le connu de nos actions telles qu’elles ont été et l’inconnu à risquer.

Entre sûreté du connu et liberté de l’inconnu. Une toute autre représentation, beaucoup plus proche de notre réalité corporelle et donc mentale !

Partie 1
Partie 2

La logique émotionnelle et le burn-out des médecins

 22 avril 2016

Le burn-out est un état psycho émotionnel d’épuisement et de perte de vitalité. Considéré comme le mal professionnel de ce début du XXIème siècle, il semble secondaire à un effort soutenu déployé par les personnes pour atteindre un objectif idéalisé et irréalisable dans le contexte du travail. La personne en burn-out n’a pu tenir compte des signaux d’alerte émotionnelle, considérés comme un problème à gérer et non comme des signaux vitaux.
Prévenir le burn-out , c’est déjà prendre en compte que l’émotion n’est pas un problème à gérer ou à traiter mais un début de solution du corps et de l’esprit pour s’adapter aux situations.
Étudiant en médecine, médecin en exercice (ou à la retraite), concernés par le burn-out, personnellement ou dans votre entourage professionnel (collègues en arrêt de travail, addictions, suicides…)

Lieu : Salle du Triangle, Hôpital de Salanches (74700)La conférence du vendredi 22 avril sera suivie d’un atelier journée le samedi 23 avril à Sallanches.
Lieu : Salle Formation, Hôpital de Salanches (74700)

La logique émotionnelle au secours de la psychologie

20 octobre 2016

Le discours psychologique repris dans tout un ensemble d’ouvrages sensés aider les lecteurs à avoir plus confiance, à mieux s’estimer et à acquérir plus de sérénité n’a pas tenu ses promesses. Le recours aux médicaments ne cesse d’augmenter avec une attente: savoir enfin gérer ses émotions. La psychologie aurait-elle surfé sur nos attentes idéalisées d’un bien-être et d’une communication définitivement efficace qui feraient de nos vies un long fleuve tranquille ?
Mais cette attente est vaine, frustrante et même source d’angoisse et de conflits sans fin … 

La psychologie, en mettant le focus sur nos désirs et nos pensées laisse de côté la dimension biologique, le langage du corps. Celui-ci ne se manifesterait qu’à partir de pensées plus ou moins positives! Or, notre réalité est plus large, plus complexe et tellement plus vivante.


Éclairer nos habitudes de pensées et nos comportements de l’élan vital qui habite notre corps, voilà le pari de la logique émotionnelle. Un pari qui donne à voir l’ampleur de nos ressources de vie plutôt que la fatalité de causes affectives explicatives mais si enfermante.