Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Auteur/autrice : Catherine Aimelet-Perissol

Confinés mais à l’abri, dé-confinés mais en risque !

Conférence thématique animée par le Dr Catherine Aimelet Périssol le 29 avril 2020 à 13h00

Facebook, page de la Logique Émotionnelle

L’indécision émotionnelle ou la recherche de d’équilibre

Qui, en cette période d’incertitude, ne se sent pas soumis à de fréquentes tempêtes sous un crâne.
Comme celle décrite par Victor Hugo dans les Misérables :


Jean Valjean passa une nuit blanche,
tiraillé entre le vol de bougeoirs en argent, garantie de survie,
et la reconnaissance vis à vis de celui qui l’avait recueilli et nourri?
Il les vola et fut à nouveau sauvé par leur propriétaire qui assura aux gendarmes qu’il les lui avait donné!

Ces tempêtes émotionnelles sont bien sûr accentuées par l’expérience que nous vivons:
Confinés, pour la plupart, avec envies pressantes d’en sortir le 11 mai ?
toujours au travail et envie d’être rassurés ? 
alourdis par la charge mentale et envie d’être, enfin, débarrassés?
désœuvrés et envie de s’éclater ? 

La Logique Émotionnelle éclaire ces expériences par la connaissance du fonctionnement du cerveau.
nous nous sentons tiraillés en raison d’un conflit de polarités:
une partie aspire à conserver ce qui est connu et rassurant,
une autre aspire à dépasser cette limite.
Conservation contre croissance. En nous, ça fait controverse.
Comment la LE peut nous aider à prendre position et recouvrer l’équilibre?

Questions / réponses sur l’actualité

Conférence thématique animée par le Dr Catherine Aimelet Périssol le 22 avril 2020 à 13h00

Facebook, page de la Logique Émotionnelle

Contrairement à notre habitude de chercher des réponses à l’extérieur ou dans nos évidences
selon lesquelles ce serait la situation actuelle qui serait stressante,
nous allons chercher nos réponses plutôt à l’intérieur, dans la logique du processus émotionnel de notre système nerveux.
Cette rencontre sur FB nous permettra de préciser certains points et de répondre à vos questions concernant l’observation que nous pouvons faire en temps de confinement et d’évitement de liens.

  • Qu’est-ce qui fait que nous n’y avons pas vraiment cru à cette pandémie au début?
  • Qu’est-ce qui fait que nous sommes autant soumis à faire toujours la même chose?
  • Qu’est-ce qui fait que l’incertitude nous effraye?
  • Qu’est-ce qui fait que nous vivons mal cet enfermement relatif?
  • Qu’est ce qui fait que nous sommes si prompts à juger?
  • Qu’est-ce qui fait que nous nous sentons mieux en agissant?
  • Qu’est-ce qui fait que nous cherchons autant à obtenir des informations sur la suite?
  • Qu’est-ce qui fait que la proximité avec nos proches peut nous être à ce point insupportable?

Nous observerons que c’est à l’intérieur que réside l’intelligence, c’est à dire notre capacité à lire ces événements et les assembler pour leur donner du sens, selon la définition même du mot « intelligence ».

La vie (à l’) intérieur(e) : nature contre culture ?

Et si nous osions observer la vie intérieure puisque nous y sommes, à l’intérieur ? Au risque d’être déçu de n’être « que ça » ?


Aie ! Le confinement et la présence d’un virus, invisible et contagieux, nous pressent de réaliser que la vie du corps -notre part animale- a la priorité sur nos habitudes culturelles. Un mauvais coup pour notre sacro-sainte intelligence ? Pas si sûr. Et si cette reconnaissance nous permettait, enfin, de devenir un peu plus humain, plus sain de corps et d’esprit ?

Souvenez-vous, c’était il y a quelques semaines ou quelques heures…

  • Le coronavirus, c’est comme la grippe. Ce n’est pas la peine d’en faire toute une histoire. Ou comment l’émotion nous fait rechercher le connu pour comprendre et surtout maitriser l’inconnu.
  • Moins de morts que par accidents de trottinette…Ou comment l’émotion nous presse de nous rassurer.
  • Compter le nombre de morts au nom de la transparence. Ou comment nous utilisons la dramatisation émotionnelle pour sortir du déni et entrer dans la réalité. 
  • Experts, chercheurs, que disent-ils ? Ou comment l’émotion nous pousse à faire confiance à ceux qui se disent ou sont étiquetés sachants. Sachants qui eux-mêmes se réfèrent à ce qu’ils savent déjà. 
  • Pas de ça chez nous ! Ou comment l’émotion nous faisait rejeter le drame qui se passait de l’autre côté des Alpes.
  • Tout le monde ne peut pas se tromper ! Ou comment l’émotion nous presse de nous imiter les uns les autres dans un souci d’appartenance.

Autant de conséquences cognitives, autrement nommées biais cognitifs, liées au fonctionnement de notre système nerveux. Le cerveau existe pour éveiller notre désir d’existence, voire de survie. Pas pour refléter la réalité environnementale !


Nous ne le dirons jamais assez ! Nous sommes définitivement des êtres émotifs, des personnes que leur système émotionnel mobilise, fait agir, fait décider et même qui colore leurs choix.


Nous sommes saturés d’informations, via des mails ou des vidéos: les unes nous divertissent et prêtent au sourire ; d’autres nous alertent ; d’autres encore nous invitent à la sérénité et à regarder les fleurs éclore. Toutes sont des initiatives qui aident leurs auteurs à tenir bon dans la crise, en espérant qu’elles aideront peut-être d’autres à faire face. Toutes disent quelque chose d’émotionnel dans notre rapport à nos quatre besoins fondamentaux : la sécurité, le lien, le sens et le bonheur. Besoins auxquels nul n’échappe.


C’est dans la biologie que nous trouvons la logique de l’émotion, justement dans la part naturelle de notre humanité, celle qui tend à la satisfaction automatique de l’équilibre ou homéostasie. Face à un événement décalé par rapport à ce que nous connaissons et cherchons à retrouver, nous nous sentons déstabilisés, nous perdons notre équilibre intérieur. S’en suivent des réactions, voire surréactions dans l’urgence. Et plus nous sommes déstabilisés, plus nous cherchons à compenser. Tel est la nature du mécanisme émotionnel inscrit dans le corps esprit !


L’émotion est intelligence de vie. Avant de chercher à devenir encore plus intelligent émotionnellement, nous pouvons tous commencer par reconnaitre cette intelligence là où elle se manifeste : dans la peur, dans la colère, dans la tristesse, dans l’excitation. Car ces ressentis, par la peine et la pression qu’ils contiennent nous invitent à un geste inhabituel : prendre soin en conscience. Ce geste est justement réveillé par la contagion actuelle.


A condition de ne pas céder aveuglément aux habitudes mentales qui consistent à vérifier que nous pouvons continuer à avoir ce qui vient de nous être ôté, c’est-à-dire certaines formes bien connues de sécurité, de lien, de sens et de bonheur. Car ces automatismes ne font finalement que nous parler de ce qui a été et que nous voulons conserver.


Comment faire s’aider à prendre soin de soi ? 

  • Regarder les faits plutôt que réfléchir par analogie avec le connu.
  • Se laisser surprendre plutôt que vouloir contrôler
  • Suspendre ses habitudes comme toujours chercher à (se) rassurer à court terme
  • S’observer monter comme des blancs en neige nos craintes et nos projections mentales, sans se juger.
  • Accepter l’incertitude, c’est-à-dire décider de faire ce qu’il est possible de faire aujourd’hui puisque personne ne sait rien de la suite. Et le faire. De toute façon, le néocortex cérébral fabrique des possibles et crée des histoires ; c’est son job. Ça ne veut pas dire qu’il a raison ; ça veut dire qu’il nous invite à être créatif en conscience du processus émotionnel.

Donc, comment disait Tintin sur un dessin reçu récemment : Bon, si j’ai bien compris, tant qu’on ne l’a pas attrapé, on n’est pas immunisé et tant qu’on n’est pas immunisé, on est confiné pour ne pas l’attraper…
Laisser vous entrer en résonnance avec les faits, c’est plus raisonnable !


Catherine Perissol

Exister, faire de sa vie une réalité

Conférence thématique animée par Catherine Aimelet Périssol le 19 mars 2020

Facebook, page de la Logique Émotionnelle

Après avoir abordé les thèmes de la confiance et de l’estime de soi, lors de ce nouveau Live, nous aborderons le thème du sens de sa vie.

Le désir d’existence est la résultante de la confiance et de l’estime : se fier à ses expériences corporelles et au mouvement vital de l’émotion, se reconnaitre dans nos échanges avec les autres, voir ce que nous donnons et recevons sont des points d’appui essentiels pour réaliser sa vie.

Mais que signifie « réaliser » sa vie ?

Nous vivons ce paradoxe. Puisque nous agissons, parlons, éprouvons, aimons, décidons…c’est bien que notre vie est réelle ! Pour autant, nous avons souvent cette certitude de ne pas vivre notre vie, d’être à côté de notre vie. Le plus souvent nous attribuons ce sentiment à la société ou aux autres qui empêcheraient que nous soyons nous-même.
Mais cette approche est insuffisante et frustrante.

La LE peut nous aider à voir plus clairement ce qu’est réaliser sa vie ou plutôt, faire de sa vie une réalité.

Un petit pas du côté du désir…

La mode est au changement ! Et la nouvelle année plaide une fois de plus pour que les bonnes intentions deviennent enfin des réalités (pas comme les années précédentes !)


Changer de comportement, changer pour être plus positif, moins stressé, plus bienveillant avec soi et les autres, pour s’occuper mieux de ses enfants, pour améliorer ses relations avec son conjoint, changer de travail, dire enfin tout haut ce que l’on pense tout bas, et même changer pour sauver la planète…Et si cette pression à changer était contre-productive ?


Penchons-nous d’abord sur ce que représente le changement pour un organisme vivant comme le nôtre : des milliards de connexions dans l’ensemble du système nerveux ont établi des habitudes de comportements, de sentiments et de pensées ; elles permettent de conserver notre équilibre corporel, relationnel et culturel.


Changer, c’est bouleverser tout un système fondé sur la survie de l’être, système dont nous n’avons aucune conscience !


Chacun veut changer mais en même temps, dans l’intimité de ses cellules, souhaite conserver ce qu’il obtient en agissant comme il agit. Alors, c’est foutu ? Sommes nous condamner à reproduire le déjà connu ?


Nous sommes convaincus que la prise de conscience du prix fort de certaines habitudes devrait nous en libérer. Les maladies psychosomatiques, les conflits, l’épuisement émotionnel, les troubles de l’humeur, la souffrance psychique devraient nous pousser à prendre soin de soi, des autres et de notre planète Terre.


Mais nous sommes là dans l’erreur de croire que notre système nerveux serait une simple mécanique. Nous sommes en réalité un organisme vivant qui tend automatiquement à conserver ce qui assure sa survie, à répondre dans l’immédiateté à un désir d’existence et cela, coûte que coûte. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’injonction à changer nous stresse encore plus: plus nous voulons supprimer une habitude reliée à la survie, plus elle s’impose.


Nous en vouloir, nous traiter d’incapable ou en vouloir aux autres ne fait qu’ajouter un peu plus de souffrance. L’inverse de ce à quoi nous aspirons !


La logique émotionnelle nous invite à une toute autre attitude : elle nous propose de nous fonder sur le désir vivant lui-même. L’envie au cœur de la survie. De nous laisser inspirer à partir de notre désir naturel d’existence, individuellement et collectivement. Nous référer au désir plutôt que nous référer à la peur, à la colère ou la tristesse qui ne sont que la conséquence de nos habitudes. Poser notre attention, non plus sur ce que nous voulons changer de soi mais sur notre besoin de confiance (sécurité), de place (identité) et de sens (réalité d’être). Cette attention est la source de ce que l’on nomme l’intuition.


L’émotion est, par nature, un mouvement intelligent, comme une boussole. Son langage est vivant, donc en recherche d’équilibre entre conservation des acquis et croissance ou évolution. Un équilibre délicat à soutenir parfois, ce qui déclenche en soi et avec les autres un conflit d’intérêt : la pensée veut changer, le corps veut garder. Et c’est toujours le corps qui l’emporte, histoire de rester vivant !


D’où l’importance du petit pas du côté du désir ! Un petit pas qui donne le change au système nerveux. Un petit pas qui, l’air de rien, donne un petit mouvement qui passera presque inaperçu et sera donc accepté par le système. Il s’agit d’ajouter une variante qui va aller dans le sens de l’existence, celui de son désir de sécurité, d’identité de sens et de plaisir, ajouter un tout petit mouvement. Un tout petit truc pour soi, rien que pour soi. Il ne s’agit pas simplement de se faire plaisir, mais de faire un peu de neuf. Comme le disait- presque- Neil Armstrong en marchant sur la lune, un petit pas pour soi, un grand pas pour son humanité.  
En pratique ?

  • Temps 1, incontournable: Qu’est-ce qui est satisfait en moi à faire ce que je fais comme je le fais ? Quel désir, quel besoin ?
  • Temps 2 : Identifiez comment je m’y prends déjà.
  • Temps 3 : Quel tout petit, mais vraiment tout petit pas puis-je faire d’autre pour satisfaire le même besoin ?
  • Temps 4 : Interdiction d’en faire plus durant une semaine entière !

Faites le bilan au huitième jour ou à la fin du mois si vous avez allongé l’expérience et noter ce qui …a changé. Et alors, souriez. Vous êtes en cours de changement.


JE SOUHAITE, A TOUTES ET TOUS, UNE ANNÉE 2020 LUMINEUSE!


Catherine Aimelet Perissol

Bible des émotions

Ma bible des émotions

De Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet
(Leducs, 2019)

Nous ne pouvons vivre sans émotions.
Pas simplement parce qu’elles colorent la vie de joie, de peur, de colère ou de tristesse, mais parce qu’elles sont vitales.
Elles sont nos guides, nos alliées, et veillent sur la satisfaction de nos besoins.
Autant dire la préservation de notre existence ! Alors, ne tombons plus dans le piège qui consiste à les refouler, les nier ou les contrôler.

Comment accueillir nos émotions ?

Comment les reconnaître, les comprendre et faire bon usage de leur messages et ainsi éviter qu’elles nous submerge ?

La pression pour être zen, n’est-ce pas un comble ?

Des hauts et des bas

Au fil des entretiens d’écoute, mais aussi en lisant la presse ou en partageant tout simplement un diner entre amis, je m’interroge, voire je m’inquiète.

Ne savons-nous plus tolérer les bas, les creux de vie, les manques, les failles, les échecs ?

Ne sommes-nous plus que des individus seuls et contraints de réussir leur vie, de n’avoir que des hauts, d’avoir une croissance sans fin ?

Faut-il douter de soi et aller voir un psy dès qu’apparaissent un souci, une épreuve chez soi, chez son conjoint ou ses enfants ? 


Dans un échange avec un journaliste à propos du burn out dans le milieu des jeunes artistes, nous en venions à évoquer le phénomène de harcèlement. Pour mettre en évidence que, si le harcèlement social et comportemental existe bel et bien dans tous les groupes : familles, écoles, entreprises, associations- c’est aujourd’hui, en plus, à un auto- harcèlement que nous assistons.


Une sur-exigence de moi vis-à-vis de moi qui devrait être plus, mieux dans sa peau, dans son job, dans son métier de parent, dans sa vie en collectivité… Jusqu’à l’effondrement.


Notre système émotionnel, dans son intelligence à veiller sur l’équilibre homéostasique, n’a alors plus que cette solution pour nous avertir de la dangerosité de faire dépendre notre existence d’une image idéalisée de soi, une image revisitée par ce que nous pensons que nous devons faire, être et donner pour avoir une place dans notre société.

Cet auto-harcèlement est sournois : nous avons bien compris qu’il ne faut pas attendre des autres de la reconnaissance, tous les journaux nous le rabâchent…
Mais nous n’avions pas prévu que c’est nous-mêmes qui nous infligerions cette pression, jusqu’à nous demander de gérer nos émotions et de ne se mettre aucune pression !

La pression pour être zen, n’est-ce pas un comble ?


Pression qui va devoir bien sûr trouver un exutoire, les autres : celui qui nous empêche ou nous blesse, les migrants, les politiciens, les voisins, les psys, ceux qui nous mentent, qui ne comprennent rien !
On rêve d’une vie tranquille, calme, en sécurité, sans vague.

Une vie sans tout ça, c’est-à-dire sans trouble, sans bas.

Mais est-ce une vie ?

N’est-ce pas plutôt une image de vie, idéalement débarrassée d’émotions, de vibrations, de doutes, d’épreuves ?
La connaissance du langage émotionnel nous donne à voir combien cette pression à vouloir être soulagé de ces hauts et de ces bas qui constituent la vie même augmente de façon exponentielle le niveau de stress, de ressentis douloureux, de ressentiments jusqu’aux pathologies dites psychosomatiques.

C’est dans notre système nerveux lui-même que ce langage -cette logique- est inscrit.

 
Nous existons imprégnés de nos systèmes de survie, ceux qui, naturellement, se sont écrits dans notre corps lors de nos toutes premières années.

Ceci est normal.

Ce qui épuise notre esprit puis nos corps, c’est de méconnaitre ce système à l’œuvre. De le renier, le juger, ou à défaut le subir. C’est de rester sourd à ce langage vital et de se croire le pouvoir de le contrôler.
Notre corps esprit est comme notre planète bleue : il demande à être soulagé d’un abus de croissance forcenée qui consiste à piller ses ressources pour se sentir plus vivant que vivant.

Merci Coluche ! Vous vous souvenez de la lessive qui lave plus blanc que blanc ? Cela nous faisait rire parce que nous faisons pareil !


La terre peut devenir écologique quand nous deviendrons nous-même des êtres écologiques plus qu’économiques. A nous de voir.


Je vous souhaite de belles fêtes chaleureuses, riches en hauts et bas, vibrantes et coopératives !

Catherine Aimelet Perissol

A quoi servent les émotions ?

Un matin de ce mois de novembre, Lucie, la petite fille de 4 ans d’une amie, m’interpelle :

- « Depuis que grand père est parti au ciel, maman est triste. Elle me dit que c’est normal parce que papy lui manque. C’est comme quand j’ai perdu mon doudou, il me manque et je suis triste aussi. Mais cela ne fait pas revenir Papy ni doudou. Alors à quoi ça sert d’être triste ? »

- « C’est comme de la couleur sur un dessin, ça sert à mieux voir ce que tu as dessiné et là, ça sert à mieux voir ce qui se passe à l’intérieur de toi quand tu veux que doudou soit là, avec toi alors qu’il est ailleurs mais que tu ne sais pas où. La tristesse, comme la peur ou la colère ou encore la joie, c’est de la couleur. Ce n’est pas fait pour faire revenir doudou, mais ça dit quelque chose d’important de toi qui aime doudou. Parce qu’avec doudou tu te sentais joyeuse ?

- « Oui, comme avec Papy »

Les émotions colorent nos vies mais notre culture tend à les proposer en monochrome : tous heureux, tous positifs, tous capables de rebondir en cas de peine, tous capables de rester zen et sans colère et sans peur ! Toutes sortes de discours nous donnent à penser notre vie comme ratée si nous ne sommes pas en pouvoir de gérer notre existence comme notre compte en banque.


Quel arbitraire ! Quelle violence faite à notre nature !


Les émotions sont l’expression même de la vie, toutes les émotions. Elles sont nous.


Nous sommes un corps et un esprit, unifié par notre nature écologique. En partie animal, en partie humain. Quand l’une nous presse à agir pour sauver notre peau dans l’urgence d’une situation, l’autre tend à relativiser l’expérience, à la mettre en relation avec d’autres points de vue.


Nous sommes naturellement informés par ces deux modes d’être vivants, dans la réalité de la situation comme dans sa mise en relation avec nos expériences passées et nos projections sur le futur.


Ce n’est pas là un problème, mais cela peut le devenir quand nous posons notre attention, que ce soit en conscience ou hors conscience sur l’une OU l’autre de ces parties. Quand, via sa mémoire, le corps impose sa loi de survie dans des situations qui, selon l’esprit, n’ont rien de vital ; ou bien quand l’esprit, via sa réflexion et les filtres mentaux de perception, prétend tout contrôler, tout gérer, même les émotions. Jusqu’à prétendre que la réalité ne serait que psychique.


Notre unité est alors déséquilibrée, notre boussole s’affole et impose un équilibre via nos systèmes défensifs les plus archaïques pour que l’homéostasie soit rétablie.


Nous évitons de regarder la réalité, nous luttons contre elle, nous la subissons et nous replions sur nous-même. Nous survivons, quitte à nous épuiser. Et puis nous idéalisons le bonheur et la joie comme une panacée qui nous soulagerait de nos tensions, de nos peurs et nos peines. Sans voir que cette idéalisation est encore un rêve pour contrôler nos mouvements de vie.


Mais comment poser une attention qui accorde ces parties de nous indissociables ? Comment la connaissance du processus émotionnel peut-elle favoriser cette alliance pour qu’enfin nous devenions humains de corps-esprit ? Ralentir, observer le mouvement de vie à partir de l’élan vital qui anime chacune de nos cellules, nommer l’expérience corporelle et la mettre en rapport avec nos habitudes mentales et comportementales et bien d’autres expériences pédagogiques permettent d’acquérir cette connaissance.


Ce travail est la porte de la liberté !


Non pas la liberté idéalisée et conceptuelle qui consisterait à être débarrassé de tout cadre, toute entrave et de toute peine.


Mais la liberté vivante qui consiste à chercher comment agir dans le respect de son désir d’existence, dans la situation complexe dans laquelle nous existons et en lien avec les autres qu’inspire le même désir.


Venez nous rejoindre et apprendre ce langage de vie. 

Catherine Aimelet Périssol

Un trajet en train, la LE en voyage …

Savoir, est-ce que ça suffit ?

Un trajet d’une heure en train. Je sors mon ordinateur et poursuis l’écriture d’une présentation de la logique émotionnelle auprès de soignants. Le monsieur à ma droite semble plongé dans sa musique, casque aux oreilles. Le temps passe. Il « débranche » et m’adresse la parole.

« Excusez-moi, je sais que ça ne se fait pas, mais je lis ce que vous écrivez et je trouve ça très intéressant. Vous devez être psy et vous parlez des émotions ? »

Je lui confirme en souriant. Il poursuit et se lance dans les confidences.

Moi, je suis une boule d’émotions, j’ai honte de moi, mais je n’y peux rien. Mon amie, ça la fatigue. Je reprends le travail demain et rien que d’y penser, j’ai mal au ventre. C’est pas normal.

La conversation est engagée. Je sens bien passer la tentation de faire de la thérapie “sauvage” pour aider ce jeune homme. Il a moins de trente ans, mais son visage est triste quand il parle de lui. Il décrit avec des mots de tous les jours ses maux de tous les jours ! Une expérience quotidienne qu’il nomme stress, comme tout le monde, qui est devenu maladie fonctionnelle selon son médecin. Il lui a proposé un traitement pour lutter contre l’anxiété.

Avant que je ne fasse un ulcère d’estomac selon lui. Mais j’ai pas envie d’en prendre, des amis me disent que ça chamboule la tête. Mais bon, peut-être que je vais être bien obligé ! Mon boss me fait peur. Il peut me virer de la boite quand il veut si je ne rentre pas dans ses attentes. On n’existe pas pour lui. Je travaille dans la maintenance en digital. Alors je ronge mon frein. Je devrais pas, mais certains jours, j’ai envie de claquer la porte après lui avoir mis mon poing sur… enfin, vous voyez ce que je veux dire.

J’imagine bien en effet la fuite empêchée et la colère rentrée du repli sur soi, véritable bombe à retardement dans un organisme sain, animé d’un besoin naturel d’existence, de sécurité, d’identité et de sens.

Mais ça, c’est pas possible. J’ai besoin de ce job. C’est dur. J’ai pas les codes. C’est pour ça que j’ai mal au ventre et que j’ai trop d’émotions. Tout le monde me dit que je devrais être moins stressé, plus cool et même faire de la méditation ! Foutaises ! C’est sur ça que vous écrivez ? 

J’aimerais lui dire que, pour prendre sa place dans cette situation, si banale malheureusement, le chemin consisterait déjà à faire face à la logique de ses émotions, à leur bon sens. Qu’il peut apprendre à faire face à son propre système de défense pour pouvoir faire face, un jour, à son patron. Que le problème n’est pas sa peur du boss, mais l’ignorance de son propre désir d’avoir une place, dans la dignité. Que son esprit lui joue des tours quand il s’évade vers les souvenirs du passé ou vers des croyances et des évidences avant de se projeter dans un futur irréaliste. Que les mots servent d’abord à reconnaitre ce qui est là, au présent dans l’expérience d’un corps vivant, naturellement légitime.

Une toute petite heure, c’est bien peu pour lui donner tout ça à entendre, d’autant qu’il n’en demande pas tant. Écouter, ça ne suffit pas, mais c’est déjà ça. J’ai fermé l’ordinateur et continué à résonner sur ses mots, joué de quelques notes d’humour sur ledit boss, sur ces médecins qui ne trouvent pas mieux pour vous aider que donner antistress en pilules. Pour mieux fermer votre bouche comme une tétine selon mon voisin. Il prend soin de ne pas choquer les oreilles de la dame un peu âgée que je suis. Nous nous quittons sur le quai.

Merci de votre écoute me dit-il.

Je lui ai donné le nom d’un livre sur la LE.

Puissent ses mots lui transmettre un savoir nécessaire sur le bon sens des émotions !

Catherine Aimelet-Périssol

Le clin d’œil de l’été

Alors, prêts pour apprécier les délices de l’été, pour des vacances bénéfiques, pour profiter de temps à 2, en famille ou seul enfin ? Vous en rêvez ? Mais la coupure estivale, calée entre les 11 mois de charge mentale entre travail et soucis quotidiens, et celle des 11 mois du retour suffit-elle à répondre à notre attente de bien-être et de ressourcement ?


En termes de biologie, suffit-elle à activer le circuit de la récompense, promesse de joie, de partage, d’accord et de bonheur ? Regardons ça de plus près.


Cette pause annuelle est née de la nécessité de rassembler hommes, femmes et enfants autour des moissons, garantie de sécurité alimentaire pour la collectivité : tous les bras sont recrutés, chacun laisse ses travaux pour participer, écoliers comme artisans. Le circuit récompense s’activait en agissant pour remplir une tâche et les greniers. C’est l’époque où l’activité des hommes était encore calée sur le rythme de la nature : une alternance de période de croissance, yang — printemps et été — et donc d’activités et de période de préservation, yin — automne et hiver et donc de repos.


Et aujourd’hui ? L’homme industriel du milieu du XIX  ème siècle a inversé cette loi naturelle pour s’activer toute l’année et faire une pause l’été. Alors comment activons-nous le circuit de la récompense ? Cesser d’agir, ne « rien » faire enfin n’est-il pas contraire au bon sens du système nerveux ? Si la société s’est organisée pour déléguer aux agriculteurs et éleveurs cette fonction essentielle de notre vie et survie, nous n’en sommes pas moins responsables de la façon dont nous répondons à ce temps. Qui est offert aux salariés et aux enfants et que s’offrent les autres, tant le besoin se fait sentir de vivre autre chose. Mais quoi plus précisément ?


Qu’est-ce que la logique émotionnelle peut nous révéler à ce sujet ?


Si nous nous inspirons de la grille de lecture du processus émotionnel, toute action tend à satisfaire naturellement, par automatisme et par apprentissage, le besoin d’existence non conscient et étendu en désir conscient. D’où les semailles, moissons, vendanges et autres récoltes en lien avec la vie. Ainsi, plutôt que de cesser de faire ce que nous faisons d’habitude tout au long de l’année, cette période peut être l’occasion de faire quelque chose qui va aussi satisfaire ce même besoin-désir. La question serait alors… cette année, quelle est l’action, voire l’effort, qui va satisfaire mon désir d’existence ?


Aie, j’ai écrit le mot qui vous semble peut-être incompatible avec les vacances… L’effort !
Car au regard de la biologie, au regard du sens du vivant, l’effort n’est pas de reproduire chaque jour les mêmes comportements (n’est-ce pas ce que nous faisons en reprenant les mêmes routes mentales et comportementales, automatisées et rassurantes jour après jour ?), mais de produire du neuf. D’apprendre, c’est-à-dire de prendre et d’amener à soi (le sens du préfixe « ap ») ce que nous découvrons et allons faire nôtre. Car l’effort a vocation de fortifier l’être. Et l’apprentissage est le pendant actif et conscient de nos réactions automatiques : leur point commun est de répondre au même besoin d’être, au même désir d’exister. Quand les réactions automatiques, inscrites dans notre patrimoine génétique sous la forme de la fuite (j’évite), de la lutte (je maitrise), du repli (je m’efface) ou de la captation (je consomme), l’apprentissage est la réponse au désir plus conscient d’avoir de quoi satisfaire notre sécurité, notre identité, notre accomplissement et notre plaisir.


Alors ces vacances ? Qu’allez-vous apprendre de neuf ? Car moins nous apprenons, moins nous mobilisons avec effort nos ressources, plus nous encourons le risque de reproduire les schémas de nos automatismes, de nos habitudes plus ou moins défensives. Et moins nous sommes capables de répondre aux nouveaux enjeux, ceux de la rentrée et… ceux liés aux bouleversements que nous avons en partie générés par habitude et négligence de ce qu’est réellement la vie.


Il nous faut apprendre pour devenirs mieux humains. Coûte que coûte. A commencer par apprendre comment fonctionne notre système nerveux, celui avec lequel nous existons dans notre monde, le monde intérieur et le monde extérieur dont nous sommes une partie. Cette connaissance est le pilier de notre capacité à agir avec cœur et intelligence plutôt que de réagir comme à l’accoutumée, pressé par le surgissement de l’événement.


Bel été à vous ! Au plaisir de vous retrouver ou vous rencontrer pour apprendre ensemble

Catherine Aimelet-Perissol