Le Clin d’œil 2020

Grèves et Valentins contrariés ?

Février 2020

 

Clin d’œil à l’actualité éclairée par la Logique Emotionnelle®.

Pour ce mois de Saint-Valentin, j’ai voulu écrire sur l’amour. Puis, j’ai écouté mes émotions : colère colère colère. Rumination contre les grévistes qui, à l’heure où j’écris, « m’empêchent de bouger et me bloquent depuis six semaines !!! ».

A y regarder de plus près, je m'entends me dire que ce sont les autres qui m'empêchent.

La Logique Émotionnelle® nous invite à écouter notre discours intérieur pour comprendre à quel élan de vie il répond.

Je réalise que mon désir d'avoir toujours la liberté de faire ce que je veux sans aucun obstacle génère une habitude mentale de voir l'autre responsable de ce que je vis. Et cette habitude entretient mon ressenti d'être paralysée et ma peur d'être bloquée.


Je reprends donc la responsabilité de répondre à mon désir de liberté, certes réduite : j'annule des rendez-vous, reporte des sorties, teste la trottinette…et reprends ma liberté de mouvement. Ouf, j'ai un espace de liberté pour décider de ce qui me revient !


Et si je revenais à mon intention première ? Partagerais-je quelque chose avec les grévistes, dans cette humaine condition qui anime chacun ?
Parole d’un manifestant : « Ce n’est pas la question de la retraite qui est centrale, c’est celle du futur : comment on fera dans 20 ans ? Comment je paierai mes soins ? L’école de mes enfants ? Ce mouvement porte cette inquiétude, cette colère, cette rancœur ».


Un mouvement porteur d’émotions… donc de vie ? Le res-sentiment pourrait-il être de l’amour contrarié ? Ran-cœur, comme « rends-moi mon cœur » ?

Apprendre la logique des émotions n’évite pas d’en ressentir, et heureusement. Ce signal d’alarme nous avertit d’un changement et met notre corps en mouvement pour nous y adapter afin de garantir notre intégrité.

Chevillés à nos besoins vitaux, nos désirs – de sécurité, d’identité, de sens ou d’ouverture – orientent nos actions.

Ces dernières induisent nos ressentis, témoins de leur satisfaction. Découvrir le processus émotionnel permet de comprendre ce qui se joue en soi et chez l’autre, à un niveau individuel, collectif et sociétal.

J’entends que les opposants se mobilisent « par peur qu’on touche à la retraite ». Clin d’œil au Clin d’œil de janvier 2020 : la Logique Emotionnelle® propose de nous référer au désir plutôt que nous référer à la peur, la colère ou la tristesse qui ne sont que la conséquence de nos habitudes.

Contre-sens donc ; nous nous mobilisons par envie.

 

Alors que désirent nos Valentins ? « On étouffe avec ce gouvernement qui veut nous mettre à genoux », dit une enseignante de 58 ans. Désirerait-elle un peu de liberté pour respirer, de place pour se redresser ?

« On travaille toute notre vie pour pouvoir partir avec une retraite digne et c’est ça que le gouvernement remet en cause », ajoute une manifestante. Un désir de reconnaissance d’un travail accompli ? Un synonyme de dignité est l’amour-propre. Nous parlons bien d’amour !

Et l’amour de la fête ? « La stratégie de la grève illimitée n’est plus tenable ». Et si elle ne tient plus alors elle lâche, pour tenir autre chose.

En l’occurrence, de belles idées !

Depuis Noël, les opposants font preuve d’inventivité au travers d’actions symboliques et festives : spectacle de danse et orchestre symphonique devant l’opéra, jeté de robes des avocats, de manuels scolaires des enseignants ou de blouses blanches des soignants, mise en scène de policiers scientifiques, flashmobs… 

« C'est l'imagination collective qui prend le relais. Tout le monde est fatigué mais l'énergie est plus forte », indique un syndicaliste.

Valentins – manifestants, usagers et porteurs du projet de réforme – une joyeuse fête à tous et un bel hommage à cette ÉNERGIE considérable que chacun a déployé pour s’adapter à la situation.

Doté d’un libre arbitre, chacun peut agir en conscience de ses désirs, individuellement et en coopérant, dès lors qu’il voit le mouvement de vie au sein du mouvement de grève.

 

Anne-Sophie Libert


Un petit pas du côté du désir…

Janvier 2020

 

La mode est au changement ! Et la nouvelle année plaide une fois de plus pour que les bonnes intentions deviennent enfin des réalités (pas comme les années précédentes !)


Changer de comportement, changer pour être plus positif, moins stressé, plus bienveillant avec soi et les autres, pour s’occuper mieux de ses enfants, pour améliorer ses relations avec son conjoint, changer de travail, dire enfin tout haut ce que l’on pense tout bas, et même changer pour sauver la planète…Et si cette pression à changer était contre-productive ?


Penchons-nous d’abord sur ce que représente le changement pour un organisme vivant comme le nôtre : des milliards de connexions dans l’ensemble du système nerveux ont établi des habitudes de comportements, de sentiments et de pensées ; elles permettent de conserver notre équilibre corporel, relationnel et culturel.


Changer, c’est bouleverser tout un système fondé sur la survie de l’être, système dont nous n’avons aucune conscience !


Chacun veut changer mais en même temps, dans l’intimité de ses cellules, souhaite conserver ce qu’il obtient en agissant comme il agit. Alors, c’est foutu ? Sommes nous condamner à reproduire le déjà connu ?


Nous sommes convaincus que la prise de conscience du prix fort de certaines habitudes devrait nous en libérer. Les maladies psychosomatiques, les conflits, l’épuisement émotionnel, les troubles de l’humeur, la souffrance psychique devraient nous pousser à prendre soin de soi, des autres et de notre planète Terre.


Mais nous sommes là dans l’erreur de croire que notre système nerveux serait une simple mécanique. Nous sommes en réalité un organisme vivant qui tend automatiquement à conserver ce qui assure sa survie, à répondre dans l’immédiateté à un désir d’existence et cela, coûte que coûte. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’injonction à changer nous stresse encore plus: plus nous voulons supprimer une habitude reliée à la survie, plus elle s’impose.


Nous en vouloir, nous traiter d’incapable ou en vouloir aux autres ne fait qu’ajouter un peu plus de souffrance. L’inverse de ce à quoi nous aspirons !


La logique émotionnelle nous invite à une toute autre attitude : elle nous propose de nous fonder sur le désir vivant lui-même. L’envie au cœur de la survie. De nous laisser inspirer à partir de notre désir naturel d’existence, individuellement et collectivement. Nous référer au désir plutôt que nous référer à la peur, à la colère ou la tristesse qui ne sont que la conséquence de nos habitudes. Poser notre attention, non plus sur ce que nous voulons changer de soi mais sur notre besoin de confiance (sécurité), de place (identité) et de sens (réalité d’être). Cette attention est la source de ce que l’on nomme l’intuition.


L’émotion est, par nature, un mouvement intelligent, comme une boussole. Son langage est vivant, donc en recherche d’équilibre entre conservation des acquis et croissance ou évolution. Un équilibre délicat à soutenir parfois, ce qui déclenche en soi et avec les autres un conflit d’intérêt : la pensée veut changer, le corps veut garder. Et c’est toujours le corps qui l’emporte, histoire de rester vivant !


D’où l’importance du petit pas du côté du désir ! Un petit pas qui donne le change au système nerveux. Un petit pas qui, l’air de rien, donne un petit mouvement qui passera presque inaperçu et sera donc accepté par le système. Il s’agit d’ajouter une variante qui va aller dans le sens de l’existence, celui de son désir de sécurité, d’identité de sens et de plaisir, ajouter un tout petit mouvement. Un tout petit truc pour soi, rien que pour soi. Il ne s’agit pas simplement de se faire plaisir, mais de faire un peu de neuf. Comme le disait- presque- Neil Armstrong en marchant sur la lune, un petit pas pour soi, un grand pas pour son humanité.  
En pratique ?

 

  • Temps 1, incontournable: Qu’est-ce qui est satisfait en moi à faire ce que je fais comme je le fais ? Quel désir, quel besoin ?
  • Temps 2 : Identifiez comment je m’y prends déjà.
  • Temps 3 : Quel tout petit, mais vraiment tout petit pas puis-je faire d’autre pour satisfaire le même besoin ?
  • Temps 4 : Interdiction d’en faire plus durant une semaine entière !

Faites le bilan au huitième jour ou à la fin du mois si vous avez allongé l’expérience et noter ce qui …a changé. Et alors, souriez. Vous êtes en cours de changement.


JE SOUHAITE, A TOUTES ET TOUS, UNE ANNÉE 2020 LUMINEUSE!


Catherine Aimelet Perissol