Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Grèves et Valentins contrariés ?

Clin d’œil à l’actualité éclairée par la Logique Émotionnelle®.

Pour ce mois de Saint-Valentin, j’ai voulu écrire sur l’amour. Puis, j’ai écouté mes émotions : colère colère colère. Rumination contre les grévistes qui, à l’heure où j’écris, « m’empêchent de bouger et me bloquent depuis six semaines !!! ».

A y regarder de plus près, je m’entends me dire que ce sont les autres qui m’empêchent.

La Logique Émotionnelle® nous invite à écouter notre discours intérieur pour comprendre à quel élan de vie il répond.

Je réalise que mon désir d’avoir toujours la liberté de faire ce que je veux sans aucun obstacle génère une habitude mentale de voir l’autre responsable de ce que je vis. Et cette habitude entretient mon ressenti d’être paralysée et ma peur d’être bloquée.


Je reprends donc la responsabilité de répondre à mon désir de liberté, certes réduite : j’annule des rendez-vous, reporte des sorties, teste la trottinette…et reprends ma liberté de mouvement. Ouf, j’ai un espace de liberté pour décider de ce qui me revient !


Et si je revenais à mon intention première ? Partagerais-je quelque chose avec les grévistes, dans cette humaine condition qui anime chacun ?
Parole d’un manifestant : « Ce n’est pas la question de la retraite qui est centrale, c’est celle du futur : comment on fera dans 20 ans ? Comment je paierai mes soins ? L’école de mes enfants ? Ce mouvement porte cette inquiétude, cette colère, cette rancœur ».


Un mouvement porteur d’émotions… donc de vie ? Le res-sentiment pourrait-il être de l’amour contrarié ? Ran-cœur, comme « rends-moi mon cœur » ?

Apprendre la logique des émotions n’évite pas d’en ressentir, et heureusement. Ce signal d’alarme nous avertit d’un changement et met notre corps en mouvement pour nous y adapter afin de garantir notre intégrité.

Chevillés à nos besoins vitaux, nos désirs – de sécurité, d’identité, de sens ou d’ouverture – orientent nos actions.

Ces dernières induisent nos ressentis, témoins de leur satisfaction. Découvrir le processus émotionnel permet de comprendre ce qui se joue en soi et chez l’autre, à un niveau individuel, collectif et sociétal.

J’entends que les opposants se mobilisent « par peur qu’on touche à la retraite ». Clin d’œil au Clin d’œil de janvier 2020 : la Logique Emotionnelle® propose de nous référer au désir plutôt que nous référer à la peur, la colère ou la tristesse qui ne sont que la conséquence de nos habitudes.

Contre-sens donc ; nous nous mobilisons par envie.

Alors que désirent nos Valentins ? « On étouffe avec ce gouvernement qui veut nous mettre à genoux », dit une enseignante de 58 ans. Désirerait-elle un peu de liberté pour respirer, de place pour se redresser ?

« On travaille toute notre vie pour pouvoir partir avec une retraite digne et c’est ça que le gouvernement remet en cause », ajoute une manifestante. Un désir de reconnaissance d’un travail accompli ? Un synonyme de dignité est l’amour-propre. Nous parlons bien d’amour !

Et l’amour de la fête ? « La stratégie de la grève illimitée n’est plus tenable ». Et si elle ne tient plus alors elle lâche, pour tenir autre chose.

En l’occurrence, de belles idées !

Depuis Noël, les opposants font preuve d’inventivité au travers d’actions symboliques et festives : spectacle de danse et orchestre symphonique devant l’opéra, jeté de robes des avocats, de manuels scolaires des enseignants ou de blouses blanches des soignants, mise en scène de policiers scientifiques, flashmobs… 

« C’est l’imagination collective qui prend le relais. Tout le monde est fatigué mais l’énergie est plus forte », indique un syndicaliste.

Valentins – manifestants, usagers et porteurs du projet de réforme – une joyeuse fête à tous et un bel hommage à cette ÉNERGIE considérable que chacun a déployé pour s’adapter à la situation.

Doté d’un libre arbitre, chacun peut agir en conscience de ses désirs, individuellement et en coopérant, dès lors qu’il voit le mouvement de vie au sein du mouvement de grève.

Anne-Sophie Libert

hebdo