Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Restez chez vous !

Tel a été le mot d’ordre pour se protéger, prendre soin de soi et des autres en ces temps de pandémie. Deux mois de confinement qui ont été vécus plus ou moins bien selon sa situation familiale, ses conditions de logement, son approche de la sécurité, son attachement à son identité sociale et le sens donné à sa vie.

Chacun s’est accommodé, certains privilégiant la sûreté en remplissant les placards et rester à la maison, d’autres la liberté en profitant de toutes les possibilités pour sortir coûte que coûte. Bon an mal an, chacun s’est adapté, et à la sortie du confinement, restent quelques traces mémorielles et comportementales de cet épisode. Quand les uns y voient l’opportunité d’un changement de vie et de paradigme bénéfique, d’autres regrettent le confort du connu et restent angoissés, irritables ou encore déprimés.
Avec l’été arrive le temps des vacances, moment de ressourcement ou d’évasion attendu par beaucoup. Sauf que les frontières restent fermées, les gestes barrières de rigueur, et le port du masque obligatoire dans bien des endroits. Cette situation inédite pour nous est vécue par bon nombre comme insupportable.
Alors, comment retrouver sécurité intérieure et apaisement ?
Le lieu de sécurité intérieure inaltérable est de revenir chez soi, à son être en vie dans l’instant. Et d’y rester… chez soi ! Pas confinés entre nos quatre murs, mais en portant attention à ce qui se passe en soi, dans une présence attentive à sa respiration pour commencer, à l’air qui entre par les narines, aux sensations de nos poumons qui se déploient, au ventre qui se gonfle, aux côtes qui se soulèvent… et la même attention sur l’expire. Tout un champ d’expériences sensorielles, de la perception de la température de l’air à la résonance que cela a en soi…


Un exercice tout simple qui s’appelle méditation.
En quoi la LE donne du sens au geste de méditer ?


La méditation, comme la Logique Émotionnelle, sont des pratiques d’attention.
La LE encourage le ralentissement pour avoir le reflet de l’expérience du corps qui émerge dans le mental. Reflet de ce qui sait la vie en soi et la maintient en tout premier lieu de façon automatique, hors conscience et hors volontarisme. Nos habitudes mentales et comportementales sont empreintes de cet automatisme, trop souvent à notre insu. Réfléchir est communément utilisé comme cette capacité à penser, sans entendre le reflet, celui de la vie du corps, dont la pensée serait en quelque sorte le haut-parleur. « Je pense donc je suis », nous dit Descartes. Je pense permet donc d’accéder à cette connaissance que je suis.

Or nous ne cessons de penser et de commenter, souvent de façon réactive, sans laisser le temps à l’expérience de s’installer et de se refléter dans notre mental. Nous finissons par prendre nos commentaires intérieurs pour la réalité.
La LE nous propose de nous poser, de sentir ce que nous sentons comme la seule vérité intime qui nous appartient en propre, non partageable, et à rester un peu à cet endroit de rencontre avec le monde sensoriel, celui de la première sensation qui nous pousse à la réaction, puis celui de nos ressentis accompagnés de toutes ces pollutions mentales qui suivent nos habitudes.


Rester chez soi en méditation est un bon entrainement pour entrer en contact avec ce qui nous anime. C’est oser la prise de risque de sortir de nos habitudes et de franchir le cap de l’inconnu. Sortir de nos habitudes pour innover de nouvelles façons d’être au monde.
Car nous serons amenés à nous rendre compte de nos distractions mentales, entre retour sur un passé qui n’existe plus et une projection sur un futur qui n’existe pas encore. La LE demanderait à quoi sert d’inviter ces personnes, ces situations, ces événements dans ma méditation ? Ces pensées nous disent quelque chose de nos désirs, de notre élan vital.


A force d’entrainement ce geste simple de se poser, dans une posture le dos droit, peut devenir une spirale vertueuse en réalisant que la vie est là en soi, que nous respirons, que nous pouvons à force de discipline apaiser notre mental, qu’il est bon d’être là, présent à soi-même. Que nous sortons du mode réactif pour entrer dans le mode actif.


Si vous persévérez, ce rituel du rendez-vous avec vous deviendra une nécessité, et vous y prendrez goût tant il est bon d’être là, posé, vivant, apaisé.

Sylvie Alexandre Rochette