Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Émotions, quand c’est plus fort que lui. Aider son enfant de 3 à 11 ans à bien grandir

De Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet
(Leducs, 2018)

Une priorité grillée au toboggan met votre enfant dans tous ses états ?

Un lego qui refuse obstinément de s’emboîter le fait voir rouge ?

Une remarque de la maîtresse le plonge dans l’angoisse ?

Un « T’es plus mon copain » le transforme en madeleine ?
Petits tracas ou gros soucis, ces événements du quotidien créent chez l’enfant de vives émotions, et pour cause…

Que faire quand l’enfant est débordé par ces émois ? Comment réagir sans sombrer nous-mêmes dans le plus profond désarroi  ?

Jamais sans mon doudou, que serais-je sans toi ?

Émission du 30 avril 2018 présentée par Agathe Lecaron

De la traditionnelle peluche toute usée au vieux tee-shirt de maman, le doudou peut prendre toutes les formes.

Cet objet que l’enfant cajole et traîne partout tient une place privilégiée dans son univers. Pas question de s’endormir sans lui ou de l’oublier chez la nounou !

Quel rôle joue le doudou ?

Comment réagir quand il est perdu ?

Et jusqu’à quel âge votre enfant en aura-t-il besoin ?

Avec nous pour en discuter :

  • Catherine Aimelet-Périssol, psychothérapeute, auteure du livre « Emotions, quand c’est plus fort que lui ! » et des livres jeunesse « Ysée et Croco » , aux Editions Leduc.s.
  • Éléonore, maman de Lilou (8 ans), Manon (4 ans) et Coline (2 ans). Elles ont toutes un ou des doudous ! La famille a donc vécu des heures incalculables de recherche de doudous, des drames mais aussi de grandes histoires d’amour.

Émotions, quand c’est plus fort que moi. Peur, colère, tristesse : comment faire face

De Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet
(Leducs, 2017)

Cesser d’être émotif ?

Mauvaise idée !

Nos émotions sont des atouts : elles nous servent de signaux d’alarme.

En s’appuyant sur les dernières recherches en neuroscience, qui expliquent notre fonctionnement, les auteurs nous guident vers l’apaisement.

Indispensables pour les victimes de tsunamis émotionnels… et pour tous les autres.

Ces émotions qui nous font vivre

Le 9 mars 2017 par Marie-Hélène Cossé ART DE VIVRE

©Fotolia-Emotions-Midetplus

« Apprends donc à gérer tes émotions ! » entendait-on souvent enfant avant de nous-mêmes répéter cette phrase aux nôtres. Or, ces fameuses émotions qui nous gâchent parfois la vie ne sont rien d’autres que des réflexes archaïques de survie qui nous sont indispensables. Comment faire pour les digérer et vivre mieux avec elles ?

« Au commencement était l’émotion »  Louis-Ferdinand Céline

Émus pour un rien, jamais pour rien. L’émotion naît du traitement d’une information par notre cerveau reptilien, archaïque et non conscient. C’est avant tout un mouvement corporel qui vise à notre préservation physique. Nos émotions¹ sont donc notre kit de survie, notre trousse de secours et il est illusoire de vouloir y échapper, les contrôler ou les raisonner, puisqu’elles nous permettent de nous adapter à une situation ou de réagir de façon efficace en cas de danger. C’est un peu comme les plombs qui sautent dans une maison en surchauffe ! En revanche, chacun a sa façon de se défendre en fonction de sa vie utérine, ses expériences passées, son histoire et ses habitudes comportementales (fuite, lutte ou repli sur soi) sont devenues de vrais traits de caractère.


Comment faire pour ne plus être défini par cette émotivité qui nous dépasse ?
 La première chose est de reconnaître le grain de sable (pas la montagne !) qui a provoqué l’émotion pour mieux comprendre notre fragilité et la prendre ainsi en charge. C’est d’abord notre corps qui réagit face à un événement. Nos 5 sens repèrent quelque chose d’inhabituel, un problème potentiel qui déclenche une réaction corporelle : « Nous sommes un corps vivant avant d’être un corps pensant » disait Henri Laborit (Éloge de la fuite).

« Ce que cache mon langage, mon corps le dit,
mon corps est en enfant entêté, mon langage est un adulte civilisé. »
 Roland Barthes

©Catherine Aimelet-Périssol - Mid&Plus

Catherine Aimelet-Périssol, médecin et psychothérapeute, créatrice de la logique émotionnelle, nous propose dans un livre² écrit à quatre mains avec sa fille Aurore de décrypter le processus qui s’enclenche dans l’émotion et d’adopter de nouveaux comportements afin de nous apprendre à sortir de nos mécanismes de défense, avec à la clé… l’apaisement !

1. Ralentir. Repérer dès le départ ma peur, ma colère ou ma tristesse, comprendre d’où elle vient et à quoi elle sert pour pouvoir ensuite modifier ma façon d’agir, appréhender ce qui se passe dans mon corps avant que je ne déploie mes mécanismes de défense. En un mot, « comment apprivoiser son crocodile ! » Les questions à se poser : Qu’est-ce que j’éprouve ? À quoi je pense ? Que suis-je en train me dire ? Se repasser le film au lieu de s’en faire un…
2. Se responsabiliser.  Ne pas se torturer ou se culpabiliser, ne pas s’en vouloir, mais plutôt assumer, se reconnaître dans notre habitude comportementale, identifier ce dont on a besoin, ce que l’émotion a réveillé en nous et le nourrir soi-même, nous responsabiliser.
3. Se créer de nouvelles habitudes.  Il ne s’agit pas de changer, mais de créer de nouvelles habitudes, des nouvelles façons de satisfaire nos besoins, des alternatives à nos automatismes. J’entends bien que c’est important pour moi, mais je me responsabilise dans la façon d’y répondre, j’introduis un geste nouveau (plutôt qu’une pensée) en réponse.

« Sans émotions il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l’apathie en mouvement »
Carl Gustav Jung

L’idée globale, vous l’aurez compris, est que si nos émotions nous secouent, elles sont avant tout un mouvement de vie. Il faut leur faire confiance, ne plus vouloir les éviter, contrôler ou tout expliquer, mais plutôt repartir à zéro, chasser ses mauvaises habitudes, voyager au cœur de notre peur, notre colère ou notre tristesse et trouver d’autres voies. Comprendre nos émotions nous permet de comprendre celles de nos enfants. Si nous ne pouvons pas aller contre elles, nous pouvons aller avec !

Marie-Hélène Cossé

Gare aux gaffes

Gare aux gaffes

Les bourdes, on les dit plus vite qu’on ne les pense…

Même si, au final, on ne gaffe jamais tout à fait par hasard, explique la psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol. N’est-ce pas, Warren Beatty ?

LE MONDE | 02.03.2017 à 16h16 | Propos recueillis par Marlène Duretz


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Lien fonctionnel le 18 avril 2017

Pourquoi certaines personnes ruminent constamment ?

Par Sevin Rey | Le 10 février 2017

Vous passez des heures à ressasser les mêmes pensées ? Deux experts nous en expliquent les causes et donnent leurs astuces pour faciliter le quotidien.

Extrait :

Un processus naturel

Pourtant tout le monde rumine… Surtout les chameaux : «Les animaux le font pour rendre la nourriture plus digeste et nous, humains, nous ruminons pour digérer les évènements, c’est-à-dire assimiler une réalité difficile ou nouvelle», explique Catherine Aimelet-Perissol, médecin homéopathe, psychothérapeute et auteure du livre Émotions, quand c’est plus fort que moi (Éd.Leduc.s). Ruminer est donc normal quand on est face à des situations compliquées et imprévues, comme une personne en retard, un bulletin de note désastreux de votre enfant ou une remarque désobligeante d’un(e) collègue.

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Lien fonctionnel le 3 mars 2017

« Je me souviens… » de Boris Cyrulnik

par Anne-Béatrice Leygues

« Je me souviens »

de Boris Cyrulnik

Fiche de lecture de Anne-Béatrice Leygues

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Boris, en décidant de revenir à Bordeaux, ville de son enfance, fait un retour sur lui-même pour comprendre comment la mémoire s’organise pour rendre le passé accessible.

Il observe que ce sont ses capacités de rébellion, de non soumission et de pitre qui l’ont toujours sauvé.  C’est à dire des stratégies de survie que nous possédons dans notre mémoire ancestrale.

Il nous livre ainsi sa réflexion sur la mémoire, les stratégies d’adaptation, le retour traumatique du souvenir et le travail énorme qui se réalise en nous dans les situations que la vie nous donne à éprouver.

Paradoxe qui fait douter de ce que nous voyons :

À 5 ans Boris voit les troupes défiler comme un jour de fête, pendant que toute sa famille pleure…

La mémoire traumatique transforme, amplifie et/ou minimise.

S’il y a traumatisme, c’est que le réel est invraisemblable.

Au plus profond de nous les traces sont précises mais ensuite pour rendre cohérent le souvenir, nous en arrangeons le pourtour, la forme…

«Des morceaux de vérités claires dans un ensemble flou, incertain.»

À 7 ans, Boris avait conscience d’être condamné à mort mais sans savoir pourquoi : pour quelque chose qu’il ne connaissait pas : il était né juif.

P 28 : L’injustice ce sont  les contresens affectifs.

–     Quelqu’un que j’aime agresse ma mère

–     Le regard de cette dame généreuse qui m’a fait prendre conscience de ma saleté m’a blessé

De cette époque où j’étais dans une stratégie de survie je n’ai aucun souvenir d’émotion … je n’ai que des images et des mots sans émoi…

Il a beaucoup de mal à rappeler le passé car cela implique de faire revenir «l’émotion enfouie »

« Je fais alors comme une enquête archéologique en parlant de moi à la 3ème personne ».

Lorsque nous apprenons à nous défendre, à survivre, nous continuons à le faire même quand il n’y a plus de raison, quand ça n’a plus de sens  « apparemment ».

La mémoire est faite de fragments et les autres participent à nos souvenirs:

Pour Boris les témoignages tardifs sont une source d’angoisse car ils font rejaillir une peur archaïque. Tant qu’il croyait que personne ne l’avait vu, il se sentait en sécurité. Dès lors qu’il réalise l’existence de témoins, il prend conscience qu’il aurait pu être dénoncé.

Nous vivons vraiment dans le regard des autres et nous en ignorons la puissance.

La mémoire, ce n’est pas le simple retour du souvenir, c’est une représentation du passé… Nous nous rappelons de morceaux de vérité que nous arrangeons comme une chimère. (Toutes les parties sont vraies mais la chimère n’existe pas).

Réfléchir par opposition à la confrontation du réel permet d’apprivoiser l’émotion.

P 46-47  : Pour nous protéger de la souffrance des souvenirs, nous préférons éviter de les  re-contacter.

Le déni est un mécanisme de défense qui permet d’éviter l’évocation de ce qui fait souffrir.

Boris, pour éviter de souffrir ne se retourne jamais, ni pleure, ni se plaint.

Son système d’équilibre consistait en une amputation de sa personnalité par légitime défense.

P 51 : Boris revoit le même rai de lumière et fait remonter une émotion de surprise de confirmation de la réalité de sa vie… toutes les vies sont folles…

À 6,5 ans, Boris est arrêté par des inspecteurs français. Il en conclut qu’il est vraiment une personne très importante : tant de personnes mobilisées rien que pour lui !

Il réalise combien cela lui a permis de se considérer comme une personne de valeur et …. en est resté mégalo -:)

Il trouve absurde les lunettes noires en pleine nuit : les adultes ne sont pas des gens très sérieux.

Les détails anodins qui permettent de se détourner de la logique des adultes : les lunettes noires, la glotte du monsieur qui monte et descend : ça c’est intéressant !

P 62 : A la synagogue : Boris est très gai, il repère les portes, fenêtres, il écoute les adultes pour comprendre la situation et trouver grâce à son tempérament la solution.

L’apprentissage d’un type de relation, une sorte de goût du monde que l’on acquiert très tôt dans la vie, une empreinte très précoce.

Avec l’insoumission cela permet le processus résilient

Rebelle signifie se déterminer par rapport à soi.

La réussite du processus résilient tient à la réussite de la solution trouvée : « T’inquiète pas  ça va aller,  il y a toujours une solution… la liberté est au bout de ton effort, ils ne m’auront pas il y a toujours une solution »

Le sentiment de victoire est une reconstruction après coup : avoir pu maîtriser une partie de la situation donne une grande confiance en soi.

La résilience se fait grâce à la transformation de l’émotion.

D’un point de vue « LE »

Ce petit livre retrace les chemins de vie, les processus émotionnels, autrement dit, en langage LE: les tetralèmes de Boris.

Ses perceptions, sensations, ses actions ou réactions pour nourrir son besoin de sécurité.

Il démontre par son récit comment les perceptions peuvent être vraies et pas vraies et les sensations vraies.

Il rend hommage aux stratégies qui l’ont sauvé, à la transformation de l’émotion dans la mémoire pour réaliser le processus de résilience.