Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Désir(s) mode d’emploi !

Ce matin dans la véranda… nous bavardions Camille et moi à propos du « beau » soleil, source de chaleur et de rayonnement…
Et de là… réchauffée, je lance : et si nous parlions désirs ?
Et si nous aventurions du côté des désirs ?…
Nous baignons dans l’idée du désir, nous sommes environnés d’informations sur le désir, est-ce que tu sais ce que nous entendons par là précisément ?
Un désir de chocolat, un désir de parfum, un désir de vêtement, de smartphone, de voiture ?
Le printemps vient d’arriver et les couvertures de magazine acclament le désir sexuel…
Tous ces appels, ces tentations ne parlent-ils pas de convoitises ?

Vaste question répond Camille, pour moi, il n’y a pas UN désir, il y a tellement de désirs : par exemple le désir de me transformer, d’être un homme nouveau, le désir de faire des achats… hier je suis entré dans un magasin de musique, à gauche je vois des guitares, j’en ai déjà cinq, de tous types, mais pas celle-là, celle qui attire mon regard dans l’instant. Comme une bouffée en moi, je m’élance vers elle, la fait sonner, un son grave, généreux, je suis transporté par une sorte d’élan amoureux que je dois assouvir immédiatement…
Heureusement je me suis arrêté avant de passer en caisse !

Tout domaine où le désir appelle ne me paraît assouvi que temporairement. Avant cet épisode « rencontre avec une guitare » j’étais dans « j’ai mon bon nombre de guitares !! » et pfuit… envolé le « j’ai tout ce qu’il me faut » à la vue de cette nouvelle guitare.

Lorsque le désir est réalisé, il y a comme un effet temporaire, car, par exemple, une fois que tu as acheté le pantalon que tu guettes, et bien, un mois après, tu as encore envie, le désir revient d’un nouveau pantalon ou de quelque chose de nouveau et si tu réalises ton désir… et bien, un vide se fait sentir de nouveau sentir peu de temps après, et cela recommence… ainsi de suite… jusqu’à ce que je sois comblé de nouveau.

Cath :
Et si ce que tu décris était plutôt une forme de réponse aux désirs, plutôt que le désir lui-même ?

Camille :
Je pense que le désir est, avant tout, de me faire plaisir et le plus souvent dans l’instant.
Par exemple ce midi, ayant faim, je me prépare un sandwich avec de délicieux ingrédients choisi un à un… après le repas j’étais bien et satisfait.
Le désir c’est la vie !   Le désir est intimement lié à la vie, il rayonne à 360 : désir d’être reconnu, remarqué pour ma valeur, désir d’être accepté, etc.
Donc en résumé, le désir, c’est désir de plaisir, de satisfaction, de contentement voilà ma définition du désir.

Cath :
Et si le désir était là, en toi, en chacun d’entre nous, telle une quête intime, vitale comme tu le suggères ? Comme la logique émotionnelle nous le précise : un appel à avoir toujours de quoi être ! Comme un élan tissé, construit dans notre corps-esprit :
Après le déjeuner, tu étais content et repu, la même source (le sandwich) répondait à une forme de continuum en toi… avec ce même objet, avec cette même réponse se faisait une extension, un prolongement entre le temps pour le corps nourri par la matière sandwich et le temps pour l’esprit nourri par les délicieux ingrédients, voire même par le plein ressenti à être dans la véranda.

Tout comme « le » beau pantalon, « les » chaussures neuves, voire même « la » guitare semble être des solutions comme des réponses apportées à cet élan vital.
C’est comme si le désir était une énergie désirante qui n’avait qu’un but : nous faire nous sentir vivants, présents et épanouis.
Bien sûr, cela peut paraître plus ou moins fugace, la réponse une fois trouvée paraît s’évaporer, et nous voilà de nouveau à la recherche d’un plaisir, le même ou dans une autre gamme…

Camille :
Que veux-tu dire par « une autre gamme » ?

Cath :
Tout à l’heure, tu parlais plus précisément de reconnaissance, de valeur.
Et bien, le mois dernier, tu étais très affairé à mettre en œuvre le festival de musique, tant côté logistique, que côté répétitions, tout cela était enrichissant pour toi : tu t’es occupé au mieux de la logistique et chaque matin tu répétais pour les concerts.
Après tu as été complimenté par la présidente, applaudi par le public, et bien dans tous ces instants-là, dans ces courts temps-là, ton élan, ta motivation ont permis une forme de retour : tes désirs de reconnaissance, de valeur ont été nourris.
Le désir appelle, il œuvre et te rappelle que dans cet environnement-là (magasin de musique ou déjeuner) ou dans ce monde-là avec les autres (festival), il y est nécessaire et vital d’obtenir de quoi être.

Camille :
Parfois tu évoques la sécurité biologique, est-ce que cela est en lien avec le désir ?

Cath :
Bien sûr ! Notre cerveau, organe essentiel, veille H24 sur notre santé, sur notre vie. Il s’organise, et prend tout ce qui est à conserver ou à faire croître.
Évoquons le désir de sécurité ; chaque soir, tu prends bien soin de verrouiller le portail ainsi que la porte de la véranda.
En vérifiant tous les accès, tu as mis en place une forme de routine devenue solution pour te rassurer et dormir bien, à l’abri d’éventuels intrus.
(Ainsi là, il s’agit du côté conservation de la vie)

Et lorsque tu sors du parking, si un « pinpin » à l’audace de ne pas démarrer assez rapidement au feu, tu grognes, agacé de te retrouver coincé à ce feu et cette crainte parle bien du désir de mouvement. (Et là, il s’agit du côté croissance de ce désir de sécurité)

Et si, une autre fois dans la véranda, en compagnie de la logique de l’émotion, nous allions à la rencontre du mode d’emploi de notre désir afin de sortir de la pression à avoir toujours plus ?

Catherine Le Sage – Pschychopraticien

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