Décrypter l’intelligence vivante de l’émotion

Jamais sans mon doudou, que serais-je sans toi ?

Émission du 30 avril 2018 présentée par Agathe Lecaron

De la traditionnelle peluche toute usée au vieux tee-shirt de maman, le doudou peut prendre toutes les formes.

Cet objet que l’enfant cajole et traîne partout tient une place privilégiée dans son univers. Pas question de s’endormir sans lui ou de l’oublier chez la nounou !

Quel rôle joue le doudou ?

Comment réagir quand il est perdu ?

Et jusqu’à quel âge votre enfant en aura-t-il besoin ?

Avec nous pour en discuter :

  • Catherine Aimelet-Périssol, psychothérapeute, auteure du livre « Emotions, quand c’est plus fort que lui ! » et des livres jeunesse « Ysée et Croco » , aux Editions Leduc.s.
  • Éléonore, maman de Lilou (8 ans), Manon (4 ans) et Coline (2 ans). Elles ont toutes un ou des doudous ! La famille a donc vécu des heures incalculables de recherche de doudous, des drames mais aussi de grandes histoires d’amour.

Ces émotions qui nous font vivre

Le 9 mars 2017 par Marie-Hélène Cossé ART DE VIVRE

©Fotolia-Emotions-Midetplus

« Apprends donc à gérer tes émotions ! » entendait-on souvent enfant avant de nous-mêmes répéter cette phrase aux nôtres. Or, ces fameuses émotions qui nous gâchent parfois la vie ne sont rien d’autres que des réflexes archaïques de survie qui nous sont indispensables. Comment faire pour les digérer et vivre mieux avec elles ?

« Au commencement était l’émotion »  Louis-Ferdinand Céline

Émus pour un rien, jamais pour rien. L’émotion naît du traitement d’une information par notre cerveau reptilien, archaïque et non conscient. C’est avant tout un mouvement corporel qui vise à notre préservation physique. Nos émotions¹ sont donc notre kit de survie, notre trousse de secours et il est illusoire de vouloir y échapper, les contrôler ou les raisonner, puisqu’elles nous permettent de nous adapter à une situation ou de réagir de façon efficace en cas de danger. C’est un peu comme les plombs qui sautent dans une maison en surchauffe ! En revanche, chacun a sa façon de se défendre en fonction de sa vie utérine, ses expériences passées, son histoire et ses habitudes comportementales (fuite, lutte ou repli sur soi) sont devenues de vrais traits de caractère.


Comment faire pour ne plus être défini par cette émotivité qui nous dépasse ?
 La première chose est de reconnaître le grain de sable (pas la montagne !) qui a provoqué l’émotion pour mieux comprendre notre fragilité et la prendre ainsi en charge. C’est d’abord notre corps qui réagit face à un événement. Nos 5 sens repèrent quelque chose d’inhabituel, un problème potentiel qui déclenche une réaction corporelle : « Nous sommes un corps vivant avant d’être un corps pensant » disait Henri Laborit (Éloge de la fuite).

« Ce que cache mon langage, mon corps le dit,
mon corps est en enfant entêté, mon langage est un adulte civilisé. »
 Roland Barthes

©Catherine Aimelet-Périssol - Mid&Plus

Catherine Aimelet-Périssol, médecin et psychothérapeute, créatrice de la logique émotionnelle, nous propose dans un livre² écrit à quatre mains avec sa fille Aurore de décrypter le processus qui s’enclenche dans l’émotion et d’adopter de nouveaux comportements afin de nous apprendre à sortir de nos mécanismes de défense, avec à la clé… l’apaisement !

1. Ralentir. Repérer dès le départ ma peur, ma colère ou ma tristesse, comprendre d’où elle vient et à quoi elle sert pour pouvoir ensuite modifier ma façon d’agir, appréhender ce qui se passe dans mon corps avant que je ne déploie mes mécanismes de défense. En un mot, « comment apprivoiser son crocodile ! » Les questions à se poser : Qu’est-ce que j’éprouve ? À quoi je pense ? Que suis-je en train me dire ? Se repasser le film au lieu de s’en faire un…
2. Se responsabiliser.  Ne pas se torturer ou se culpabiliser, ne pas s’en vouloir, mais plutôt assumer, se reconnaître dans notre habitude comportementale, identifier ce dont on a besoin, ce que l’émotion a réveillé en nous et le nourrir soi-même, nous responsabiliser.
3. Se créer de nouvelles habitudes.  Il ne s’agit pas de changer, mais de créer de nouvelles habitudes, des nouvelles façons de satisfaire nos besoins, des alternatives à nos automatismes. J’entends bien que c’est important pour moi, mais je me responsabilise dans la façon d’y répondre, j’introduis un geste nouveau (plutôt qu’une pensée) en réponse.

« Sans émotions il est impossible de transformer les ténèbres en lumière et l’apathie en mouvement »
Carl Gustav Jung

L’idée globale, vous l’aurez compris, est que si nos émotions nous secouent, elles sont avant tout un mouvement de vie. Il faut leur faire confiance, ne plus vouloir les éviter, contrôler ou tout expliquer, mais plutôt repartir à zéro, chasser ses mauvaises habitudes, voyager au cœur de notre peur, notre colère ou notre tristesse et trouver d’autres voies. Comprendre nos émotions nous permet de comprendre celles de nos enfants. Si nous ne pouvons pas aller contre elles, nous pouvons aller avec !

Marie-Hélène Cossé

Gare aux gaffes

Gare aux gaffes

Les bourdes, on les dit plus vite qu’on ne les pense…

Même si, au final, on ne gaffe jamais tout à fait par hasard, explique la psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol. N’est-ce pas, Warren Beatty ?

LE MONDE | 02.03.2017 à 16h16 | Propos recueillis par Marlène Duretz


En savoir plus

Lien fonctionnel le 18 avril 2017

Pourquoi certaines personnes ruminent constamment ?

Par Sevin Rey | Le 10 février 2017

Vous passez des heures à ressasser les mêmes pensées ? Deux experts nous en expliquent les causes et donnent leurs astuces pour faciliter le quotidien.

Extrait :

Un processus naturel

Pourtant tout le monde rumine… Surtout les chameaux : «Les animaux le font pour rendre la nourriture plus digeste et nous, humains, nous ruminons pour digérer les évènements, c’est-à-dire assimiler une réalité difficile ou nouvelle», explique Catherine Aimelet-Perissol, médecin homéopathe, psychothérapeute et auteure du livre Émotions, quand c’est plus fort que moi (Éd.Leduc.s). Ruminer est donc normal quand on est face à des situations compliquées et imprévues, comme une personne en retard, un bulletin de note désastreux de votre enfant ou une remarque désobligeante d’un(e) collègue.

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Lien fonctionnel le 3 mars 2017

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