LE et éducation émotionnelle

Éduquer nos enfants à leurs émotions (Et à celles de leurs parents !)
Le tout petit enfant est naturellement doté de bon sens émotionnel. Pas encore éveillé aux apprentissages sociaux, c’est le crocodile qui veille au mieux sur lui. Avec ses parents qui vont lui donner toutes les nourritures dont il a besoin. Il est donc fondamental que ces derniers connaissent le langage des émotions.


Par exemple…
Non l’enfant ne pleure pas pour ennuyer ses parents ou pour que ceux-ci le prennent dans leurs bras. Il pleure, ou crie, ou s’agite parce que quelque chose dans son environnement fait danger pour son corps. Quand ses parents prennent alors soin de lui, il peut s’apaiser car ce geste répond à son besoin de sécurité.


Et parfois, non.

Sa vitalité passe alors par des pleurs, solution « choisie » par le corps pour répondre à la situation dans laquelle se trouve l’enfant, imperméable alors à tout câlin ou toute explication.

Accorder à l’enfant sa solution, l’accepter de tout cœur sera alors plus apaisant : l’adulte a pris en compte le crocodile de l’enfant.


L’enfance est la longue construction du duo corps-esprit : chacun a son langage propre et la connaissance des deux devrait être la priorité des parents et des éducateurs.
L’activité physique pourrait être une rencontre avec sa respiration, sa mobilité, son endurance plutôt qu’une compétition avec son propre corps ou avec les autres.
La mémoire pourrait être un espace de construction de sa propre histoire avec celles des autres plutôt qu’une répétition de savoirs.
L’imaginaire, apanage de l’esprit pourrait être un espace de créativité plutôt qu’un refuge pour l’enfant dont les adultes n’entendent pas les maux émotionnels.
La compréhension pourrait être l’émergence de l’expérience plutôt qu’un impératif initial à toute action.


Ah ! si chacun acceptait d’entendre que le comportement de l’enfant est toujours orienté vers le déploiement de sa vitalité plutôt que contre ou pour ses parents.
Quand le petit Paul se bat avec le grand Pierre avec force coups de poing ou de paroles humiliantes, un ÉNORME désir de reconnaissance appelle les garçons dans cette rivalité.

L’adulte pourrait alors interpeller chacun : « le moyen que tu as trouvé pour te sentir reconnu, c’est de taper ? » A lui de rester fidèle à cette lecture qui a le mérite de restituer à chacun enfant la responsabilité de son désir et de son comportement, sans jugement, sans culpabilisation mais avec autorité.


La tâche des courageux parents et des courageux éducateurs en serait simplifiée : interroger la solution trouvée par l’enfant plutôt que la condamner permet de respecter l’élan vital que contient son comportement et de stimuler sa créativité en trouvant d’autres voies !