Le clin d’œil 2018


Le bienfait de se tirer une balle dans le pied* !

Février 2018

 

Le bienfait de se tirer une balle dans le pied* !

Qui de nous ne s'est jamais entendu se dire "je n'y arrive pas, je suis nul, je ne fais pas ce qu'il faut, je ne peux pas faire plus, je n'ai pas confiance en moi, je ne suis pas assez, je ne sais pas dire non..." Ou sous une autre forme "il faudrait que j'arrête de penser trop, de m'agiter, de m'énerver... il faudrait que je m'occupe davantage de mes enfants, de mon couple, que je sois plus disponible à mon travail, mieux concentré, il faudrait que j'ai une meilleure estime de moi..."


Que d'injonctions à être autre que ce que nous sommes ! Notre entourage a beau faire, nous rassurer que oui nous sommes capable, que nous allons y arriver c'est une question de patience... Qu'on est un homme compétent, une femme formidable, une fille marrante, que nous avons plein de ressources... On a beau lire des livres et écouter les psys qui nous donnent la bonne voie à suivre pour mieux penser, être plus positif, plus confiant... Rien n'y fait, la petite voix intérieure persiste et signe, et on continue à ruminer.
Alors à quoi peut bien servir de se tirer une balle dans le pied ? Car quand même, c'est une voie douloureuse, que nous ne cessons d'emprunter, d'y passer et d'y repasser ! Justement, à revenir à la douleur, à notre corps existant, comme il est. La douleur au pied fait que vous ne pouvez plus l'ignorer.
Car il y a une intention biologique à cette petite voix en soi, un élan vital.


Entre le "tout parfait" et le "nul", il y a "qui je suis comme je suis" que tente de faire entendre la dévalorisation de soi, pour revenir à ses ressources, comme elles existent. Nous sommes tentés de vouloir être plus et davantage que ce que nous sommes, avec un idéal de surpuissance pour répondre à notre existence, avoir une place, une valeur. Or il y a (plein) des moments où nous sommes moins bon que nous ne l'aimerions.


La LE nous propose d'abord d'entendre le sens vital que contiennent ces formules. Rester en deçà de son savoir, nier sa valeur, réduire son image, voire son existence, va enclencher des ressentis et des sentiments douloureux qui vont presser la personne à répondre à la finalité d'être, chère à Henri Laborit et aux neuro biologistes, qui abordent les comportements par la biologie du corps. Chercher à y substituer des formulations positives sans comprendre le sens de la négation de soi revient à se tirer une deuxième balle dans le pied car cela augmente la pression intérieure et le niveau de douleur.


Alors pensez-y, la prochaine que vous vous entendrez vous dire "je ne peux pas, je ne sais pas, je ne comprends pas, je n'y arriverais pas..." Demandez-vous quel est le bénéfice ? Ces formules, paradoxalement, répondent déjà au désir d'homéostasie. Quel élan vital peut bien s'y cacher ? Revenir à ce que vous pouvez, à ce que vous savez, à ce que vous comprenez, à ce que vous arrivez déjà ? En somme, revenir à vous, chez vous ? Entre le soi annulé et le soi idéalisé, il y a le soi existant et vivant !


Sylvie Alexandre Rochette


* L'opposition dynamique entre échec et réussite peut devenir le moteur même de notre progrès ; Ch. Pépin, les vertus de l'échec.


Tous nos vœux

Janvier 2018


Tous nos vœux pour une bonne année 2018, et surtout la santé !

 

Quand le rythme extérieur des saisons se retrouve dans nos rituels culturels...
Nous voilà tous sur le starting block des 12 coups de minuit, prêts à envoyer nos vœux, heureux de transmettre ces mots qui augurent du meilleur pour chacun. Gare à celui ou celle qui oublierait. Il pourrait se sentir coupable de priver ses proches de ces bons présages.


Notre culture serait-elle donc inspirée, malgré nous, par un rythme qui nous échappe ? Alors qu’elle s’envole vers une technicité toujours plus envahissante, serions-nous à ce point branchés sur le mouvement de la nature ? Branchés, infusés, nourris, influencés par elle ?


La réponse est oui.

Oui nous ne pouvons échapper au champ de la vie, bio-logique qui anime l’être vivant que nous sommes d’abord. Rites culturels, rythmes internes et externes sont reliés inéluctablement. La nouvelle année n’est pas seulement celle du calendrier, elle est celle de l’inversion du mouvement homéostasique entre les saisons, du temps des jours et des nuits. Un rythme sur 365 jours un quart. Homéostasie que nous retrouvons dans le corps et ses temps de vide et de plein, de pause et d’activité. Homéostasie que nous retrouvons enfin dans la culture des rites qui scandent la vie en société de façon diverse. Mais avec en plus la marque que les Hommes (la majuscule rappelant que le masculin est ici un neutre animé et non le reflet linguistique d’une domination masculine…) ont ajouté grâce à leur aptitude à construire des histoires : ils accentuent la bonne nouvelle du retour de la lumière, de la vie sur la mort.


Ne boudons pas notre plaisir à participer à ce rituel d'échanges, en sachant qu’il accompagne le mouvement naturel auquel nous participons. Mieux encore, ajoutons la conscience de ce qui se joue là et retrouvons ensemble ou individuellement les rituels qui pourraient nous aider à fêter notre nature vitale.


Individuellement, comment contribuer à ce rite qui nous rappelle à notre bio-rythme ? Nous pouvons le laisser sous l'influence des astres... ou nous pouvons collaborer. Notre corps a la capacité naturelle de s'auto-guérir et de répondre aux stimulus extérieurs. C'est la réponse du cerveau reptilien dont la fonction est de gérer l'équilibre homéostatique du corps. Un corps souple, relâché, permet une meilleure respiration, ample et profonde. Un corps souple avec une respiration ample et profonde permet un esprit calme et serein. Un esprit calme et serein permet au corps de se relâcher et de se détendre. Boucle vertueuse à laquelle nous pouvons participer en nous adonnant quotidiennement à un rite, un rituel pour prendre quelques minutes pour nous accorder à ce rythme intérieur... et répondre plus sereinement à nos besoins fondamentaux.


Bonne année, bon rite et bon rythme à chacun d'entre vous !


Catherine Aimelet Périssol et Sylvie Alexandre Rochette