Le clin d’œil 2018


Le hasard des rencontres

Décembre 2018

 

J'utilise régulièrement l'expression « Il n'y a pas de hasard » ! Je l'ai dit à propos de la Logique Émotionnelle quand je suis rentrée en formation en janvier 2015. J'ai donc décidé d'en faire le sujet de ce Clin d’œil pour évoquer ma rencontre avec la Logique Émotionnelle.

Pour commencer, et comme, nous l'avons souvent fait au cours de la formation, j'ai recherché la définition et l’étymologie du mot hasard :

  • le hasard est la puissance considérée comme la cause d'événements apparemment fortuits ou inexplicables.
    ou la circonstance de caractère imprévu ou imprévisible dont les effets peuvent être favorables ou défavorables pour quelqu'un
  • son origine arabe « al-zahr » signifie « dés » et a pris ensuite la signification de « chance », puis celle de « changer »


Ces termes me plaisent beaucoup puisqu'ils évoquent des choses favorables qui nous arriveraient de l'extérieur pour notre bien. Cela correspond tout à fait à mon histoire avec la LE, que je vous présente dans les lignes qui suivent.

Alors que j'étais très mal dans ma peau, je cherchais des solutions pour être mieux. Je savais que je devais travailler sur moi et plus particulièrement sur mes émotions.
Cela faisait un moment que je me renseignais pour trouver une formation qui abordait ce sujet en profondeur et je ne trouvais rien. Dépitée au fil des semaines, je me suis tournée de nouveau vers les rayons des librairies.

C'est à ce moment-là que je suis « tombée » sur le livre de Catherine Aimelet Périssol « Comment apprivoiser son crocodile ». Déjà le titre m'inspirait, il en a été de même pour la 4ème de couverture.

Cela fait 4 ans, et en le reprenant aujourd'hui, avec la connaissance que j'ai du processus émotionnel, ce livre me fait encore quelque chose, que j'arrive à décrire maintenant.

Quand je lis, « Décodez le sens caché de vos émotions pour une vie plus harmonieuse », j'ai le rythme cardiaque qui s'accélère et une sensation de chaleur qui monte en moi.
Je retourne alors le livre pour découvrir le contenu, puis je le feuillette pour lire quelques extraits. Tout ceci provoque en moi un élan, je me sens inspirée par ce livre.

Aujourd'hui quand j'analyse ce que j'ai fait ce jour là, je comprends que j'ai satisfait mon désir de mieux être et de compréhension de mon fonctionnement.

Par la suite au fil des pages, j'apprenais et comprenais une multitude de choses sur l'être humain et leurs émotions et je trouvais des réponses à mes questions. La description du processus émotionnel m'a paru tellement fluide que j'avais l'impression dans certains passages que l'auteure parlait de moi.

Après la lecture de ce livre, j'ai su qu'il fallait que j'aille plus loin. Je me suis donc renseigné sur le site, j'ai appelé des psychopraticiens pour en savoir plus sur leur parcours et sur la Logique Émotionnelle, et ce qu'elle pourrait m'apporter.

C'est donc en janvier 2015 qu'a commencé mon aventure concrète avec la Logique Emotionnelle.
Mois après mois, j'ai découvert le fonctionnement et le processus émotionnel. Mon entourage s'est aperçu de mon changement : autant j'étais souvent dans l'agressivité, autant la LE m'a permis de m'apaiser.

J'ai appris à connaître et analyser le mouvement reptilien qui me permet ici et maintenant de percevoir ce qui fait choc en moi. Aujourd'hui, je peux dire que la LE fait partie de mon quotidien. Elle me permet de mieux me comprendre, et de comprendre les Autres.

Je suis consciente maintenant que je mettais en place plusieurs stratégies pour satisfaire mon désir de bien être. Mais plus je lisais de livres, plus j'analysais ce qui m'arrivait, et plus je me sentais mal. Pour autant, j'ai continué à chercher, en somme à utiliser la même stratégie. J'en déduis qu'en achetant ce livre, j'ai pris ma chance pour changer.  J'ai donc été attirée par ce livre parce qu'inconsciemment, il répondait à mon besoin. Un beau clin d'œil à l'origine arabe du mot hasard.

Je finirais par un extrait du livre « Comment apprivoiser son crocodile » qui parle du hasard justement :

 

« En fait, le hasard n'y est pour rien ; tant que nos vies sont guidées par nos réactions de défense, par des besoins non assumés, des manques d'être, nous sommes attirés par -et nous attirons à nous- ceux et celles qui sont censés pallier le déficit de nous même. Et ceux-là ont des comportements qui évoquent ceux de nos parents, eux qui ont nourri et développé nos besoins à leur façon.
En modèles ou en contre modèles, ils demeurent notre référence tant que nous ne satisfaisons pas, de nous-mêmes (en toute conscience), nos besoins ».

Catherine Aimelet Périssol

Pour conclure vous l'aurez compris, l'expression : « le hasard n'existe pas », n'est pas un hasard, puisqu’inconsciemment, nous sommes attirés par ce qui satisfait nos besoins. 

La Logique Émotionnelle, est donc là pour nous aider à décoder le sens caché de nos émotions pour une vie plus harmonieuse, car menée plus en conscience.

 

Anne Coquet


Au cœur de l’automne les feuilles se ramassent a la pelle

Novembre 2018


AU CŒUR DE L’AUTOMNE LES FEUILLES SE RAMASSENT A LA PELLE
AU CŒUR DE LA VIE, A TOUT AGE, LES PEURS TOURBILLONNENT :

Peur du froid, peur du noir, peur de perdre, peur de l’épreuve, peur du vide, peur du trop-plein, peur de demain….
Petites peurs pour les uns, grandes peurs pour les autres, stimulantes ou handicapantes, c’est selon…. Selon chacun…
Vous l’avez probablement observé, face à un même événement (naissance, voyage, prise de parole, prise de poste, perte d’un être cher…) chaque individu peut avoir une perception/une représentation, une sensation/un ressenti, une réaction/des habitudes comportementale différente.
Pourquoi ces différences ?
Pour… quoi la peur ?

La grille de lecture proposée par la Logique Émotionnelle permet de donner du sens à nos émotions, d’aller voir ce que se cache derrière, quelle est la « racine ».
Sa pratique nous invite à ralentir pour s’observer à l’œuvre dans la situation vécue, s’ajuster dans le respect de soi et de la relation. Elle nous permet de suivre l’éternel mouvement du système émotionnel, d’écouter, comprendre notre propre mélodie intérieure pour se laisser inspirer par elle dans l’alliance du corps et de l’esprit.
Une invitation à apprivoiser nos émotions et développer notre agilité relationnelle dans la vie privée et professionnelle.
— Qu’est ce que signifie « apprivoisé » ?
— C’est une chose trop oubliée. Ça signifie « créer des liens… »
(…) si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. »
A.de Saint-Exupéry (extrait du Petit Prince)

Je vous invite à vous laisser porter par la musicalité des mots, comme nous sommes portés par nos émotions, en voguant poétiquement au gré du courant de la peur !

A MON AMIE LA PEUR, BIENVENUE A BORD

Face au bel inconnu, face au jardin d’obstacles
Je ne peux qu’être émue, ma peur vaut le spectacle !
Je suis saisie d’effroi, deviens bleu glacier,
Je me mets en apnée, ma gorge est bien nouée.

Bien déstabilisée, inhibée, oppressée,
Je me dis très coincée.
Toute désorientée, affolée, angoissée,
Je me sens apeurée

Très tremblante, transpirante, m’agite impatiente,
Je deviens fuyante.
Il me faut m’ajuster. Mieux vaudrait être ailleurs !
Où trouver le meilleur, sidéré par ma peur ?

Faire mon caméléon ? Prendre mes jambes à mon cou ?
Passer inaperçue ? Fuir, assurer le coup ?
Comment bien m’ajuster ? Pour quel côté opter ?
Statique ou dynamique c’est la polarité.

Je retrouve de la force, de la stabilité
Une chose est certaine : ÊTRE en sécurité !
J’ai agi, c’est fini, retour à l’équilibre,
C’est l’homéostasie, c’est beau comme dans un livre !

Ce Livre qui s’écrit s’inscrit dans mon esprit !
Désir d’AVOIR encore… sécurité toujours…
Toujours la sureté, toujours la liberté,
Élan vital à l’œuvre, toujours bien assurée.

Idéal incertain, chimère à conquérir,
Que vais je donc construire pour bien y parvenir ?
Vive mes expériences ! Dans le présent, plongeons !
Là, puiser la science, là, retrouver le bon.

La madeleine encore pourrait bien s’imposer !
Retrouver le bon sens pour le sourire garder.
Désir initiatique, il me faut prendre un risque !
Bon pour la vie sans hics, soyons donc stratégiques !

Fiction, projection ou anticipation,
Élixir de jouvence, filtrent mes perceptions.
Nouveau choc. Sensation. Réaction. Satisfait.
Le besoin…. ÊTRE là… Le désir… AVOIR plus…

Le futur est devant, en avant l’idéal !
Prête à tout pour avoir toujours le moral…
Peur du noir, peur du loup, peur parfois très sauvage,
Toi qui es un signal, qui m’évite les ravages !

Toi qui sauve et préserve, par toi je reste en selle,
Bienvenue mon amie, toi toujours si fidèle.

 


Clothilde Marciano psychopraticienne en Logique Émotionnelle


Réussir, un rêve ? une pression

Octobre 2018


En cette période de rentrée des classes, ma « première idée » était de parler de la réussite...
En effet, il est frappant de constater combien ce terme envahit le discours dans le milieu scolaire, professeurs, parents, élèves ...

 

"je dois réussir mon année !"
"tu dois vraiment réussir tes exercices"
"j’ai peur de rater !"

 

Et puis, le temps d’écrire cet article est passé …trop vite

Et d’un seul coup, ce mot "réussite" a changé de cible et je me suis aperçue que l’idée d’écrire moi-même cet article pour une date précise me mettait une pression énorme, voire me créait une panique.


Alors parlons de mon expérience !
Réussir ? Oui, partons de ce désir de réussite qui n’est de toute façon pas négociable puisque tout être tend à persévérer dans son être (Spinoza). C’est notre rapport à la réussite, notre façon d’aborder le désir qui est à questionner au travers nos habitudes comportementales et mentales pour le satisfaire.
Quel est mon propre rapport à la réussite ? J’y mets quoi dans ce mot « valise » ? Une réussite absolue d’écrire cet article... Qu’il soit écrit tout simplement, mais absolument !


C’est comme un accouchement, c'est-à-dire dans la douleur !
Réussir, un mot composé de « sortir » (uscire en latin) et donc en lien avec un passage, une porte,

Tiens ?  La réussite est donc en lien avec une expérience corporelle mémorisée ?


Poursuivons l’investigation…
Quand l’expérience d’initier est mémorisée comme un risque car suivie de punition, la personne sera crispée sur son désir d‘avoir toujours la réussite, évitera tout risque d’échec et entretiendra des ressentis de panique, ce qui m‘arrive dans cette expérience.
Cela me permet de me rendre compte combien le désir de réussite envahit tout un registre connu : il vient me chercher, moi, dans le registre « réussir à vivre », réussir à exister et pas seulement à écrire, et donc réussir a forcément un lien avec le désir d’existence, et de vie et de mort...


Cela va jusque-là ! Je peux d’autant mieux comprendre ma peur de rendre une page blanche !
Ce désir absolu, sous l’impact de l’émotion, s’impatiente d’avoir un résultat qui rassure et va induire des comportements de type : hyper-anticipation pour tout mettre en place, ou procrastination (celui que j’utilise en m'y prenant au dernier moment). Cette stratégie comporte certainement un bénéfice puisque je l’utilise, mais seulement à court terme car chaque jour, j’évite cet exercice d’écriture. Plus le temps passe, plus les ressentis sont douloureux : peur de l’échec, peur d’être incapable, panique, ressenti de blocage.


A contrario, si l’expérience d’initier est vécue comme une opportunité de récompense, la personne aura l‘élan vital d’entreprendre pour répondre à son désir en se donnant les moyens de la réussite, et en prenant même le risque de l’échec.
En utilisant ce que je sais de la logique émotionnelle, j'ai pu me réapproprier mon désir et mon attention s'est alors portée sur les étapes, les impasses, les tâtonnements et les rectifications possibles, avec une idée du résultat que je voulais obtenir. En prenant le risque, un monde à l’œuvre a pu se déployer sur un chemin d’effort, d’implication et d’engagement. Mes ressentis ont été forcément beaucoup moins douloureux avec moins de crispations, et même une certaine excitation.
La découverte du résultat du présent article a été alors la bienvenue ! Sans un résultat à obtenir coûte que coûte !
Un résultat qui m'assure- je m’en suis sortie ! - qui m'identifie, c’est moi qui l’ai fait ! -et qui me réalise : l’article est écrit, j'en ai pris l'initiative !
Grâce à la LE, j'ai pu donner du sens à la pression et la panique que je vivais. J'ai pu identifier mon désir de réussite, me voir éviter de m'y mettre, m'agiter, culpabiliser... Puis me remettre dans le sens de la marche : oser écrire cet article avec mes mots, mes moyens et mon expérience.
Le cerveau est fait pour agir et pas seulement pour penser !


Petit pas par petit pas, en agissant, quelque chose naît de moi que je vais moi-même reconnaître avec le goût de me voir à l’œuvre et le plaisir de découvrir le résultat. Je n'ai pas oublié mon désir de réussite, j'ai simplement osé !

 

Béatrice Daniel Psychopraticien en logique émotionnelle


M’approprier vraiment l’usage de mon « Je »

Septembre 2018


Des petites phrases prononcées ou entendues au quotidien…

  • C’est écœurant ! je me suis hyper investi (e) pour ce projet, et pas un mot de remerciement
  • Ça m’agace, ma fille ne répond jamais quand je l’appelle sur son portable
  • Xavier sera présent à cette réunion… il me stresse, quand il est là !.
  • Ça a été éprouvant de rédiger ce rapport…

Des expressions bien banales vous direz-vous ! Mais remarquez-vous un point commun à ces phrases ?


Pour chacune de ces situations, observons, avec honnêteté et bienveillance envers nous même, que nous sommes bien rapides à imputer à l’autre, aux autres ou à un élément extérieur, la responsabilité de ce que nous ressentons et de nos états émotionnels !


Nous sommes convaincus que c’est l’autre qui " me stresse, m’énerve, m’agace ", ou c’est un “ça” qui m’inquiète, me perturbe, me dérange ou me déprime…


Or, ni bonne ni mauvaise nouvelle, mais ce n’est JAMAIS l’autre ou l’extérieur qui est à l’origine de ce que je ressens !


Rassurons-nous quand même, d’abord : car oui, l’autre est bien responsable de ses actes et de ses comportements.
Oui, aucun mot de remerciement ne m’est parvenu, ma fille ne répond “jamais” quand je l’appelle sur son portable.
Simplement, observons avec quelle rapidité nous établissons des raccourcis, des liens de cause à effet, entre le comportement de l’autre, ce qu’il dit ou fait, et l’effet sur nous de ce comportement.
Mais alors, si ce n’est pas l’autre qui nous stresse, c’est quoi ?


C’est la lecture que j’ai, moi, et moi seul (e) d’un évènement.

Lecture à partir de la PERCEPTION que j’en ai ici et maintenant et qui déclenche le processus émotionnel qui m’éprouve.


Nous parlons bien de processus puisque l’épisode émotionnel a un début et une fin.

Pour reprendre la définition d’Antonio Damasio : les émotions sont “la série des changements qui se produisent dans le corps et le cerveau”.


Qui dit processus, dit étapes : mon corps perçoit, sent un mal-être, réagit et recouvre un mieux être sur le moment. Puis l’esprit s’empare de l’expérience, tend à conserver ce bien-être, prend l’habitude de se défendre, ressent encore plus de malaise quand la situation lui échappe et finit par se représenter les autres, le monde et lui-même sous la forme des bons, des méchants et des sauveurs…


Ma perception d’une situation est donc avant tout sensorielle (j’entends mon collègue parler, je vois ou je sens mon fils bouger ..). Elle fait référence à ce qui se passe dans mon corps, au sens de “l’organisme vivant de son propriétaire” comme l’exprime Damasio.


Cette perception et cette expérience sensorielle révèlent l’appel permanent à l’homéostasie qui nous anime et qui se traduit par des besoins et des désirs d’identité, de sécurité ou de réalité d’être.


Lorsque l’homéostasie est touchée, le choc éprouvé et éprouvant est nécessaire, biologiquement parlant, pour recouvrer notre équilibre.


Si j’essaie de mettre des mots sur ces “sentis” je vais utiliser des métaphores comme, par exemple, “j’ai le ventre noué, les jambes en coton, un poids sur les épaules, je me sens sidérée. Faute de mettre ces mots, nous utilisons le raccourci : c’est l’autre qui, c’est ça qui. Nous imputons à l’autre ou à l’extérieur la responsabilité de ce qui nous émeut. D’où ces habitudes langagières qui entretiennent confusion et conflit.
Ainsi, mes émotions, mes sentiments résonnent pour moi, et moi seul (e) pour m’alerter, m’informer par rapport à une situation qui résonne en moi de façon plus ou moins inconfortable en termes d’homéostasie, et issue de mes besoins propres, mes désirs, mes expériences déjà vécues, mes mémoires, mes attentes, etc.


Alors, comment parler ‘juste’ ? Car, plus je suis centré sur l’autre, plus je lui reproche les effets sur moi de son comportement, moins je suis acteur pour agir, poser des actes, développer un peu plus de libre arbitre.


La LE nous invite d’abord à remplacer les ‘tu m’as…’, ‘il m’a…’ ou ‘ça me…. » par ‘JE’
Puisque ce que j’éprouve, ce que je sens et ressens, m’appartient, je suis plus juste et authentique si je m’exprime en ‘Je’. Cette façon de regarder l’évènement, et cette terminologie va nous aider à être plus clair avec nous — même, avec ce qui se passe, et plus aligné aussi dans ma relation et ma communication avec les autres : l’usage du JE qui parle de mon expérience a l’avantage de me renseigner sur ce que je vis et une façon courageuse de se rendre compte, d’abord à soi-même, de l’impact de la situation.

 

  • Je me sens écœuré ! je me suis hyper investi pour ce projet, et pas un mot de remerciement. Me serais-je investi pour avoir un retour ?
  • Je me sens inquiète quand ma fille ne répond pas à mon appel. Est-ce que je ne dépends pas d’elle pour me sentir rassurée ?
  • Xavier sera présent à cette réunion… je me sens stressé (e) quand il est là !. » Est-ce que je ne donne pas trop de pouvoir à ce collègue ?
  • Je suis agacée quand je te vois bouger comme ça. Ai-je besoin de repos ou d’aller marcher un peu ?
  • "Je"  me permet de m’approprier ce que je vis, au sens prendre la responsabilité de ce que je sens, et de dédouaner l’autre, les autres, l’extérieur d’intentions éventuelles ou de ce que je leurs impute et d’orienter mon attention sur mon besoin et mon désir.
  • "Je" peut ouvrir sur une communication plus audible pour l’autre et facilitante pour la relation.

Alors à chacun de nous de nous approprier, de nous familiariser voir d’apprivoiser pour certains, ce Je qui nous rapproche de nous-mêmes d’abord et qui favorise des relations plus justes et coopératives avec les autres.

 

Dominique  Teftsian psychopraticien en logique émotionnelle


J’écoute un peu, beaucoup, passionnément, à la folie …. Pas du tout !

Juillet 2018

 

Un exemple parmi d’autres, pris dans la sphère professionnelle :
Benjamin a un problème et en parle avec son responsable qui répond précipitamment :
- Bon je comprends, Mais où en sommes-nous...
Sur le coup Benjamin ne sait quoi dire, il prend une inspiration et bafouille rapidement trois mots, …
- Nous verrons cela plus tard !

Mais quand Benjamin se remémore la scène, il charge son responsable et se victimise :

  • Non, mais il ne comprend rien ! C’est pas possible d’être comme cela !!!!
  •  Il ne m’écoute pas. Je suis face à un mur ! …
  • Je fais comme je crois … et puis tant pis.
  • J’en peux plus !

 Et d’autant plus qu’il entend certains collègues apporter de l’eau à son moulin :

  • Il ne sait pas écouter …
  • C’est toujours comme cela, d’ailleurs …
  • C’est sa faute aussi …

Ces petites phrases vous semblent familières ? C’est normal, soit parce que nous les entendons, soit parce que nous les utilisons nous-mêmes.

Mais pourquoi est-ce si difficile d’écouter l’autre ?
Pourquoi, alors que leader, manager, parents, enseignants connaissent l’importance de cette écoute, que nombreux se sont même formés et ont appris à reformuler, qu’ils en ont même l’intention … cela reste-t-il si difficile pour chacun ?

La Logique Émotionnelle nous invite à porter un autre regard sur ces situations de « non écoute » et ces « dialogues de sourds » et à prendre en compte toute la dimension émotionnelle de ces interactions. Elle nous propose de ralentir, d’adopter une vision d’hélicoptère et de zoomer pour voir plus précisément ce qui se joue là. Elle nous propose de voir chez l’autre, comme chez soi, sa nature émotionnelle. Et d’agir en conséquence.

- Peut-être qu’au lieu de voir un responsable qui ne sait pas ou ne veut pas écouter, je peux voir une personne en « réactivité émotionnelle » qui ne peut pas.
S’il est lui-même en difficulté, dans l’urgence et la pression du stress, comment peut-il se rendre disponible, bienveillant, ouvert à l’autre afin de l’écouter ? Enfermé dans son urgence à avancer, il réagit comme il peut : il évite.

  • Peut-être puis-je observer la réaction de Benjamin comme la manifestation de son état émotionnel. Face à une situation qui fait choc pour lui, il se tait (et bafouille). La scène revisitée plus tard et le désir d’être entendu génèrera d’autres réactions de lutte (de colère), d’évitement (d’anxiété) ou de repli (de lassitude).
  • Peut-être puis-je entendre un phénomène de contagion, de mimétisme, au sein de l’équipe. Chacun réagit à son tour. Chacun entre en résonnance avec l’émotion de l’autre, et vient y ajouter son histoire qui vient amplifier, justifier…

Revenons à notre exemple en entreprise : l’écoute, pour prendre toute sa place et créer les liens si importants dans nos organisations, a besoin de s’appuyer sur la connaissance du processus émotionnel et sur sa logique émotionnelle.
L’absence d’écoute, ou bien une écoute de mauvaise qualité, est bien le contraire de ce qui est attendu au sein des organisations.
Dans la plupart des chartes d’entreprises, le manager, hiérarchique ou transverse, comme le responsable de projets se doit d’être un « leader » qui donne du sens, partage une vision. Il motive, fait grandir et pratique le participatif et le collaboratif au sein des équipes. Et pour cela, au-delà de savoir s’affirmer, d’être un bon professionnel, il se doit d’être un bon écoutant.

Ainsi, dans la dernière étude menée par The Standish Group en 2015, comparant le Top 10 des facteurs de succès et des facteurs de gain de valeurs pour les organisations, la maturité émotionnelle apparaît respectivement à la deuxième place et à la cinquième place.
Les organisations sont invitées à porter une attention toute particulière à la « Maturité émotionnelle » de leurs collaborateurs. « La maturité émotionnelle mène à un écosystème de projet sain qui supporte et promeut entre autres, les compétences de connaissance de soi, de sensibilité aux problèmes sociaux, de maîtrise de soi, et capable de gérer les relations interpersonnelles. »


... alors à « bon entendeur » ….

 

Sophie Libaud  psychopraticien en logique émotionnelle


L‘émotion, une vérité ?

Juin 2018

l

 

A la sortie d’un spectacle, lorsqu’on les interroge, les gens disent, les yeux brillants d’excitation : « ah oui, c’était bien ! ET il y avait de l’émotion ! » A la radio, récemment, un cinéaste célèbre essayait de partager son ressenti sur un film, il patinait sec… Finalement, le ton joyeux (euréka), il déclara : « il y avait de l’émotion ! Et donc de la vérité !»


La surprise, c’est que les gens ne disent pas « il y avait de la joie, de la tristesse, de la colère, de la peur ».

Le plus souvent, ils disent « il y avait de l’émotion ». Ils s’arrêtent là et considèrent qu’à partir de ce moment-là, c’est compréhensible et partageable.


Pourquoi rencontrons-nous si souvent cette difficulté à nommer nos émotions ? Peut-être, parce que :

  • Nous confondons trop souvent émotions et sentiments
  • Nous n’avons appris ni à reconnaitre ni à nommer nos émotions.
  • Nous ignorons que nos émotions nous aident à prendre des décisions.

L’émotion est une réponse physique (quelques secondes) à un stimulus qui génère comme une onde dans notre corps.

Cette première sensation peut ensuite se transformer en sentiment et en re-sentiment.


Notre humaine nature fait qu’à chaque moment, nous devons revenir à l’homéostasie, c'est-à-dire à l’équilibre de notre système corps-esprit.

  • Ma tristesse m’avertit que mon comportement ne satisfait pas mon désir dans la situation dans laquelle je me trouve.
  • A l’inverse, ma Joie me dit que mon désir est comblé, mais pour un moment seulement, car la vie est un mouvement perpétuel où « Chaque chose, chaque être, cherche en permanence à persévérer dans son être ». (Spinoza). D’autres situations vont survenir qui éveilleront d’autres désirs…

Ne trouvez-vous pas épatant qu’un jeune homme nommé Baruch SPINOZA au 16ième siècle ait mis en exergue des principes que les neurosciences vérifieront 400 ans plus tard ? Imaginons ensemble la Hollande du 16ième siècle :  pas de télé, pas de lumière électrique. Des nuits froides et noires, une chandelle à la lueur orangée dans une cabane, mal chauffée au bois. Baruch, 25 ans, cheveu long et tunique noire, trempe sa plume dans l’encrier et accomplit son œuvre. Il s’appuie sur son expérience et nous donne à voir « la vérité de la subjectivité », non dans une opposition à l’objectivité, idéalisée dans les sciences, mais comme un sujet qui assume en première personne ce qu’il dit, et met son propos en perspective de ce qu’il vit. Une forme d’honnêteté à l’égard de ce que nous vivons…

 

A coup sûr, un beau film à faire, où il y aurait de l’émotion… En attendant, nous pouvons lire « le problème Spinoza » de Yalom et « Spinoza avait raison » de Damasio.


En étudiant la Logique Émotionnelle et en devenant psycho-praticienne, j’ai pris conscience de l’importance fondamentale du processus émotionnel. En premier lieu, c’est mon cerveau reptilien qui reçoit l'information de ce que mes sens voient, entendent, etc. Mon corps a une sensation et réagit. Ce n’est qu’ensuite que mon cortex cérébral intellectualise, raisonne... et anticipe. J’y ai gagné de la liberté en reconnaissant que non, je n’étais pas toute-puissance car une partie du système émotionnel est automatique, et donc m'échappe par nature, et que oui je pouvais agir en adaptant mon comportement  grâce à mes capacités d'anticipation. J’ai pu comprendre que se mettre en colère à l’insu de son plein gré prouvait juste que nous ne connaissions pas notre processus émotionnel.


Alors oui, l’émotion est une vérité.

C’est même une sacrée vérité, voire une vérité sacrée.

Connaitre son processus émotionnel nous libère et peut nous aider à mieux vivre. Ça vaut le coup, non ?

 

Jocelyne Pringard psycho-praticien en Logique Émotionnelle


Toute la vérité sur le parler vrai

Mai 2018


Qui n'a jamais entendu quelqu'un vanter les mérites du parler vrai ?

 

Encore bien nommé parler "cash" où la personne dit ce qu'elle pense franchement et assène à l'autre ses quatre vérités ! Mais, en apposant ces mots, parlons-nous vraiment de la même chose ? Et de quoi parlons-nous lorsque nous parlons "vrai"? Voici quelques éléments de réponse avec l'aide précieuse de la cartographie de la logique émotionnelle (LE).

Remontons le cours du temps.

Au 16ème siècle apparaît l'expression "dire ses vérités". Il s'agit de dire à l'autre des choses "vraies ou justifiées" sur lui, principalement négatives, sans hypocrisie, qu'il ait envie ou pas de les entendre... autrement dit exprimer des pensées critiques, jugements et évaluations sur l'autre en mode "lutte" ! Et la pratique s'est perpétuée au fil du temps. Les fameuses vérités marchent depuis par quatre, chiffre symbole du tangible, carré, immuable.

Mais vrai et juste pour qui et se fondant sur quoi ? 

Difficile de donner un sens univoque au mot "vérité", tant les définitions, théories – et controverses ! – sont nombreuses, bien supérieures à quatre d'ailleurs... Première conclusion : pas de vérité absolue donc. Comme l'écrivait Montesquieu dans ses Lettres Persanes : "Que veux-tu que je te dise ? Vérité dans un temps, erreur dans un autre". Laissons-nous alors tenter par la proposition de Voltaire dans le dictionnaire philosophique : "Humainement parlant, définissons la vérité en attendant mieux : ce qui est énoncé tel qu'il est". 

Formule dont nombre de dictionnaires se font l'écho. La vérité est notamment définie comme ce qui est conforme à la réalité, à ce qui est. Le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) précise : la réalité, "la chose réelle" s'appréhende d'abord comme ce qui existe indépendamment du sujet, est dégagé de la subjectivité du sujet, ce qui n'est pas le produit de la pensée. Raisonnons ici par l'absurde : si vérité et pensée sont analogues, la pensée est semblable à la réalité qui est différente de la pensée : hum, hum... Parler vrai n'équivaut pas ainsi à dire ce que je pense.

Ce que corrobore la LE : nos habitudes, y compris mentales, donc la pensée exprimée, sont mues par ce que nous cherchons à garantir, en termes de sécurité, identité ou sens. Et quand nos pensées s'inscrivent plus durablement dans notre esprit sous forme de représentations, d'interprétations ou de croyances, c'est   "sous l'influence" de nos ressentis, et d'abord, de nos peurs (!) et non d'un élément factuel. 

Autre poids dans la balance : la vérité, dans sa première acception donnée par le Littré, est cette qualité par laquelle les choses apparaissent comme elles sont. Bien... sauf que les choses nous apparaissent par l'intermédiaire de nos sens. La LE (grâce aux neurosciences) nous permet d'affirmer que nos perceptions ne sont jamais objectives, pour de simples raisons biologiques d'abord, et parce qu'elles sont soumises ensuite à nos filtres, à l'insu de notre plein gré. Verdict : le vrai du parler vrai ment ou, du moins, est vrai... et pas vrai !

Alors, qu'est-ce qui est réellement vrai ? Au sens de la LE, c'est ce que nous éprouvons, à savoir la sensation qui fait immédiatement suite à une perception. C'est l'effet dans le corps de ladite perception. C'est une information automatique que redonne le corps au cerveau reptilien, pour générer une réaction de défense visant à retrouver l'homéostasie, autrement dit l'équilibre corporel.

C'est, un peu plus loin dans le temps, le ressenti, information elle aussi corporelle, qui nous indique si le comportement que nous adoptons pour garantir notre désir fonctionne ou pas sur le long terme. Le ressenti est agréable quand la stratégie répond au désir. Un ressenti inconfortable, de peur, colère ou tristesse, invite à adapter notre habitude comportementale dans ce cas. Parfois, nous payons le prix fort, cash, sous forme d'émotivité et stress – avec son corollaire de maladies psychosomatiques, fonctionnelles voire organiques – l'inadaptation de notre comportement... qui répond, mais seulement partiellement, à notre élan vital.

Cette habitude de parler "vrai", comme nous aimons à nous le raconter, a une valeur et un sens, que la LE peut aider à révéler. S'exprimer permet déjà de s'ôter de la pression. La "franchise" dont nous faisons preuve parle, étymologiquement, d'une liberté à garantir. Dire ces quatre vérités à l'autre peut satisfaire à ce désir identitaire, cet appel de notre singularité à s'affirmer en face de l'autre... Et à bien d'autres encore : un désir de valorisation – parler cash c'est parler comptant et ce qui compte, c'est ce qui a de la valeur – ? ou le "vrai" répondrait-il à un désir de certitude, rectitude et ainsi droiture – morale... à défaut d'être corporelle –  ? Mais en parlant cash sur l'autre, nous nous cachons à nous-même. Dans l'urgence de répondre, nous évitons de voir ce qui nous a impacté, d'en sentir le choc et nous hypothéquons la qualité de la relation à l'autre.
 
Rappelons-nous que si la parole est d'argent, le silence est d'or. Un silence à mettre à crédit pour entendre le vrai qui résonne en nous et brille, nous montrant la voie (voix?) à suivre. Pour identifier ce qui nous impacte concrètement dans la situation. Pour répondre de manière plus juste et responsable à notre désir de vie.

"Je suis plutôt un mensonge. Un mensonge qui dit toujours la vérité" (Jean Cocteau – Le menteur)

 


Gérald Testé  psycho-praticien en Logique Émotionnelle


Le travail, une voie à sens unique ?

Avril 2018

Commençons par un clin d’œil en musique sur une chanson de 1965 d’Henri Salvador, qui comme chacun le sait, exerçait encore son métier sur scène à 90 ans.


« Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver, les prisonniers du boulot, font pas de vieux os »


Et tout récemment une enquête de 2017 de la CFDT sur le rapport des Français au Travail réalisée auprès de 200 000 personnes indiquait notamment que 70% des français rigolent « souvent ou tout le temps » au bureau, et qu’à l’inverse un tiers d’entre eux ont « le sentiment d’être une machine » sans autonomie ni responsabilité.


Quel sens a le travail dans nos vies, ce travail qui peut représenter largement plus du tiers de notre temps et focaliser une grande part de notre énergie mentale ?
La Logique Émotionnelle nous donne une grille de lecture de cette question, à plusieurs niveaux et notamment :

  • L’importance du sens que chacun recherche dans sa vie et qui nourrit les besoins biologiques d’un humain, animal social, dans le prolongement de sa sécurité et de son affirmation identitaire.
  • L’incroyable capacité que nous avons tous à nous raconter des histoires et à construire les représentations qui nous arrangent de ce monde dans lequel nous vivons, capacité que les neuroscientifiques vont jusqu’à qualifier de fictionnelle.
  • Le systématisme des stratégies comportementales que nous exprimons de manière répétée, au nom de nos désirs, pour avoir toujours plus de la même chose, tout simplement pour « être ».
  • Que ce sont bien ces désirs qui sont à l’origine de nos actions, de nos ressentis et de nos représentations du monde, et qui peuvent nous conduire à nous enfermer dans des certitudes très personnelles.
  • Que dans le domaine professionnel et social aussi, ces désirs se renforcent par des phénomènes mimétiques très puissants.

Que dire alors de cette affirmation qu’un encadrement au travail « doit être porteur de sens » ?
Le sens est celui que donne le chef ?

Ou bien le sens est celui que la collectivité doit construire, à plusieurs niveaux, à travers une approche collégiale animée par l’encadrement ?


Les sociologues des organisations notamment ceux qui se consacrent à l’étude des HRO (High Reliability Organisations), comme Christian Morel, soulignent l’importance de la collégialité comme une règle essentielle de la fiabilité et de la performance, dans laquelle le développement de chaque personne et celui du collectif se conjuguent.


A quoi me sert ce que je fais ? quelles sont nos aspirations collectives ? comment donner du sens à travers le renforcement de la collégialité ? Comment chacun peut-t-il mettre l’affirmation de soi au service du sens, de la mission, de la finalité pour un bénéfice partagé et respectueux de l’écologie du groupe, et de l’écologie de chacun dans le groupe ?


Les Psychopraticiens en Logique Émotionnelle intervenant dans le cadre des entreprises et des organisations peuvent témoigner que la Logique Émotionnelle est un outil très puissant pour améliorer le fonctionnement collectif, fondamentalement utile dans le coaching individuel ou d’équipe, pour favoriser l’apprentissage et faciliter l’appréhension du changement.


Il s’agit pour chacun de développer son attention, sa créativité et son leadership à partit de son expérience du processus émotionnel, plutôt que sur les interprétations, les normes, les fantasmes de contrôle et l’évitement.


Olivier Vidal psychopraticien en logique émotionnelle


Désir et Habitudes, un duo souvent bien turbulent !

Mars 2018

 

Question : « Au nom de quel désir est-ce que je fais ce que je fais ? » 
Un témoignage en guise de clin d’œil…
« Avec vous, Stéphane*, c’est toujours la même chose : embrouilles et histoires ! …


Je vous confie un nouveau projet et ça devient tout de suite compliqué ! Vous passez votre temps à remettre en question les objectifs, les critères de décision, les gens avec qui vous devez travailler, le timing du programme, l’ordre du jour des réunions, les outils à utiliser et je ne sais quoi encore… Le projet piétine de votre fait, ça ne peut pas durer. Il va falloir que ça change, ou alors… Vous le faites exprès ou je me trompe ?  Pour moi c’est du sabotage pur et simple !!!! Si vous êtes incapable de mener ce projet, autant le dire tout de suite. »


Paul, responsable du service « nouveaux projets », regarde un moment Stéphane se tordre les mains,  silencieux, regard gêné, et lui pose la question : « Mais enfin, Stéphane, qu’est ce qui se passe ? »


Examinons avec vous, lecteur de ce clin d’œil, ce qui se passe...
Quelle est donc la motivation de Stéphane, à quel désir répond-il en faisant ce qu’il fait ?

Comment la LE peut-elle aider Stéphane à se responsabiliser de son comportement pour faire face à son boss ?
Écoutons-le préciser ses comportements qui consistent à « remettre en question » les différents aspects d’un projet, comportements perçus par Paul comme « récurrents et excessifs, comme étant du sabotage ».
Stéphane : « je pose beaucoup de questions, je cherche des précisions, je doute de la légitimité de mes collègues et me brouille avec certains, je réinterroge le bien-fondé des décisions, je rajoute des points à l’ordre du jour des réunions, je soupire quand certains prennent la parole, j’évite de rendre des comptes sur l’avancée de mon travail, et quand mon boss m’interroge, j’élude souvent les questions… »


La LE prend en compte ses comportements, habituels et automatiques dans le cadre de son travail, et interroge Stéphane sur le désir qu’il satisfait à faire ce qu’il fait comme il le fait. Au point de ralentir le projet et de le mettre en péril ! Au point de mettre son poste et son emploi en péril !

  • Un désir d’avoir de la liberté d’agir comme bon lui semble ?
  • Un désir d’avoir la main et le contrôle sur le projet ?
  • Un désir d’avoir de l’autonomie dans ses initiatives ?

Seul Stéphane le sait. La biologie nous apprend que ses comportements sont efficaces pour lui sur le court terme mais ont des conséquences sur les autres, la qualité de son travail et sa place dans le groupe au long cours.


Pour autant, Stéphane ne peut échapper à sa logique émotionnelle, et donc à son désir d’avoir de quoi être, en l'occurrence toujours de la liberté répond il.
Cette mise en conscience effectuée, Stéphane réalise qu’à force de vouloir avoir toujours de la liberté, il entretient surtout ses peurs d’être empêché et dominé… Plus il fait un peu plus de la même chose, et plus il est stressé !


Redonnons la parole à Paul et à Stéphane
« Mais enfin, Stéphane, que se passe-t-il ? » lui redemande Paul.
Stéphane « A vous écouter, Monsieur, je me rends compte des conséquences de mes habitudes comportementales, celles d’avoir toujours de la liberté d’action (et de l’autonomie…). Je vois mieux quelles conséquences elles ont sur moi, sur mon travail et aussi sur les autres. Je vois mieux aussi comment je peux répondre à mon désir de liberté d'action et j’ai envie de mettre ce désir au service du projet. Je vais agir en ce sens et vous propose de faire un point dans deux semaines. »
Témoignage de Stéphane : « C’est en découvrant la logique émotionnelle que j’ai pu exercer un examen minutieux dans ces situations professionnelles. J'ai progressé dans la compréhension de mes mécanismes défensifs et j'ai pu m’ouvrir à d’autres façons de m’adapter, beaucoup plus écologiques pour moi et beaucoup plus fluides pour mes relations. »


Maïté Pecqueur

Psycho-praticienne, et le témoignage de Stéphane (*dont le prénom a bien sûr été modifié …)


Le bienfait de se tirer une balle dans le pied* !

Février 2018

 

Le bienfait de se tirer une balle dans le pied* !

Qui de nous ne s'est jamais entendu se dire "je n'y arrive pas, je suis nul, je ne fais pas ce qu'il faut, je ne peux pas faire plus, je n'ai pas confiance en moi, je ne suis pas assez, je ne sais pas dire non..." Ou sous une autre forme "il faudrait que j'arrête de penser trop, de m'agiter, de m'énerver... il faudrait que je m'occupe davantage de mes enfants, de mon couple, que je sois plus disponible à mon travail, mieux concentré, il faudrait que j'ai une meilleure estime de moi..."


Que d'injonctions à être autre que ce que nous sommes ! Notre entourage a beau faire, nous rassurer que oui nous sommes capable, que nous allons y arriver c'est une question de patience... Qu'on est un homme compétent, une femme formidable, une fille marrante, que nous avons plein de ressources... On a beau lire des livres et écouter les psys qui nous donnent la bonne voie à suivre pour mieux penser, être plus positif, plus confiant... Rien n'y fait, la petite voix intérieure persiste et signe, et on continue à ruminer.
Alors à quoi peut bien servir de se tirer une balle dans le pied ? Car quand même, c'est une voie douloureuse, que nous ne cessons d'emprunter, d'y passer et d'y repasser ! Justement, à revenir à la douleur, à notre corps existant, comme il est. La douleur au pied fait que vous ne pouvez plus l'ignorer.
Car il y a une intention biologique à cette petite voix en soi, un élan vital.


Entre le "tout parfait" et le "nul", il y a "qui je suis comme je suis" que tente de faire entendre la dévalorisation de soi, pour revenir à ses ressources, comme elles existent. Nous sommes tentés de vouloir être plus et davantage que ce que nous sommes, avec un idéal de surpuissance pour répondre à notre existence, avoir une place, une valeur. Or il y a (plein) des moments où nous sommes moins bon que nous ne l'aimerions.


La LE nous propose d'abord d'entendre le sens vital que contiennent ces formules. Rester en deçà de son savoir, nier sa valeur, réduire son image, voire son existence, va enclencher des ressentis et des sentiments douloureux qui vont presser la personne à répondre à la finalité d'être, chère à Henri Laborit et aux neuro biologistes, qui abordent les comportements par la biologie du corps. Chercher à y substituer des formulations positives sans comprendre le sens de la négation de soi revient à se tirer une deuxième balle dans le pied car cela augmente la pression intérieure et le niveau de douleur.


Alors pensez-y, la prochaine que vous vous entendrez vous dire "je ne peux pas, je ne sais pas, je ne comprends pas, je n'y arriverais pas..." Demandez-vous quel est le bénéfice ? Ces formules, paradoxalement, répondent déjà au désir d'homéostasie. Quel élan vital peut bien s'y cacher ? Revenir à ce que vous pouvez, à ce que vous savez, à ce que vous comprenez, à ce que vous arrivez déjà ? En somme, revenir à vous, chez vous ? Entre le soi annulé et le soi idéalisé, il y a le soi existant et vivant !


Sylvie Alexandre Rochette


* L'opposition dynamique entre échec et réussite peut devenir le moteur même de notre progrès ;

Ch. Pépin, les vertus de l'échec.


Tous nos vœux

Janvier 2018


Tous nos vœux pour une bonne année 2018, et surtout la santé !

 

Quand le rythme extérieur des saisons se retrouve dans nos rituels culturels...
Nous voilà tous sur le starting block des 12 coups de minuit, prêts à envoyer nos vœux, heureux de transmettre ces mots qui augurent du meilleur pour chacun. Gare à celui ou celle qui oublierait. Il pourrait se sentir coupable de priver ses proches de ces bons présages.


Notre culture serait-elle donc inspirée, malgré nous, par un rythme qui nous échappe ? Alors qu’elle s’envole vers une technicité toujours plus envahissante, serions-nous à ce point branchés sur le mouvement de la nature ? Branchés, infusés, nourris, influencés par elle ?


La réponse est oui.

Oui nous ne pouvons échapper au champ de la vie, bio-logique qui anime l’être vivant que nous sommes d’abord. Rites culturels, rythmes internes et externes sont reliés inéluctablement. La nouvelle année n’est pas seulement celle du calendrier, elle est celle de l’inversion du mouvement homéostasique entre les saisons, du temps des jours et des nuits. Un rythme sur 365 jours un quart. Homéostasie que nous retrouvons dans le corps et ses temps de vide et de plein, de pause et d’activité. Homéostasie que nous retrouvons enfin dans la culture des rites qui scandent la vie en société de façon diverse. Mais avec en plus la marque que les Hommes (la majuscule rappelant que le masculin est ici un neutre animé et non le reflet linguistique d’une domination masculine…) ont ajouté grâce à leur aptitude à construire des histoires : ils accentuent la bonne nouvelle du retour de la lumière, de la vie sur la mort.


Ne boudons pas notre plaisir à participer à ce rituel d'échanges, en sachant qu’il accompagne le mouvement naturel auquel nous participons. Mieux encore, ajoutons la conscience de ce qui se joue là et retrouvons ensemble ou individuellement les rituels qui pourraient nous aider à fêter notre nature vitale.


Individuellement, comment contribuer à ce rite qui nous rappelle à notre bio-rythme ? Nous pouvons le laisser sous l'influence des astres... ou nous pouvons collaborer. Notre corps a la capacité naturelle de s'auto-guérir et de répondre aux stimulus extérieurs. C'est la réponse du cerveau reptilien dont la fonction est de gérer l'équilibre homéostatique du corps. Un corps souple, relâché, permet une meilleure respiration, ample et profonde. Un corps souple avec une respiration ample et profonde permet un esprit calme et serein. Un esprit calme et serein permet au corps de se relâcher et de se détendre. Boucle vertueuse à laquelle nous pouvons participer en nous adonnant quotidiennement à un rite, un rituel pour prendre quelques minutes pour nous accorder à ce rythme intérieur... et répondre plus sereinement à nos besoins fondamentaux.


Bonne année, bon rite et bon rythme à chacun d'entre vous !


Catherine Aimelet Périssol et Sylvie Alexandre Rochette