Presse

Apprivoiser ses émotions, un défi en temps de confinement

 

Rester chez soi provoque ou exacerbe des pics émotionnels qu’il n’est pas toujours simple de contrôler. Conseils pour ne pas se laisser submerger par le stress ou la peur.

 

Par Marlène Duretz

Publié le 10 avril 2020 à 00h05 - Mis à jour le 15 avril 2020 à 14h47

 

Dans un immeuble de Montpellier, le 1er avril.
Dans un immeuble de Montpellier, le 1er avril. JULIEN GOLDSTEIN POUR « LE MONDE »

 

Les tant escomptés « libérés, délivrés » devront attendre. Dans les foyers français quasi en huis clos, ils ont inexorablement cédé du terrain aux désormais « apeurés, angoissés ». Le contexte tout aussi exceptionnel qu’incertain de la crise sanitaire du coronavirus contribue à exacerber chez chacun des émotions avec lesquelles il n’est pas toujours facile de composer en ces temps confinés.

 

« Ce n’est pas parce que nous sommes tous en situation de crise que l’on dispose du même appareil psychique, observe le psychiatre Michel Lejoyeux. Nous avons chacun à faire face à des situations extraordinairement inégales, avec des capacités de résistance et de résilience tout aussi disparates. »

 

Lire la sélection : Cinq applis pour méditer en pleine conscience

 

Nombreux sont les confinés anxieux, déjà sur les nerfs, avouant avoir perdu leur sang-froid, hurlé sur un conjoint ou un enfant, ou encore avoir cédé à la tristesse ou au désarroi. Perdre les pédales, péter une durite, ne pas voir le bout du tunnel, être sous l’eau… le florilège des expressions est aussi fleuri et divers que la palette des émotions.

 

« Cette situation est révélatrice de mouvements émotionnels tout à fait variés, même si on peut les rassembler en quatre grandes catégories, à savoir la tristesse, la joie, la colère et la peur, cette dernière étant la plus présente aujourd’hui, selon la psychothérapeute spécialiste des émotions Catherine Aimelet-Périssol. Cette période va nous permettre de découvrir, si on l’ignorait encore, que nous sommes des êtres émotifs et quel rapport nous entretenons avec nos émotions. »

 

« Pas de mauvaises ou de bonnes émotions »

 

Cette mise entre parenthèses est un bouleversement profond de nos habitudes, de nos rapports aux autres, ainsi que de notre espace de vie. Pour l’auteure de Ma bible des émotions (éd. Leduc.s, 2019), « plus la situation est autre de ce qu’on voudrait qu’elle soit, plus cela nous est difficile de nous y adapter et plus elle favorise l’anxiété ». Et de souligner l’intérêt de « visiter notre intériorité » pour prendre le recul nécessaire.

 

« Il n’y a pas de mauvaises ou de bonnes émotions, il y a juste des émotions qui nous disent quelque chose de notre existence. Et ce que nous pouvons faire est d’aller à leur rencontre. Pour en tirer profit bien sûr, mais surtout pour prendre soin de soi. » Et a fortiori des autres.

 

Lire l’enquête : « Je suis comme un lion en cage », être seul et confiné dans un 18m2

 

Outre cette introspection, et une nécessaire communication avec celles et ceux avec qui l’on est confiné, rendre le moment supportable, c’est aussi gérer le temps – en instaurant des plannings par exemple – et l’organisation des espaces dont on dispose.

 

« Structurer son espace et son temps permet de favoriser les repères et d’instaurer de nouveaux rituels », suggère la psychothérapeute. Cela requiert d’être créatif aussi pour adapter ce qui doit l’être, et inutile de faire cavalier seul. « Ce n’est plus “comment je vais faire”, mais “comment nous allons faire”. Ce qui implique de s’inscrire dans le collectif, à l’échelle d’une famille, d’un couple, avec ou sans enfants, ou de colocataires ! Et cela n’exclut pas ceux qui sont confinés seuls. »

 

Réhabiliter l’altruisme

 

« Il revient de mobiliser ses ressources pour faire face à la quarantaine », recommande Michel Lejoyeux, passant en revue les préconisations des psychiatres du King’s College de Londres (The Lancet en mars) parmi lesquelles réhabiliter l’altruisme, pour être moins égoïste et autocentré, entretenir les liens, et ce malgré l’isolement physique, pratiquer une activité physique, se distraire pour résister, s’évader ou sortir de l’ennui, mais encore se livrer à la rêverie.

 

« Imaginez-vous des moments agréables, filmez-les comme dans une vraie séance de cinéma, souligne-t-il. Même si ce n’est qu’en imagination, votre cerveau et votre esprit ont traversé un moment agréable, l’ont vu, presque déjà vécu en attendant de le vivre vraiment, le plus rapidement possible. »

 

Lire le compte-rendu du tchat avec Wissam El Hage, psychiatre au CHU de Tours : « En confinement, notre pire ennemi, c’est l’incertitude, source de beaucoup d’anxiété »

 

Selon Catherine Aimelet-Périssol, cette période est propice pour « être indulgent, tolérant et bienveillant avec l’être émotif que nous sommes ». Les sautes d’humeur ne sont pas incongrues, les incertitudes et les peurs nombreuses et déstabilisantes.

 

Pourquoi ne pas tenir un journal de bord du confinement, par exemple, pour « poser un certain nombre de choses projetées qui, à la relecture, permettent d’être relativisées » ou encore réaménager ses espaces de vie, pour se les réapproprier ? « C’est une façon de reprendre le contrôle et cela reste accessible à tous. »

 

Notre sélection d’articles sur le coronavirus

 

Marlène Duretz

 

Site du journal Le Monde


Janvier 2020

Arrêter de se faire des nœuds au cerveau

Les pensées s’emballent, les émotions s’emmêlent, la crise de panique guette... Comment stopper la machine et retrouver un peu de légèreté ? Catherine Aimelet-Périssol a livré ses conseils sereins et apaisants à nos internautes.

 


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Le Télégramme - Lundi 24 septembre 2019

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Toxiques. Ces amis qui ne font pas du bien

L’amitié est un lien précieux fait d’affection et d’une fine compréhension mutuelle. Pourtant, parfois la relation se fausse et alors l’amitié nous étouffe.
Léa était ma meilleure et presque ma seule amie, raconte Carole.
« Pourtant le jour où je lui ai annoncé que j’allais me marier en novembre. Elle m’a répondu froidement : “tu voulais être sûre d’avoir un sale temps ? ‘Cela a gâché ma joie, puis j’ai réalisé qu’avec elle, c’était
toujours comme cela et que, peut-être, ce n’était pas normal » ...


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La Croix - samedi 21, dimanche 22 septembre 2019


Jeudi 03 octobre 2019


Mercredi 17 avril 2019


Février 2019

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Septembre 2018

Travailler sa colère


Janvier-février 2019

Ses émotions le débordent


Octobre 2018

Dix clés pour trouver l'équilibre


Juin - août 2018

Mieux réagir aux émotions pour ne pas tomber malade


Aout - Septembre 2018

Á chaque émotion, sa solution

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3-6 ans : Á chaque émotion, sa solution
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Mai - Juin 2018

La culpabilité, une douleur nécessaire

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La culpabilité : Une douleur nécessaire
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Extrait du Journal des Enfants - 5 avril 2018

Dossier de la semaine : La maladresse

 

Interview de Sylvie Alexandre Rochette par Édith Alberts

 

Interview de Sylvie Alexandre Rochette

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Découvrir le bon sens de nos émotions

Interview du Dr Catherine Aimelet-Périssol "Découvrir le bon sens des émotions ?"

 


Comment faire face à nos émotions


Mon enfant est archi-émotif


xxxxxxx


Quelle est votre "émotion mère" ?

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Psychologie magazine. Quelle est votre "émotion mère" ?
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Trouver son équilibre émotionnel

Afficher un sourire vaillant en toutes circonstances, exprimer avec parcimonie sa joie ou sa colère, faire passer la raison avant la passion…

 

La psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol décrypte quelques manifestations du contrôle émotionnel et donne des clés pour apprendre à lever ses inhibitions.

 

 

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Ces émotions qui nous font vivre

« Apprends donc à gérer tes émotions ! »

 

entendait-on souvent enfant avant de nous-mêmes répéter cette phrase aux nôtres. Or, ces fameuses émotions qui nous gâchent parfois la vie ne sont rien d’autres que des réflexes archaïques de survie qui nous sont indispensables. Comment faire pour les digérer et vivre mieux avec elles ?

 

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Gare aux gaffes

Les bourdes, on les dit plus vite qu’on ne les pense…

 

Même si, au final, on ne gaffe jamais tout à fait par hasard, explique la psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol. N’est-ce pas, Warren Beatty ?

LE MONDE | 02.03.2017 à 16h16 | Propos recueillis par Marlène Duretz


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Lien fonctionnel le 18 avril 2017


Pourquoi certaines personnes ruminent constamment ?

Pourquoi certaines personnes ruminent constamment ?

Par Sevin Rey | Le 10 février 2017

 

Vous passez des heures à ressasser les mêmes pensées ? Deux experts nous en expliquent les causes et donnent leurs astuces pour faciliter le quotidien.

 

Extrait :

 

Un processus naturel

 

Pourtant tout le monde rumine... Surtout les chameaux : «Les animaux le font pour rendre la nourriture plus digeste et nous, humains, nous ruminons pour digérer les évènements, c’est-à-dire assimiler une réalité difficile ou nouvelle», explique Catherine Aimelet-Perissol, médecin homéopathe, psychothérapeute et auteure du livre Émotions, quand c’est plus fort que moi (Éd.Leduc.s). Ruminer est donc normal quand on est face à des situations compliquées et imprévues, comme une personne en retard, un bulletin de note désastreux de votre enfant ou une remarque désobligeante d'un(e) collègue.

 

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Lien fonctionnel le 3 mars 2017