Logique Emotionnelle et Neurosciences


« Chaque chose, selon sa puissance d'être, s'efforce de persévérer dans son être. » Spinoza


 

« Le cerveau ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. »

 

Cet aphorisme devrait être prolongé d’un autre « le cerveau s’use quand on s’en sert mal ».

Quand nous nous fondons sur sa plasticité, sur le dialogue entre les deux niveaux de traitement de l’information, l’un reptilien et automatique, l’autre cognitif et réflexif, sur sa capacité mimétique avec les neurones en fuseau et les neurones en miroir, sur l’empathie, sur la résonance des mots…, alors le cerveau devient un allié de notre développement.

Mais quand nous résistons à son exceptionnelle plasticité, quand nous voulons fuir notre propre nature, que nous luttons contre elle et cherchons à maîtriser son fonctionnement, ou que nous subissons nos automatismes et nos habitudes acquises, alors, le cerveau nous enferme parce que nous nous fermons à lui.

 

Et si les neurosciences établissaient les bases d’un nouvel usage de soi, respectueux de notre nature psychocorporelle, par un usage plus juste de notre système nerveux ? Telle est l’idée de la Logique Emotionnelle, entendre les maux et les mots qui disent cet usage contrarié de soi, en devenir conscient pour s’ouvrir aux capacités créatives qui sommeillent en chacun de nous.

 

La Logique Emotionnelle fonde son processus sur l’observation du fonctionnement du système nerveux. Du système nerveux et non seulement du cerveau, puisque notre nature psychocorporelle est, par définition, dynamique.

Nous sommes en effet récepteurs des informations circulant dans le milieu dans lequel nous vivons, et émetteurs vers ce même milieu ; entre les deux, nous nous sommes adaptés pour donner la réponse la plus sensée.

Celle-ci devra obéir aux lois physiologiques de notre corps, communes à l’ensemble des êtres vivants humains, mais aussi aux informations enregistrées comme des lois au niveau de notre mémoire psychique.

Voici quelques pistes pour vous donner envie d’aller chercher parmi les meilleurs auteurs spécialistes des neurosciences de quoi alimenter votre intérêt pour la Logique Emotionnelle (LE).

Comprendre comment ça marche

Les travaux d’Henri LABORIT* fondent la compréhension neurobiologique de nos comportements réactifs de défense par la fuite, la lutte et l’inhibition de l’action (repli sur soi dans la LE).

Deviennent explicites avec son approche les mécanismes du stress, cette redondance auto-entretenue de ces mêmes comportements par les représentations mémorisées au niveau du cerveau limbique.

Tous les ouvrages d’Henri Laborit sont passionnants, tant sur ses expérimentations que sa personnalité.

 

La LE se fonde aussi sur les travaux de Antonio DAMASIO*, professeur de neurologie et de psychologie, spécialisé dans l’étude neurologique de l’émotion et de la créativité en Californie.

Il est bien connu du public par ses ouvrages. Son équipe et lui ont démontré la mise en évidence des activations des trajets corticaux et sous-corticaux dans la reconnaissance des visages et des objets, l'identification de sites neuronaux impliqués dans le processus des émotions. Il a démontré que les émotions sont impliquées dans la prise de décision.

 

« Quand on étudie les émotions par tomographie à émission de positrons (TEP) chez des volontaires, un changement de conductivité de la peau précède toujours le moment où le sujet remue la main pour indiquer qu'il éprouve un sentiment. Cela confirme que les émotions se manifestent sur le théâtre du corps, les sentiments sur celui de l'esprit. De manière inattendue, une équipe française a aussi montré que l'émotion précède le sentiment de cette émotion en provoquant les symptômes d'une profonde tristesse »

Propos recueillis par Olivier Postel-Vinay in La Recherche

 

Antonio Damasio met clairement en évidence le rôle du cerveau archaïque dans le « schéma homéostasique » qui gouverne l’ensemble des créatures vivantes, « un groupe de consignes opérationnelles que l’organisme doit suivre pour remplir ses objectifs vitaux ; leur essence est simple : si cela, alors, fais ceci ».


Ces consignes sont dominantes au niveau du cerveau reptilien. « Le noyau insulaire du tronc cérébral (cerveau reptilien) est le point d’origine de la sensation (danger = peur) et du mouvement adaptatif de défense de fuite pour garantir le retour à l’homéostasie.
Ces mouvements de la structure corporelle sont non verbaux et non conscients. Mais ils sont exprimés surtout sur la face et les extrémités du corps ».

« La fonction du tronc cérébral est de maintenir la Valeur Biologique dans un mouvement corporel adapté aux événements qui surviennent, et ceci sans mémoire consciente et limbique et sans anticipation (néocorticale).