Logique émotionnelle et méditation


 

Qui eut cru que la méditation, en l’espace de quelques années, allait devenir un phénomène de société, une prescription médicale et une façon de recouvrer un équilibre dans nos vie si agitées ?

Si les stages sont si fréquentés, c’est bien que sa pratique « parle » à nombre d’entre nous.


La logique émotionnelle se trouve en belle compagnie avec la méditation : les deux explorent l’attention à l’existence, opèrent un regard de bienveillance sur ce qu’est être un être humain.

En se posant sur un coussin, le dos élevé vers le ciel à partir d’un bassin bien posé sur terre, les jambes pliées, les yeux ouverts et le regard posé devant soi, nous faisons une expérience étonnante : immobile, nous assistons à notre « réalité psychique » faite de nos commentaires pensés et imagés.

N’ayant rien à faire que porter notre attention sur notre posture, notre respiration, les sons autour de nous, les sensations corporelles plus ou moins éprouvantes, nous accédons à notre existence en direct, sans l’intermédiaire d’actions ou de paroles qui nous définiraient.

Méditer sans autre intention qu’entrer en rapport avec notre cerveau/ corps et notre cerveau/ esprit est une expérience importante. Chaque méditation est unique et ne présage jamais de la suivante. Cette expérience à neuf, au fil de la pratique, entraine notre attention. Non notre concentration, mais notre attention à ce qui est là, dans notre corps comme dans notre esprit. A entrer en rapport avec notre réalité sans adhérer à elle, sans qu’elle soit nous.

Petit à petit, nous apprenons à discerner l’esprit conscient de la présence corporelle immédiate et à voir leur dialogue. Quand l’esprit est sérialité lente et mobile, déductive et volontiers tyrannique par ses effets de croyances, la présence corporelle est rapport immédiat et créatif avec l’environnement. Leur dialogue nous donne à voir notre fonctionnement et nous ouvre au monde, le notre et celui qui nous entoure.

La méditation et la logique émotionnelle coopèrent à notre équilibre, nous permettant d’être vulnérable et dense, corps et esprit, présent et absent. Sans évaluation, sans complaisance non plus. Juste être là, attentionné à la vie qui circule en nous sans avoir, enfin, quoi que ce soit à réussir !