Jean Michel Oughourlian, neuropsychiatre, et auteur de « L’autre qui m’obsède » en 2017, a beaucoup travaillé avec René Girard, philosophe dont les travaux sur le mimétisme ont vu leur intuition confirmée par la découverte de neurones miroirs dans les années 90.

Découvertes qui depuis sont confirmées par de nombreux autres laboratoires, même si leur présentation comme « les neurones de l’empathie » qui a soulevé l’enthousiasme s’inscrit aujourd’hui dans une étude plus mesurée.

 

 

 

 

Les neurones miroirs

Des cellules du cerveau nommées neurones miroirs reflètent le monde extérieur : elles s'activent quand on réalise une action et quand on observe quelqu'un la réaliser. Elles dévoilent comment l'être humain comprend les intentions d'autrui et apprend une nouvelle tâche.

 

Ces neurones seraient responsables du mimétisme, très étudié par sur le plan des comportements en collectivité. Le fait de sentir en soi à partir des perceptions hors de soi, dans un processus d’écho ou de mimétisme, donne sens à la réactivité émotionnelle qui s’opère ensuite de façon automatique.

 

La LE fait appel à la sensorialité immédiate des neurones miroirs pour comprendre comment, en percevant un événement à l’extérieur de soi, nous éprouvons un phénomène à l’intérieur de soi, décrit comme une sensation.

Celle-ci est en écho, en résonance avec ce qui se passe à l’extérieur par l’intermédiaire de neurones dits en fuseau, présent dans notre cerveau reptilien le plus archaïque.

Le mimétisme est décrit par JM Oughourlian comme un phénomène biologique et non psychique. La logique émotionnelle fait le lien entre la réactivité corporelle de survie (fuite, lutte et repli sur soi) et les mécanismes mimétiques de modèle, de rivalité et d’obstacle : influencés par le système de survie reptilien, des représentations s’imposent qui nous font « voir » l’autre comme un rival, un empêcheur, ou un modèle unique.

Alors que la fonction des neurones miroirs est l’apprentissage à partir des gestes de l’autre comme une source d’inspiration.