Bruce McEwen, éminent chercheur sur la biologie du stress.

En dehors de l’immaturité de la mémoire consciente en période prénatale, les causes d'un éventuel dérèglement de ce fonctionnement sont multiples mais la principale semble être la peur elle-même.

Le chercheur a mis en évidence qu'une peur brève mais intense entraîne un appauvrissement en dendrites des neurones activés par cette peur dans l'hippocampe.

Les dendrites, parties réceptrices des neurones, sont des acteurs majeurs dans la formation de la mémoire consciente.

Les dégradations sont réversibles si la peur ne dure pas mais les dendrites sont définitivement endommagées, laissant les neurones isolés, si la peur se prolonge.

Dans ce cas, le souvenir conscient à l'origine de la peur devient inaccessible.

Lorsque la peur se manifeste, il ne subsiste alors aucune piste pour en retrouver consciemment le point de départ. La manifestation sensorielle de la peur reste alors, de fait, la seule trace qui puisse, éventuellement, permettre de remonter jusqu'à l'événement d'origine et de le désactiver consciemment.

En ce sens, des signaux de forte intensité (des sensations physiques fortes reproduites consciemment, par exemple), en ciblant les neurones qui ont été isolés par des dendrites endommagées, peuvent réactiver l'activité de ces neurones et permettre ainsi la restitution consciente de la mémoire.


Par ce mécanisme, on peut imaginer, un peu comme un sourcier s'approche d'un point d'eau avec sa baguette, qu’en remontant consciemment au plus fort de la manifestation sensorielle de la peur et en la revivant pleinement et avec consentement on puisse la désamorcer en « reconstruisant » l’accès endommagé aux neurones concernés.

Dans ce cas, la mise en conscience ne porte plus sur le souvenir mais sur la ré-expérimentation (volontaire et sécurisée) de la peur.

l s'agit là, très probablement, du mécanisme qui sous-tend notre approche.