Le croco pourquoi ?

Il faut savoir que l’émotion a ses raisons que nos raisonnements ignorent !

Ce cerveau reptilien, au fonctionnement non conscient, a son propre langage : l’émotion.
Il est le fondement de notre existence avec 4 tonalités différentes : joie, peur, colère, tristesse.
Le crocodile : notre cerveau reptilien est le plus ancien de nos cerveaux, en charge des fonctions les plus vitales de l’organisme (parfois appelé cerveau archaïque)
Depuis le début de l’espèce humaine, notre cerveau a évolué.

En 1967 paraissait le livre d’Arthur Koestler, journaliste et essayiste, « Le cheval dans la locomotive ». Dans cet essai, qui développait les travaux de Paul Mac Lean sur un cerveau représenté comme triunique – une superposition de 3 cerveaux en un seul - Koestler raconte que quand un thérapeute propose à son patient de s’exprimer, celui-ci serait assis (ou allongé) entre un crocodile et un cheval.
 
Une façon d’illustrer que nos actions sont motivées d’abord par notre cerveau reptilien activant ainsi les fonctions mémorielles.

Depuis, bien des chercheurs en neurosciences ont confirmés que le « crocodile » impulse nos choix, nos décisions avant que n’apparaisse, 300 millisecondes plus tard, un début de conscience.

La grille de lecture LE se fonde sur la neurobiologie : c’est en suivant le mouvement adaptatif du cerveau, suite à la perception d’un événement qui fait choc, que s’est précisée la logique contenue dans nos émotions.

A l’origine, l’émotion est un mécanisme de survie : lorsque le « crocodile » reçoit, via nos 5 sens et (proprio et interoception, un 6ème sens du corps lui-même ), une information reconnue comme un danger, un obstacle ou encore une menace, il déclenche un plan « orsec » : une émotion. Une sensation corporelle va déclencher une réaction, corporelle elle aussi, qui nous permet de nous adapter à ce danger, qu’il soit réel ou qu’il rappelle une expérience plus ancienne.

C’est notre corps qui en premier lieu s’adapte à cet événement déclencheur, matériel comme humain car c’est lui qui, en premier, répond à la finalité de la vie.
« La finalité de l’être, c’est d’être » écrivait Henri Laborit dans “Éloge de la fuite” en 1976.
 
Adaptation corporelle par la FUITE, la LUTTE ou le REPLI sur SOI (ou INHIBITION de l’ACTION). Des réactions automatiques destinées à répondre à la survie.
 
Merci au cerveau reptilien de veiller ainsi sur notre vie en garantissant nos besoins existentiels !
Car ce ne sont pas que les besoins physiologiques qui sont ainsi garantis. C’est aussi la vie de notre corps dans l’environnement, tant matériel qu’humain.
Cette adaptation initiale, crocodile oblige, est particulièrement essentielle dans les premiers temps de la vie.
Petit à petit, au fil de l’évolution, le système de survie s’est automatisé grâce à la mémoire. Nous acquérons des habitudes de vie, des comportements, des pensées et des croyances.
 
Pour satisfaire nos besoins au long cours, nous développons des habitudes défensives : c’est ainsi que nous devenons des personnes stressées.
Nous voilà empreints d’envie de fuir tout souci et nous avons peur de ne pas y arriver ; empreints d’envie de contrôler nos émotions, les autres et nous-mêmes et pleins de colère quand nous échouons ; empreints d’envie de sens et de compréhension et si tristes de nous sentir impuissants.

Le crocodile nous rappelle à l’ordre quand nous cherchons à échapper à notre condition d’être humain ! Avec un cerveau qui retient en mémoire ces expériences de survie ainsi que les apprentissages plus culturels qui lui sont reliés, ils forment un duo de choc : émotion immédiate et rapide plus émotivité installée dans le temps, voilà un socle fiable pour maintenir la vie. Le néocortex, dernier né à l’échelle de l’évolution, utilise les informations de ce duo pour créer, inventer, projeter dans le temps, mettre du langage oral, donner du sens, comprendre...
Toutes actions orientées vers la croissance de la vie. Avec une formidable capacité à (nous) raconter des histoires !

Nous voilà dotés, dans la structure même de notre système nerveux, d’une double aspiration pour exister : instinct de conservation mémorisée et automatique et désir de croissance conscient.
De quoi se faire des nœuds dans le cerveau…sauf si nous pensons et agissons dans la conscience de notre réalité biologique.