Étape 6 : Occuper mon espace intérieur

 

« Je me laisse inspirer par mon agitation intérieure. »

Occuper son espace intérieur : nous laisser éprouver par les sensations déclenchées en nous par une situation-choc, entrer en rapport avec cette réalité humaine et inoffensive qui ouvre la porte à une action mesurée.

 

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En sentant, quand vous dites bonjour à un interlocuteur inconnu, une main molle et moite :

« L’impression d’avoir la main aspirée par un lézard, une boule dans l’arrière-gorge qui me donne envie de vomir, un frisson glacial qui coule sur ma nuque… »

 

En voyant une araignée qui court sur la manche de votre veste…

« Une incroyable crispation au niveau des mâchoires en faisant une grimace de dégoût tout en balayant ma manche avec brusquerie… Ce que j’ai senti dans mon corps ? Avant de balayer l’araignée de ma manche ? Une brûlure dans la poitrine, au milieu, entre le sternum et la gorge… »

 

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La sensation est une information corporelle.

Un message interne, une information de soi à soi, vraie pour soi au moment où elle se produit.

 

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Dans le langage courant, nous nous contentons de dire de nous que nous allons « mal » : mal-aise, mal-être, mal-heureux, mal-fichu… ou bien que nous allons « bien » sans plus de précisions : bien-être, bien-aise, bien-heureux…

Mais, le plus souvent, la sensation est considérée comme un problème et une souffrance. Un problème et une souffrance qu’il convient d’éviter (fuite), d’éliminer (lutte contre), ou de subir (repli sur soi).

Confondre l’épreuve, la sensation éprouvante et le danger lié à l’événement conduit à « surdimensionner » la crainte que l’on peut avoir de « com-prendre » (prendre avec soi) la sensation. La sensation en soi est une information. Elle peut être inconfortable, voire éprouvante, mais ce n’est pas elle qui pose problème !