Étape 2 : Mesurer l'usage de son "Je"

 

« J’exprime ce que je ressens sans l’imposer aux autres ! »

Mesurer son Je et ne pas en faire un moyen de pression sur l’autre : nous fonder sur notre seule réalité et exprimer notre part, toute notre part, mais rien qu’elle.

 

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« Moi qui pensais que je comptais pour toi. Je n’ai jamais oublié tes anniversaires, moi. Je suis déçue, mais surtout, je ne comprends pas ce qui se passe chez toi… Comment tu peux me faire une chose pareille !

C’est déjà tellement difficile pour moi, tout ça. Je n’ai déjà pas eu beaucoup d’amour autour de moi petite, alors là, que tu oublies mon anniversaire, franchement, je n’y crois pas… Je suis fatiguée et je sens la migraine qui monte. Sans doute pour ne pas pleurer.

J’ai remarqué que pour éviter de m’effondrer, je serre les dents et du coup, j’ai mal à la tête.

Tu n’as jamais ce genre de symptôme toi, bien sûr. Tu ne penses qu’à toi, c’est plus facile. Je rêve d’une autre vie, mais je suis coincée là avec toi et les enfants et toutes ces responsabilités sur le dos. Et tu ne trouves rien à me dire… Je parle toute seule. Tu es vraiment trop égoïste, comme tous les hommes, du reste. »

 

Sous l’impact de l’émotion, l’urgence à ne plus ressentir ce que nous ressentons nous pousse à rendre l’autre responsable de ce qui nous arrive et à l’interpeller comme tel.

Nous ne parlons plus à l’autre, mais sur l’autre.

La première partie de l’étape « M » consiste donc à veiller à ce que notre parole soit celle de notre « Je ». L’usage de la première personne du singulier permet d’être clair sur le fait que ce que je ressens m’appartient.

Toutefois, au nom de ce que nous avons souffert au passé et donc, de ce dont nous souffrons au présent, nous utilisons ce « Je » pour faire entendre notre douleur et exiger des autres un soulagement.

Il est donc important, dans la deuxième partie de l’étape « M »  et  dans un souci de conserver la relation à l’autre, de veiller à la tentation de l’usage abusif de notre émotion.