E.M.O.T.I.O.N.

Les pages consacrées à la méthode ont été élaborées à partir du livre E.M.O.T.I.O.N. 7 étapes pour se comprendre par Catherine Le Sage (Promo 2), Isabelle Steinlen (Promo 5), Alixe Lieutaud (Promo 5) et Maïté Pecqueur (Promo 1)


La méthode

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Pour nous ouvrir à notre propre réalité, les auteurs ont élaboré 7 étapes. Elles constituent une méthode de relation. Relation à soi, entre pilote et copilote, qui offre une relation aux autres plus juste et saine.

Chacune des 7 étapes est une étape à expérimenter. Chacune permet de diminuer l'urgence émotionnelle. Chacune responsabilise et augmente le niveau de sécurité intérieur. Elles invitent à une présence au corps éprouvé quand nous sommes dans la confusion, quand nous perdons notre boussole intérieure, quand, en miroir de l'autre, nos systèmes émotionnels s'emmêlent.

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Émotion, expérience vivifiante ou tyrannique ?

Une danse sur quatre pas

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1. Tout commence par la perception.

Nous recevons des informations venues de l’extérieur via nos cinq sens. Nous en recevons d’autres, venues de l’intérieur de nous-mêmes. Ces informations entrent directement dans le cerveau par l’étage reptilien. C’est à ce point d’entrée unique et universel que se font nos perceptions, par une lecture automatique en temps réel et sur un mode « danger/pas danger ».

 

2. Une perception est suivie d’une sensation.

La palette des sensations est très large : elle va des plus éprouvantes en termes de déséquilibre et de douleur aux plus satisfaisantes, joyeuses et plaisantes. Les mots qui décrivent la sensation : « touché », « déstabilisé », « noué », « ramollie », « palpitante », attestent qu’un état d’équilibre a été modifié.

 

3. Une sensation éprouvante déclenche l’action.

Fuir, lutter ou se replier sur soi s’impose comme une évidence au corps avant même d’avoir conscience de quoi que ce soit. Ce n’est qu’après coup que nous pourrons mettre des mots, du sens, de la justification ou de la culpabilité. Sur le moment, la réaction est ordonnée par le cerveau pour la survie de l’être vivant.

 

4. L’action nourrit un besoin.

Pour quoi fuir, lutter ou se replier ? Pour être, tout simplement.

Pour répondre à cet appel à être et à survivre qui nous anime du plus profond de notre nature vivante. Même si nous justifions, après, nos actions
Du plus profond de nous, commun à l’ensemble de la matière vivante, de la cellule à l’organisme complexe, cet appel nous anime. Cette force de vie est bien plus forte que nous.

 

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Illustration

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"Martine ! Dans mon bureau !" dit le manger.

Le ton est sec et claque à l'oreille. Le timbre est haut, le débit rapide. L'ordre n'est pas encore intégralement exprimé, à peine le manager a-t-il fini de prononcer "Martine !" qu'elle s'est déjà redressée, raide comme un automate, soudain droite sur son siège, le regard immobile, fixant l'horizon du mur d'en face.

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Inscrit depuis longtemps dans le corps, pas spontanément accessible, le temps biologique du processus émotionnel atteste d'un automatisme tout reptilien : un état d'équilibre interrompu du fait d'un ton sec provoque une décharge, un écran blanc, un vide intérieur qui fait se redresser et se raidir le corps. Pour quoi ? Très probablement pour retrouver de la posture, de la droiture, de la solidité ou du "plein" sur lequel s'appuyer.

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Quand l’émotion devient tyrannique

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La tyrannie des émotions débute par la tyrannie du langage et de la pensée qui cherchent à se superposer à la réalité vivante. Elle surgit quand le copilotage de notre véhicule se fait sur un mode « conflit ».


Plus nous adhérons à la fiction créée par une partie de notre système nerveux comme si la pensée de la chose était la réalité, plus le système reptilien prend le pouvoir en nous.

Les réactions de fuite, de lutte et de repli sur soi s’imposent alors au long cours et la personnalité se renforce dans ces modèles défensifs.

Plus nous croyons être « comme ça » et ne pouvoir changer, et plus nous demandons aux autres de changer !

Les signes de la tyrannie des émotions sont multiples : maladies, stress, angoisse, relations conflictuelles, exigences, attentes déçues, culpabilité, honte, dépression, agressivité, relations de dominance…

Le ressenti de pression évoque combien l’émotion initiale perdure, entretenue par nos propres commentaires. Comme si, plutôt que nous réjouir d’être vivants et d’avoir en soi un kit de survie sur mesure, nous ne pouvions nous empêcher d’évaluer la situation face à laquelle nous avons été ébranlé. Et nous évaluer nous-même.

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Se libérer de la tyrannie

 

Pour se libérer de la tyrannie des émotions, la tendance actuelle serait de se libérer de ses émotions (ce qui est vain et contraire à la vie même). Il s’agit de se libérer de leur dictature.
« Les émotions sont notre boussole », dit l’éthologue et primatologue Frans de Waal.
Nous avons à apprendre à lire notre boussole. Pour entamer notre chemin, il faut commencer par ralentir. Et ralentir n’est pas chose si facile quand l’augmentation de l’espace virtuel dans notre monde nous pousse à toujours accélérer.
À l’inverse de nos habitudes, la sortie de la tyrannie consiste à s’approcher de l’émotion plutôt que la fuir. À contacter ce qu’il advient à l’intérieur de nous plutôt que de fictionner. À entrer dans notre intériorité.

 

E.M.O.T.I.O.N. Catherine Aimelet-Périssol et Pierre Massot. Editions Albin Michel