Année 2015


Peur ou pas peur ?

Décembre 2015

Ou comment la logique émotionnelle nous révèle le sens véritable de cette émotion.

La réalité nous saute aux yeux : à nos yeux organiques quelques dixièmes de secondes avant nos yeux mentaux, ceux qui nous permettent de nous représenter en conscience cette réalité.
Les évènements meurtriers qui sont survenus vendredi 13 novembre, peuvent être lus avec cette connaissance. Et si celle-ci nous aidait à distinguer la peur de l’affolement et ainsi de favoriser des décisions plus mesurées ?

Connaissez-vous l’expression « mort au kilomètre » ou loi de proximité ? Dans le milieu des journalistes, c’est le principe selon lequel les informations ont plus ou moins d’importance selon leur proximité géographique par rapport au lecteur.

L’expression illustre ce que les parisiens, proches des attentats, ont éprouvé : leur proximité vis-à-vis de la mort des victimes a accru leur sensibilité émotionnelle. Leur peur, leur colère et leur tristesse ont atteint un niveau d’autant plus élevé qu’ils étaient plus proches de ces terribles évènements.
Ils étaient, au sens géographique du terme, concernés au plus près. Certains se considèrent comme des survivants ayant échappés à la mort. Ceux qui sont plus loin éprouvent, quant à eux, une plus grande distance… émotionnelle.

Cette observation rend compte de la biologie du cerveau : quand la situation résonne avec des expériences enregistrées dans notre mémoire sensorielle comme mortifère, alors sa proximité réveille d’autant plus intensément nos peurs les plus archaïques. Et c’est tout à fait normal.
Ainsi le veut notre propre système nerveux. Le choc émotionnel est d’autant plus intense qu’il éveille ces mémoires mortifères que nous portons tous en nous. Ces mémoires sont enregistrées dans des marqueurs somatiques comme l’a montré le neurobiologiste Antonio Damasio.
Et la proximité géographique de l’évènement accentue encore cette intensité. Ces personnes ainsi choquées doivent impérativement être écoutées dans le choc corporel qui les a éprouvées. Écoutées dans leur corps avant, et souvent bien plus, que dans leur esprit.

L’esprit, en effet, tente de donner du sens à ce choc, de l’expliquer, le justifier pour en rendre compte. Des mots pour conjurer le coup reçu. Des mots qui disent la peur du corps, la peur liée à la mort.

La peur liée à la vie elle-même est à distinguer de celles de nos représentations : l’idée que nous pouvons être touchés nous aussi qui sommes vivants est totalement inconcevable pour des cerveaux occidentaux habitués aux maladies et aux accidents, mais pas à des actes directement hostiles.
Cette difficulté à concevoir est fondée sur des habitudes de confort acquises par expériences. Nous n’avions, pour la plupart et surtout dans la jeune génération, aucune construction mentale d’un drame de cette ampleur.

Apprendre de la peur, nous rapprocher de l’épreuve corporelle plutôt que la fuir, voilà qui est à notre portée. N’est-ce pas toujours ainsi que l’homme acquière son savoir, à partir de l’émotion ? Il n’y a aucun apprentissage sans émotion.

Il est donc impératif de nous relier à notre peur : moins celle anticipée, projetée sur ce que les agresseurs peuvent nous faire, mais celle éprouvée dans notre cerveau-corps. La peur vivante et réelle, là,  dans notre être vivant.

Prendre du recul en apprenant à exercer notre attention : tel est le paradoxe qui nous permet de voir comment se fabriquent dans notre cerveau des peurs réfléchies et projetées sur ceux dont nous disons qu’ils «  nous font peur ».
Celles-ci, désincarnées, non éprouvées, envahissent notre champ de conscience, rétréci et crispé sur le seul objectif de survivre coûte que coûte.

Nous nommons là le stress, manifestation cognitive hors de la peur racine du corps. Le stress est mauvais conseiller :
déni de la réalité sensorielle, énoncé sous la forme de « même pas peur »,
agressivité contre les agresseurs, énoncé sous la forme de « on doit les exterminer »,
soumission à la réalité, énoncé sous la forme de  « notre civilisation est responsable de tout ça ».
Il ne s’agit pas d’avoir peur ou pas peur ! Ou encore peur de la peur !

Tout drame peut être une façon de prendre en compte comment l’action mesurée et juste peut naitre d’un rapport à nos peurs racine. Cesser d’avoir peur nous fait violence ; avoir un rapport juste avec la peur, un rapport… sans peur nous ouvre le cœur.

 

Catherine Aimelet Périssol


Conflit et biologie : Quel lien ?

Novembre 2015

Ou comment la logique émotionnelle nous révèle le sens et la valeur de nos conflits ?

Biologie, mémoire, cerveau, émotion, interprétation… Quel rapport avec la dernière dispute avec notre conjoint, notre enfant, notre parent ou notre enfant chéri ?

Le conflit, comme chacune de nos émotions, a mauvaise presse. Le conflit, c’est la mésentente, le rejet, la violence, l’absence de communication, la dureté, la mauvaise volonté… Nous n’y voyons que du mal. Alors comment pourrait-il contenir un quelconque sens ou plus encore, une quelconque valeur ?

Telle est la question que nous nous posons quand nous fondons notre analyse sur la seule compréhension psychologique : le conflit est vu comme un problème à régler qui relèverait d’une immaturité affective. Dans notre société qui favorise tant l’idée de relations toujours bienveillantes, le conflit fait tache.

Or, le conflit est une manifestation essentielle de l’être vivant : il témoigne d’un conflit cérébral et invite à le résoudre là où il se trouve, c'est-à-dire d’abord en soi.  L’autre, avec lequel nous sommes en conflit, est un révélateur de notre être en peine de droiture. Le conflit dit quelque chose de notre manque de tenue face au comportement de l’autre parce que le comportement de cet autre réveille notre propre faille. Le conflit est donc une occasion de découvrir ce quelque chose en soi.

Que nous dit la biologie du conflit ? Qu’il y a lutte entre le cerveau reptilien, rapide et automatique, et l’autre, le conscient et réfléchi. Le premier témoigne d’un choc, d’un effet de surprise corporel quand le second, décalé de quelques dizaines de secondes, en fait l’histoire, le film de l’esprit, juge, commente, fabrique des fictions et des croyances, rationalise, le tout avec des mots et des images. Le conflit témoigne d’une discordance entre le corps choqué et l’esprit qui rejette l’épreuve sensorielle au profit d’un lien affectif. Comme si l’attention, au lieu d’être portée sur notre réalité corporelle se portait sur l’idée de ce que devrait être la réalité !

L’histoire s’enrichit de reproches, de culpabilité sur soi et sur l’autre, d’explications, de justifications… Nous faisons alors bien des histoires !
Mais pourquoi cette discordance ? Un événement est venu à nos sens et a fait  écho, dans notre mémoire sensorielle, à une expérience de survie. Il en faut peu pour réveiller notre mémoire corporelle dès lors qu’il entre en résonance avec une évidence de menace corporelle. Le système reptilien n’a pas d’humour.

Être en conflit coûte cher. Sur le plan relationnel certes, mais plus encore en soi, aboutissant à des ressentiments chroniques. Car c’est vers l’explication psychique que se tourne notre esprit pour aborder ce type de situation. Une explication dans laquelle l’autre ou soi-même sommes les grands coupables !  Coupables bien sûr d’avoir mal fait, mal dit, mal compris… Cette explication entretient le conflit, chacun cherchant à échapper à la faute. Même les meilleures techniques de communication se heurtent à ce mur émotionnel.

La voie biologique nous ramène à notre réalité propre, à notre responsabilité d’être un être humain avec le système nerveux qui est le nôtre, et dont nous ne pouvons changer la structure. En connaissant cette structure, à la hauteur de la connaissance qui est la nôtre d’aujourd’hui,  nous pouvons agir en conscience lorsque le conflit s’impose à soi.
Se redresser en conscience : l’être humain est un animal que se tient droit !
Se reconnaitre être humain et donc sensible : « Je me sens mal avec cet autre là ! »
Se questionner : Qu’est ce qu’a fait cet autre là précisément qui a fait choc en moi ? Quel effet a eu en moi son comportement ?
Faire preuve de courage et d’honnêteté : quel projet, quelle attente idéalisée avais-je en tête pour cet autre et qui correspond à ma propre vision ?
Alors, plus au clair avec notre propre part, nous pourrons recouvrer une posture de droiture, conscient de notre part de responsabilité et alors, peut-être écouter l’autre…

Car le conflit est affaire de courage à tenir son identité, elle-même tension entre le lien qui relie et la différence qui libère.


Catherine Aimelet-Périssol


Ceci  n’est pas la vie, ceci est une représentation de la vie !

octobre 2015

Qu’il est difficile de se départir de notre habitude de vouloir être aux commandes de notre vie !

Parce que nous sommes conscients d’une petite partie de ce que nous percevons avec nos organes des sens, parce que nous mettons des mots sur cette petite partie, et parce que nous nous voyons faire et penser, nous nous imaginons que nos actions et nos propos sont décidés par notre seule volonté.


Or, ceci n’est pas juste : nos perceptions comme nos actions sont toutes orientées par des mécanismes qui échappent à notre contrôle.


Quand nous percevons, c’est notre cerveau non conscient qui mobilise notre action grâce à de multiples émotions, petites et grandes. Quand nous agissons, c’est toujours dans le sens de la conservation de notre vie parce que le système nerveux fonctionne ainsi. Et même quand nous nous plaignons, que nous déprimons, que nous culpabilisons et avons des idées sombres ! Toutes ces actions concourent à la même valeur biologique : être en vie. Nous sommes largement régis par notre inconscient biologique.


Alors, cette mode qui nous donne à croire que nous pouvons contrôler notre accès au bonheur, qui semble nous donner clés en main notre bien-être, en réalité accélère notre système biologique. Car, ce que l’on nous donne à voir comme notre vie est plutôt la représentation d’une vie telle que nous rêvons tous de la posséder. Une vie sans peine, sans douleur et sans malheur. Une vie au top de notre forme et de nos pensées les plus positives.  Or, telle n’est pas la vie que nous vivons et cet écart accroit notre exigence et notre recherche de contrôle dans un cercle vicieux.


Pour quoi ? La raison en est d’abord biologique et non psychologique : notre cerveau nous contraint à avoir un rapport à notre corps vivant, et donc vulnérable et éprouvé. Moins nous entrons en rapport attentionné à notre réalité corporelle via nos sensations, et plus le système reptilien se chauffe. Plus nous devenons réactifs et allergiques au fait même d’exister comme nous sommes. Nous pouvons même en tomber malades ! Alors, nous voilà contraints par notre propre système de vie à porter attention à notre être vivant. Nous ne pouvons échapper à notre propre nature, n’en déplaisent aux vendeurs d’idéaux.


Qu’est-ce qui fait que je dis ce que je dis, et que je fais ce que je fais comme je le fais ?


Deux voies s’offrent pour répondre :


  • la voie de la fiction psychique : celle qui raconte nos interprétations, nos fictions, nos croyances, nos projections sur notre entourage, un monde théâtral et passionnant avec ses acteurs chargés d’histoires, ses drames et ses joies ; la voie de l’esprit qui oriente toute notre attention vers ces autres ou soi-même pour y débusquer ce qu’ils devraient pour que, Moi, je sois bien.
  • la voie biologique, celle qui, à première vue, semble nettement moins glamour ! On y parle de non conscience, de survie, d’épreuves, de défense et de besoin d’existence ; la voie du corps qui fleure la matière et la dure réalité.

On aurait tort de bouder la seconde pour se complaire dans les représentations de la première. Car la voie biologique s’étend, s’élargit dans la fiction psychique, mais avec un sens et une direction, comme si cette boussole intérieure nous guidait telle une lumière dans la nuit et permettait à chacun de mieux comprendre, soi et les autres. Et tout équilibre, biologique et psychologique, dépend de leur alliance.

Qu’est-ce qui fait que je dis ce que je dis, et que je fais ce que je fais comme je le fais ?


Et bien je réponds à un impératif non conscient de vie, construit à mon insu dans mon cerveau archaïque et enregistré dans ma mémoire sensorielle, impératif qui s’est élaboré au fil des premiers temps de ma vie en orientant mes perceptions et mes actions vers lui. Avec l’âge et la parole, la conscience est venue qui me fait me voir faire, me donne de belles explications sur moi et les autres. J’ai fini par croire que je suis le fruit de ces explications plutôt que d’avoir le courage de me reconnaitre comme le fruit de mon propre corps. Cette croyance est plus glamour sans doute, mais savoir si je gagne ainsi en humanité est une autre histoire ! Cela semble plutôt développer mon sens de la propriété…


Nous sommes contraints par notre cerveau à nous représenter soi, les autres et le monde. Soit ! Mais en le sachant, nous pouvons développer notre liberté en conservant une juste distance à leur égard.


Nous sommes privés de conscience vis-à-vis de ce qui nous motive intimement. Soit ! Mais, en le sachant, nous pouvons entrainer notre attention aux mouvements émotionnels qui nous rappellent à notre être vivant.


La biologie est une voie qui donne à l’amour et à la bienveillance un statut non pas moral mais véritablement humain dans lequel l’émotion témoigne d’une ouverture du cœur, autrement dit de l’alliance corps esprit que certains nomment l’âme.

 

Catherine Aimelet Périsol


De la psychologie à la biologie : les premiers pas

Septembre 2015

Être, c’est réagir aux événements environnementaux et construire une sensation pour satisfaire la finalité d’être. C’est le propre du cerveau reptilien. Être conscient, c’est interpréter, donner du sens et raconter cette histoire qui va contribuer à écrire notre auto-bio-graphie. C’est le propre du cortex. Être et être conscient, deux mouvements qui se superposent, le second sur le premier
A nous de nous familiariser avec cette donnée fondamentale du fonctionnement de notre cerveau. Pas plus que nous ne pouvons échapper à notre cerveau reptilien grâce auquel notre corps est directement en rapport avec l’environnement et ses aléas, nous ne pouvons échapper à notre cerveau interprétatif.
Quand l’un a horreur du vide, l’autre a horreur du non sens.
Le premier nous fait réagir immédiatement lorsque nous sommes déstabilisés, déroutés face à un événement qui fait choc : un changement de ton chez le collègue, un enfant qui se dresse face à soi, un conjoint qui de détourne... et c’est l’alerte et le plan orsec !
Le second réfléchit le premier sous une forme déductive et logique. Dans les trois dixième de seconde qui suivent le choc corporel, nous voilà à  donner du sens, à comprendre l’événement. 
Trois dixième de seconde ! Ce décalage fait toute la différence entre l’expérience corporelle et le début de son traitement mental. Un décalage dont nous ne sommes guère conscients, justement. Mais qui n’a cessé d’interpeller philosophes et scientifiques.
Pour les uns, la différence de traitement par le cerveau n’est guère intéressant : puisque nous ne pouvons pas échapper à l’interprétation du « moi, je » (vois, ressens, fais, ai besoin, pense…), et bien allons-y et usons de notre pleine et totale subjectivité. Cette attitude conduit à une sorte d’idolâtrie de Soi comme seul sujet. La subjectivité y est considérée comme…notre propre objectivité. MOAAAAA !
Pour les autres, la différence de traitement par le cerveau est telle que nous ne pouvons absolument pas nous fier à nos interprétations mentales. Fictions et croyances sont évaluées dans leur contenu ; les négatives sont considérées comme la source de tous nos maux. Puisque l’apprentissage est l’apanage de notre cerveau, poursuivons donc celui-ci en nous rééduquant quand nos pensées sont contraires au bien-être. Soyons objectif en regardant le bon côté des choses et méfions nous des pensées négatives.
Pas si simple ! Chacune de ces voies nous invite à marcher sur une seule jambe ou un seul cerveau ! Or, cela nous est structurellement impossible. Notre cerveau est bipède !
La logique émotionnelle restaure cette réalité fonctionnelle en reconnaissant l’émotion comme le signal de notre tentation d’unijambiste.
Traiter un événement sous le seul regard de l’idéal mental entretient nos ressentiments. Traiter un événement sous le seul regard du reptilien défensif parasite nos relations. A nous de relier ces deux voies, faute de quoi, le système de survie envahira l’ensemble de notre vie relationnelle ! On appellera ça le stress.
La connaissance de ce fonctionnement de notre cerveau permet de ne plus être dupe de nos croyances et nos interprétations comme si elles étaient vérité. D’admettre que nous avons des zones aveugles par habitudes défensives. De profiter joyeusement et en conscience de notre aptitude à étudier et interpréter. De revenir à l’expérience corporelle quand notre esprit s’emballe !
Se voir ainsi animés et mobilisés par la partie la plus inconsciente de notre cerveau, voilà qui est difficile à admettre. Réaliser que nous ne cessons de fictionner pour répondre au besoin de sens et que nous sommes les sujets de notre subjectivité, n’est pas simple non plus. Admettre que les émotions sont à l’origine de la conscience humaine perturbe. Regarder ses propres évidences à partir de ces données scientifiques peut donner le vertige et entrainer… bien des émotions. 
La logique émotionnelle propose ce mouvement difficile : se croire et ne se pas croire. Se croire parce que notre cerveau-corps est naturellement amené à réagir aux événements de son environnement ou de son corps. Ne pas se croire parce que ce même cerveau-esprit interprète tout ce que nous percevons et nous fait adhérer à nos pensées. A leur façon, deux neuroscientifiques le racontent : pour Lionel Naccache « Nous ne sommes pas les porte-paroles de la réalité mais ses interprètes » ; pour Antonio Damasio, « le début de la conscience est le ressenti d’un état de l’organisme. »


Catherine Aimelet-Périsol


Être humain, c’est apprendre à soutenir le tiraillement

Juillet-Août 2015

S’il est une illusion couramment admise en psychologie, c’est bien que les phénomènes qui nous travaillent, comme l’émotion par exemple, pourraient se régler définitivement.
Quelques idées ou idéaux ont cours :
nous pouvons résoudre nos conflits –nos difficultés à choisir, à décider, à nous motiver- avec un bon raisonnement ;
il y a des bonnes solutions à tout ;
la pensée a un pouvoir absolu sur la santé et autres sujets ;
la vie pourrait être plus facile si nous cessions de nous la compliquer avec un mental qui penserait trop ;
il suffit de comprendre le pourquoi de ce qui nous trouble pour s’en trouver libéré ;
on pense mal, on pense trop et ça nous rend malade.
La pensée, après avoir été dotée de toutes les vertus les plus magiques, est devenue un espace de danger.
De quoi en perdre son latin !
Comment la logique émotionnelle nous donne à mieux comprendre la valeur du corps et de l’esprit qui, quoi que nous en pensions, nous constituent ?

Ce n’est pas parce que nous sommes faits de chair et d’esprit que l’un et l’autre sont de même nature.
Le corps a son aptitude à répondre à l’élan vital qui l’anime par des mouvements de fuite, de lutte et de repli sur soi. L’esprit a une aptitude à nommer, expliquer et justifier ces mouvements.
L’expression du corps précède celui de l’esprit de micro millième de temps. Les neurosciences nous le confirment.
La pensée, que nous idéalisions libre du corps, lui est tributaire.
En étendant les mécanismes du système de survie à l’organisation de la vie, nous utilisons la fuite, la lutte et le repli sur soi pour traiter les émotions de notre corps et notre rapport à notre environnement. Mais nous nions ce fait, le rejetons ou le subissons comme un mal. Les trois possibilités ne font qu’exciter encore plus les réactions émotionnelles, en témoigne les maladies dites de stress.
Heureusement, nous pouvons aussi apprendre à tenir bon dans cette réalité qui nous habite, à soutenir cette difficulté de se sentir tiraillé, faire face à notre réalité comme une chance d’y puiser des ressources. Une chance de nous découvrir ainsi mus par cet élan vital qui traverse nos conflits, nos choix, nos décisions et nos motivations.
Tenir, non pas coûte que coûte en détournant le regard ou en serrant les dents.
Mais tenir dans ce tiraillement : entre le langage du corps et celui de l’esprit, entre soi et l’autre, entre la sûreté et la liberté, entre appartenir à un groupe et s’en différencier, entre une vie harmonieuse et une vie audacieuse.
Soutenir, c'est-à-dire ne pas vouloir choisir avec sa seule raison mais avec l’alliance entre de la pensée et du corps. Nous pouvons apprendre comment l’esprit peut accompagner l’élan du corps pour mieux l’humaniser.

« Les hommes se croient libres par cela seul qu’ils sont conscients de leurs actions, mais qu’ils ignorent les causes qui les déterminent » écrivait Spinoza.


Catherine AIMELET-PERISSOL


« J'avais pourtant tout bien fait… »

Mai 2015

 

S’il peut être un temps de profonde solitude à traverser, c’est bien celui du constat d’avoir « tout fait au mieux », voire « tout bien fait » et de réaliser que ce rêve de maîtrise et de gestion nous a plutôt fait rêver notre vie que la vivre…

 

La logique émotionnelle peut-elle nous aider dans ce difficile passage qui consiste à exister, non parce que nous faisons quelque chose de bien, mais du fait même de notre existence ? Que dit la biologie de cette habitude à vouloir tellement bien faire ?

 

Le système nerveux reptilien, automatique et non conscient, nous donne à éprouver un phénomène qui ne relève ni d’une maîtrise, ni d’une gestion. Notre existence est sous la haute autorité de ce cerveau. C’est ainsi que nous faisons l’expérience de notre vie. En cas de turbulences extérieures, nous sommes amenés à vivre des turbulences intérieures… et le crocodile en nous impose le rétablissement de l’équilibre. Ce processus de résilience corporelle s’imprègne dans notre mémoire sensorielle. Notre besoin d’être est ainsi satisfait, dans un va et vient de peine et de récompense, de perte et de compensation. Sans que notre esprit y soit pour rien !

 

De cette expérience vitale, ce même esprit cherche naturellement à prolonger le bénéfice. Et ce d’autant que des événements de notre petite enfance ont confirmé – au sens de rendus encore plus fermes – le système de survie ! Nous voilà alors enfermés, piégés, dans des certitudes qui fabriquent même notre identité… Cette imprégnation de la satisfaction du besoin d’exister se traduit dans nos désirs d’une vie sans peine et toujours, totalement, satisfaisante.

 

D’où nos habitudes de « bien faire », de faire tout ce qu’il faut, c’est-à-dire faire ce qui va dans le sens de notre satisfaction. Au point de perdre tout libre arbitre, de ne plus oser faire l’expérience de notre existence libérée de ce joug du « bien faire ». Comportement que nous habillons de grands principes et d’un justificatif qui sonne comme une évidence : « c’est pour l’autre que je le fais »… Est-ce si sûr ?

 

Il faut du courage pour traverser ce passage en solitaire qui consiste à reprendre la responsabilité de nos actes, de notre besoin d’être, de nos sensations de peine et de nos perceptions profondément altérées par nos peurs (peurs de mal faire, peur que l'autre…). Bien du courage pour reconnaître que nous ne pouvons échapper à cette partie intime et archaïque de notre corps. Bien du courage pour ne pas justifier nos réactions défensives. Cette sortie du rêve nous ramène à une réalité, la nôtre et à celle des autres. Sommes-nous prêts à payer le prix de notre humanité ?

 

Catherine AIMELET-PERISSOL


Du « croco » à la « méthode de logique émotionnelle »

Avril 2015

Le 2 avril 2015 est sorti en librairie le livre E.M.O.T.I.O.N, 7 étapes pour se comprendre
de Catherine Aimelet-Périssol et Pierre Massot.
Editions Albin Michel
 
Un livre qui donne au concept du crocodile sa dimension de méthode.
 
Mieux se comprendre, mieux s’entendre soi pour mieux s’entendre avec les autres, avec la logique émotionnelle, se fait étape après étape et devient accessible à chaque lecteur.
 
Cela a toujours été mon intention de sortir la « LE » de sa seule dimension thérapeutique au profit d’une dimension éthique : favoriser la responsabilité de chacun à être un être humain, animé d’un corps-esprit dont l’ignorance du fonctionnement favorise la dominance et la méfiance.
 
Pendant des années, la LE a été un concept avec un livre, « Comment apprivoiser son crocodile ». Avec les formations, co-animées avec Sylvie Alexandre, puis avec Pierre Massot, la LE s’est dotée d’une pédagogie d’apprentissage, alliant étude et pratique. Mais cela ne pouvait concerner qu’un nombre restreint de personnes. Puis les ateliers du soir ont ouvert au grand public l’accès à l’expérience directe de la LE grâce à des exercices agrémentés de points de théorie. La méthode était née.
 
Avec ce livre, le lecteur quitte le concept pour entrer, lui aussi, dans l’expérience. Il peut, à son rythme, éprouver le bien fondé du bon usage de sa réalité biologique. Il peut s’entraîner à distinguer son existence propre, dont il est responsable, du discours qu’il se tient sur lui-même et sur les autres. Il peut goûter la qualité du duo des copilotes qui gouvernent son cerveau, l’un rapide et existentiel, l’autre lent et civilisé. Il peut découvrir que la vie ne se résume pas à la psychologie qui aspire à comprendre et maîtriser ce qui nous arrive, mais consiste à s’ouvrir à l’expérience vivifiante de l’émotion.
 
Il convient de sortir l’émotion de la bulle psychologique qui l’évalue en « positive » ou « négative ». Il convient de lui redonner sa place dans nos vies : l’émotion nous ouvre à l’expérience même de l’existence, tels que nous sommes, être vivant « avant » d’être pensant et social. Un « avant » de quelques fractions de seconde, qui font une grande différence dans notre rapport au monde et aux autres.
 
Cela signifie que, pour devenir humain et responsable de soi et de ses actes - et pas seulement de ses intentions - nous avons à prendre en considération notre part animale. Pas la fuir, pas la rejeter, pas la subir non plus.
 
Faire alliance avec elle est toute l’histoire de ce livre qui donne à pratiquer le processus logique de l’émotion.
 
Pierre et moi vous souhaitons une belle lecture ! Nous serons enchantés de recevoir vos prochaines expériences, modulées par l’usage de la méthode.
Directement sur le blog de notre site qui va bientôt être mis en place.
 

Catherine AIMELET-PERISSOL


Quelle logique dans la violence comme dans la solidarité ?

Février 2015

 

En ce début février 2015, pourrions-nous évoquer autre chose que la violence qui a secoué chacun d’entre nous une semaine après les festivités du nouvel an ? Il s’agirait de parler à la fois de la violence, du rejet de l’autre jusqu’à la mort mais aussi de la spontanéité d’un mouvement populaire dans lequel nombre d’entre nous se sont assimilés aux victimes.

Médias, politiques, penseurs proposent d’aller chercher les raisons de cette violence dans la sphère sociale et ses dysfonctionnements. Ou encore dans la seule psychologie des comportements.

 

La biologie de l’émotion peut-elle nous aider à mieux «voir», à nous ouvrir à un sens qui nous aiderait à voir ce qui se joue dans l’être vivant quand il tue l’autre ou quand il le défend ?

Le sujet déborde de cette simple page puisque c’est tout l’enjeu de la réflexion qui traverse l’émotion et sa logique : une histoire de vie et de mort, notre histoire individuelle et donc collective.

 

Rappelons ici quelques fondamentaux :

• Chez l’être humain, la part du cerveau la plus récente à l’échelle de l’évolution, le cortex, celui qui réfléchit en conscience, cherche en permanence à attribuer du sens à ce qu’il perçoit. Cette attribution de sens échappe à notre maîtrise puisqu’elle est biologique. Le sens que nous attribuons est inévitablement imprégné de fictions, de croyances et d’interprétations. Notre liberté n’est donc pas là, sauf à oser regarder en face que tel est notre fonctionnement.

• Ce sens est nourri d’apprentissages mémorisés qui contribuent à construire ce que nous appelons notre identité, mélange de connaissances constamment remaniées au fil de nos actions et des influences extérieures. Notre stabilité n’est donc pas là.

• Ces apprentissages sont imprégnés d’expériences corporelles éprouvées et mémorisées hors du champ de notre conscience. Ce sont elles qui orientent l’être vivant que nous sommes, nos actions et nos choix. Répondre à l’appel à être n’est pas une option.

 

Que faire de ces découvertes offertes à notre connaissance grâce aux sciences ?

• Reconnaître que le sens que nous attribuons aux comportements des autres parle d’abord et avant tout de notre propre rapport à nous-même.

• Regarder toute certitude concernant notre identité comme potentiellement «fermée», voire dangereuse de ce fait, pour soi et les autres.

• Entraîner notre attention à notre existence telle qu’elle est et non telle que nous pensons qu’elle devrait être.

• Développer l’art du questionnement plutôt que de la réponse.

• Reconnaître notre aptitude à attribuer du sens aux comportements de l’autre comme un bienfait qui peut vite se retourner contre soi et les autres quand elle n’est pas fondée sur le sens de la vie.

 

La violence parle de la méconnaissance de notre fonctionnement, de fermeture à ce savoir. L’être subit son fonctionnement sans le connaître et pense totalement «vrai» ce qui est fictionné.

La solidarité parle d’ouverture à cette connaissance et pense «possible» la pluralité.

Il ne tient qu'à nous de poursuivre la marche ensemble pour témoigner du sens de la vie.

 

Catherine AIMELET-PERISSOL


Voir l'Ouvert

Janvier 2015

Chers Amis de la logique émotionnelle,

Que la Nouvelle Année nous offre l’espace et le temps pour voir et entendre, vraiment voir et entendre, non selon nos idées mais selon notre présence et notre intimité, celles de nos corps. Quoi de mieux qu’un poème pour nous en donner l’envie…

 

De tous ses yeux la créature voit

 

l’Ouvert. Seuls nos yeux sont

 

comme à rebours, posés tout autour d’elle

 

ainsi que des pièges, cernant sa libre issue.

 

Ce qui est au dehors, nous le savons seulement

 

Par sa face animale ; car le jeune enfant déjà

 

Nous le ployons et contraignons pour qu’il voie en deçà

 

Ce qui a figure et non l’Ouvert…

 

Huitième élégie du Duino,

Rainer Maria Rilke

 

« Au commencement, tout est « Ouvert », flux, dynamique, libre. La créature sent, palpe, respire, existe ; elle est ! » (Commentaire de Marc-Alain Ouaknin).

Merci à eux de nous donner à entendre, en lisant leurs mots, notre liberté à voir et entendre comme toute créature qui est.

Merci à l’émotion de nous ramener à cette expérience initiale…

Bonne Année à toutes et à tous !

 

Catherine AIMELET-PERISSOL


Année 2014


Devenir soi

Décembre 2014

 

Comment peut-on devenir soi ? La logique émotionnelle peut-elle nous y aider?

Les propositions les plus courantes consistent à nous analyser, à nous comprendre.

La surprise est énorme alors le jour où nous comprenons que le soi se crée à partir de nos émotions les plus biologiques. Que « la capacité à toujours trouver des solutions à tout » est le fruit de la réaction de fuite, celle qui nous pousse à bouger pour exister. Que « la fermeté dont nous nous enorgueillissons » est le fruit de réactions de lutte qui contribuent à notre force. Que « la tolérance qui nous caractérise » est, elle, le fruit de réactions de repli sur soi qui s’imposent à nous, malgré nous, pour notre survie.

Car telle est bien l’origine de nos comportements et de nos orientations identitaires et comportementales. Une origine biologique et structurelle qui nous surprend car elle est moins héroïque que nous aimerions, loin de nos rêves et de nos idéaux. Une origine tellement humaine pourtant.

Il y a un passage difficile à supporter, un deuil à opérer même de nous voir ainsi exister à partir d’une matière vivante constamment en rapport avec l’environnement, qui cherche naturellement et sans conscience, la voie de l’existence. Cette réconciliation avec ce corps éprouvé et vulnérable, étonnamment doué d’une énergie vitale qui, coûte que coûte, nous appelle à nous créer, est la voie du devenir soi. Une voie dans laquelle nous nous surprenons à avoir bien plus de ressources que nous imaginons. A nous de les rencontrer avec courage !

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

 


Se connaître : une idée ou une expérience ?

Novembre 2014

 

Se connaître, c’est naître à soi. Mais jusqu’alors, cette connaissance semblait réservée à l’introspection analytique du « pourquoi ». Les neurosciences ouvrent la voie vers une autre façon de se connaître. Une façon qui dérange tant elle est étrangère à nos habitudes qui confondent « se connaître » avec « se comprendre ». C’est la voie de l’expérience corporelle à l’origine de l’expérience psychique et mentale. La voie du « pour quoi ».


C’est parce que nous percevons avec nos sens, parce que nous éprouvons dans notre corps, parce que nous agissons physiquement que nous sommes vivant et en lien avec les autres et le monde. Ce que nous ne sentons pas, nous l’oublions. Ce qui nous est advenu sans nous « toucher » émotionnellement ne nous construit pas. L’émotion biologique est au cœur de la pensée et de notre fonctionnement cognitif.


Se connaître, c’est donc naître à nos émotions telles qu’elles sont. Se connaître n’est pas accéder à une représentation de soi, plus ou moins valorisante et affirmée, à améliorer selon un jugement d’expert pour nous rendre plus aimable ou performant. C’est faire l’expérience qu’exister, c’est d’abord éprouver. Au lieu d’être une image fixée et évaluée selon le filtre de normes idéalisées, la connaissance de soi  pourrait être une découverte quotidienne, renouvelée. Nous pourrions nous découvrir : enlever les habits du dimanche du paraître « beau ou belle » et discerner l’appel de l’existence si profondément inscrite en soi.


Nous vous invitons à venir découvrir cette voie lors d'une conférence le 7 novembre prochain*.


Catherine AIMELET-PERISSOL


* (Ré)écouter la conférence


Quand l'émotion se mêle d'éducation

Octobre 2014

 

 

L’éducation est de plus en plus empreinte d’émotivité. Un ressenti qui rend confus l’amour que nous éprouvons pour nos chers bambins.

 

Témoin en est la peur que quelque chose de mauvais ne leur arrive, la frustration quand ils ne correspondent pas à nos attentes ou la fatigue qui s’abat sur nous dès que leur comportement nous échappe.

 

C’est que notre amour est mêlé à un idéal pour eux qui parle en réalité de nous, parents. Compliquée et stressante selon nombre de parents, l’éducation  pourrait devenir une expérience de découvertes, pour peu que nous mettions de la clarté dans cette émotivité.


La logique émotionnelle donne cette clarté. Une éducation « réussie » ne se lit pas à la façon dont l’enfant réussit ses études et encore moins à la façon dont il reproduit les savoirs de ses parents, mais à la façon dont il construit l’existence qui lui est propre.

 

Mieux vaudrait alors connaître comment le cerveau participe à la fabrication de l’existence, autant pour nous parents que pour nos enfants.

Pour nous ? Admettre que nous sommes responsables de notre cerveau, connaître sa plasticité et le bon sens de l’émotion.

Pour eux ? Accepter le mimétisme et l’exemplarité comme mode d’éducation dans la petite enfance, l’entraîner à entendre et se responsabiliser vis-à-vis des mots qu’il emploie, le rendre curieux vis-à-vis de ses erreurs,  lui apprendre à utiliser les voies de la biologie pour qu’il donne sens à ses comportements, le mettre en rapport avec la réalité de son corps…

Autant de propositions directement issues de la compréhension de l’émotion biologique.


Catherine AIMELET-PERISSOL

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Rentrer à la maison

Septembre 2014

 

Vous voilà rentrés ? Reprise du travail, des levers matinaux, des soucis d’organisation ? La rentrée sonne comme un retour à des conditions de vie nécessaires et contraignantes ?

 

Mais, sous l’œil du crocodile, ce veilleur obstiné, la rentrée nous est imposée par le processus émotionnel lui-même quand nous nous sentons heurtés par un événement. Une rentrée en soi. Une contrainte, par l’effet sensoriel et les réactions qui s’ensuivent, à revenir en urgence à sa structure vivante.

 

La réalité corporelle ne nous laisse pas le choix de vivre ou pas.

L’existence s’impose jusque dans l’intensité de l’inconfort, voire de la maladie. Le corps nous appelle à être. L’existence est impérieuse. Rentrer dans sa maison corporelle n’est pas en option. Témoin en est l’affolement suscité par toute rupture de lien entre soi vivant et soi pensant. Ces ruptures dans notre espace-temps se soldent par un état chronique d’agitation, de ressentiment ou de dépression.

 

Dès lors, contrairement aux apparences, nous avons le choix : écouter, se donner le temps de porter notre attention à ces expériences…ou pas.

 

Ne pas s’adonner à l’épreuve sensorielle, c’est prendre l’option réactions de défense dans l’urgence du court terme et, une fois le besoin d’intégrité satisfait, renforcer ses habitudes défensives pour ne plus être impacté. Une course en avant assez coûteuse, plus ou moins efficace selon les retours de l’environnement. S’adonner à l’épreuve sensorielle, c’est investir du temps dans l’inconfort, non parce que nous ne pouvons pas faire autrement, mais parce que nous choisissons cette façon d'être humain en toute conscience.

 

Alors, bonne rentrée à toutes et à tous !

 

 Catherine AIMELET-PERISSOL

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Un air de liberté sur fond de règles de grammaire… émotionnelle

Juillet-août 2014

 

La période des vacances rime avec liberté, celle de ne rien faire de contraignant et de pouvoir choisir sans entrave selon nos besoins.

 

La Logique Emotionnelle, fondée sur la biologie, va chercher cette liberté dans un tout autre espace, celui de notre existence. A ce titre, nous sommes doublement contraints du fait même d’habiter un corps à deux vitesses ! Contrainte du corps qui répond dans l’urgence aux événements qui surviennent et contrainte de l’esprit qui se représente lentement le sens de nos réponses en se les racontant en paroles et en pensées. Ce corps échappe largement à notre contrôle, n’en déplaise aux psychologies qui nous donnent à croire que nous avons la maîtrise de nos émotions. La liberté est ailleurs. Elle est dans l’écoute attentionnée qui distingue les mouvements du corps et les représentations mentales qui en sont le théâtre. Cette écoute respectueuse n’est en rien une soumission aux exigences instinctives d’un corps mais au contraire, une joie d’éprouver la vie qui circule en soi.

 

La liberté, mot valise dans lequel chacun engouffre ses rêves et ses idéaux, peut alors être entendue comme un appel à être soi, une mélodie vers laquelle tendre sans jamais l’atteindre. Etre libre d’être ce que nous sommes, y compris avec nos mémoires, est un véritable chemin qui nécessite un esprit de rupture avec les idéaux psychologiques du « devoir être » tout confiant, tout plein d’estime de soi, complètement libre et préoccupé de son bonheur. Cet esprit de rupture nous ouvre à notre réalité propre, loin du héros auquel nous aspirons pour devenir l’humain que nous sommes.

 

Je suis un peu tombée de mon armoire avec vos règles ! Mais je suis contente d’être arrivée sur terre. Ces propos, d’une participante aux ateliers du soir des Règles de la Logique Emotionnelle, témoignent du bon sens de cet esprit de rupture qui ose se fier au corps qui sait. La découverte de cette intelligence à être, qui est en moi sans que j’aie à m’en méfier, c’est incroyable comme cela me fait du bien ! Je me sens plus détendue, plus libre rien qu’en appliquant la première : « J’endosse ma peine et en exonère l’autre ». Une révélation qui a changé ma relation avec mes enfants…

 

La Logique Emotionnelle, en décrivant les mouvements biologiques de l’être, invite à agir courageusement. Comme le proposait madame de Staël : « Enfin, relevons-nous sous le poids de notre existence ».

Bon été à tous ! Enjoy, comme disent nos cousins canadiens à leurs enfants… quand partent en classe.

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Questionnons nos questions !

Juin 2014

 

A partir de l’âge dit de raison, nous entrons tous dans le monde du questionnement. Nous n’en sortons plus. Nous poursuivons la recherche de réponses à nos questions qui varieront en fonction des événements de la vie et de notre maturité. Certaines réponses nous satisferont, d’autres resteront éternellement en suspens. Comme la vie et la mort.

 

L’aptitude à se poser des questions et leur chercher des réponses est sans doute ce qui caractérise l’humanité. Nous sommes même convaincus que les réponses sont susceptibles de nous libérer des questions qui nous taraudent. Erreur !

 

Comment a-t-il pu me faire ça à moi ? Comment ne plus culpabiliser ? Pourquoi j’existe ? Qu’est-ce que je dois faire ? Quand est-ce que je vais enfin rencontrer quelqu’un qui me comprenne et m’aime comme je suis ? Voilà quelques unes des questions éprouvantes que nous nous posons et dont les réponses sont tellement frustrantes. Alors, à quoi servent-elles ?

 

La Logique Emotionnelle nous apprend que ces questions, dites existentielles puisque nous nous les posons quand notre existence semble ébranlée, parlent de notre existence même. De façon assez floutée, certes, mais elles racontent comment notre mental s’est emparé de cet ébranlement corporel que nous éprouvons dans certaines situations. C’est sa façon à lui de donner forme à des expériences sensorielles, parfois fugaces mais réelles, vécues bien souvent hors du champ de notre conscience.

 

Ces questions sont des témoins avant toute autre chose. Elles ne demandent pas des réponses toutes faites, pensées par nos proches ou par un thérapeute. Elles nous appellent à témoigner de notre existence, à oser exprimer une alliance entre ce que nous sommes – un sujet vivant – et qui nous sommes – des créateurs d’histoire. Mais ça, obnubilés par l’attente d’une réponse qui nous rassure, nous l’ignorons.

 

Alors, ces témoins deviennent bien encombrants. Ils nous font tourner en rond et favorisent le ressentiment. Qu’en faire ? Questionner la question ! Qu’est-ce qui me fait me poser cette question à cet instant-là ? Comment est-ce que je pose la question ? Avec quels mots ? Et quels maux ? Qu’ai-je perçu, senti qui aboutit à cette question-là et ces mots-là ?

 

Un questionnement qui ne reviendrait pas à celui qui se pose la question supposerait que la réponse soit à l’extérieur. Osons nous poser des questions à nous-mêmes et osons les questionner. Nul doute que ce processus n’aboutira pas à des réponses satisfaisantes, mais contribuera à ouvrir notre coeur et notre esprit.

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Entre psychologie et méditation,

la Logique Emotionnelle

Mai 2014

 

Si, pendant des décennies, nul ne pouvait échapper à l’approche psychologique de tout événement et de tout comportement, serions-nous aujourd'hui entrés dans le « tout méditation » ?

 

Présentée comme solution à notre stress, comme une voie vers le bonheur et la réussite, la méditation risque d’être perçue comme un nouveau moyen d’échapper à sa propre réalité.

 

Si le « tout psycho » met abusivement de côté la  dimension biologique de nos émotions, la méditation risque de mettre de côté la dimension historique et identitaire de la personne pour la seule finalité d’un état sans tension, permettant de devenir performant, tant sur le plan relationnel que professionnel et créatif. Assisterions-nous à une nouvelle querelle : psychologisme contre méditatisme ?

 

La méditation, en effet, met l’accent sur l’émotion comme n’étant qu’une manifestation physiologique. Et donc, sans rapport avec la construction psychique de l’être ?... La psychologie, elle, met l’accent sur l’émotion comme issue de nos seules pensées. Et donc, sans rapport avec l’intégration biologique de notre environnement ?...

 

La Logique Emotionnelle marie ces deux approches, au-delà de toute querelle. Elle pose notre attention sur cet espace sensoriel entre le stimulus perçu et nos réactions adaptatives, afin de situer au bon endroit notre libre arbitre : là où l’information se manifeste, dans le corps éprouvé.

 

Elle donne aussi sens aux mouvements défensifs qui nous animent, certes de façon non consciente, mais toujours orientés vers la vie de l’être structuré que nous sommes. Elle est cette articulation biologique, entre physiologie descriptive des systèmes cellulaires et représentation consciente de soi.

 

La Logique Emotionnelle s’enrichit de la pratique méditative qui permet d’entrer en contact avec un état de présence corporelle sans évaluation par un autre en soi qui juge. Et elle s’enrichit de la connaissance psychique qui donne accès à soi comme porteur d’histoire, et donc créateur de notre singularité.

 

Elle apaise de toute culpabilité à exister comme nous sommes, et demande un effort pour soutenir notre existence autrement que dans une vision idéalisée de soi.

 

Avec une bienveillance toute reptilienne, pour que se déploient notre humilité, notre dignité et notre humour.

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Le corps au cœur de la santé émotionnelle

Avril 2014

L’émotion est au cœur de la souffrance psychique. Il peut paraître paradoxal d’aborder cette douleur par le corps. Or, pour comprendre le processus émotionnel, il ne suffit pas de réfléchir aux comportements et aux pensées qui l’expriment. Il faut aussi le comprendre par la voie de la biologie : le corps, sa mémoire sensorielle, sa réactivité face à ce qui fait danger, ses automatismes adaptatifs de fuite, de lutte et de repli sur soi sont, en réalité, les toutes premières manifestations émotionnelles.

 

Toute activité qui ouvre à ce qui est présent, à l'intérieur ou à l'extérieur du corps, devient alors une expérience profonde et essentielle puisqu’elle met la personne en prise directe avec son existence. Non celle de l’introspection mais celle de notre présence corporelle au monde, qu'il s'agisse de relaxation, de méditation ou toute autre activité physique de présence à soi. À commencer par la respiration.

 

Au-delà du bien-être, il s'agit d'une expérience de lâcher prise : pour un temps, le Moi qui pense, attend et exige toujours plus, lâche prise pour se laisser être. Cette expérience corporelle pure ouvre alors la porte de la sensation de prison que nous éprouvons dans la peur.

 

Elle offre une rencontre avec l’ampleur ce que nous sommes : un être pleinement vivant en relation avec les autres dans un monde changeant. Un être doté d’émotions qui sont d’abord les mouvements biologiques qui nous animent et nous réaniment lorsque nous sommes confrontés à des événements difficiles.

 

Cette expérience corporelle donne à chacun la possibilité de se rencontrer et petit à petit, aide à se laisser éprouver l’art d’être vulnérable. Indispensable pour développer notre humanité.

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Expérimenter, Penser,

Penser l'expérience et Expérimenter la pensée !

Mars 2014

 

 

Notre cerveau manie avec dextérité ces quatre façons d’être au monde.

 

Nous pouvons ainsi expérimenter au présent ce que nos sens perçoivent ; nous pouvons aussi penser de façon abstraite, sans rapport avec la réalité du moment que nos sens continuent de percevoir ; nous pouvons encore penser l’expérience que nous faisons ou avons faite, nous la re-présenter à l’esprit ; nous pouvons enfin nous laisser expérimenter les sensations auxquelles certaines pensées sont associées.

 

Notre rapport à la réalité ne peut, lui, se faire que dans l’expérience. Car notre corps ne quitte jamais la réalité du moment. Nous pouvons nous raconter que nous étions « absent » parce que notre esprit divaguait, et pourtant nos sens étaient bel et bien en alerte via le crocodile…

 

C’est la raison pour laquelle il est si important de revenir au temps présent, celui que le cerveau reptilien scrute sans cesse, en bon veilleur qu’il est de notre intégrité. Ce rapport à soi présent et vivant ouvre un horizon beaucoup plus riche que toutes les évaluations que nous sommes susceptibles d’avoir sur soi et le monde.

 

Ce rapport est direct et précède tout commentaire. Expérimenter fait écho à ce chemin qui se crée au rythme de notre marche.

 

Aussi, rien de tel pour découvrir la logique du processus émotionnel qui nous anime, que de partir à la découverte de notre façon de nous adapter.

Laissez-vous éprouver, surprendre, décoiffer, déranger par des expériences qui sont autant d’invitations à vous rencontrer vous-même ! A chaque instant de votre quotidien, et aussi dans le cadre sécurisé offert par les multiples propositions de l’Institut de Logique Emotionnelle…

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Vie privée, vie publique…

Février 2014

 

Alors que les médias se questionnent sur les limites entre vie privée et vie publique, peut-être est-il intéressant de définir ces deux champs d’expression à la lumière de la Logique Emotionnelle.

 

Le « public » est ce qui peut être partagé, ce que nous pouvons ensemble percevoir – même si nos filtres de perception orientent nos représentations – ce dont nous pouvons parler et sur lequel même nous accorder.

 

Le « privé » est de l’ordre du secret et de l’impartageable. Il est cet effet, à l'intérieur de nous, que nous font éprouver les perceptions. Les mots sont impuissants pour donner à quiconque la possibilité d’éprouver à l’identique. Nous ne pourrons jamais sentir ce que sent l’autre. Nous pouvons ensemble regarder le même paysage, nous sentir touchés au même moment par la même chose. La sensation, elle, demeure notre jardin secret et relève de notre intimité. Cet « en soi » en dedans de notre peau échappe au contrôle des autres. Il est notre espace de liberté, relié à des expériences et des mémoires qui échappent souvent même à notre conscience.

 

Que faire de cette réalité qui nous caractérise ?

Oser partager ce qui peut l’être et oser se mettre à l’écoute de ce qui ne peut l’être. Veiller à respecter cet espace, autant sauvage que sacré, qui nous anime. Cette intimité, on la nomme parfois l’« enfant intérieur » ou le « soi ». Elle est animée par des forces vitales où le reptilien est à l'œuvre, avec sa puissante capacité à aimer, à vivre, à résister.

 

Cette vie privée ne peut être déballée mais elle s’apprivoise avec le temps, la tendresse et l’écoute. Beaucoup d’écoute.

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Bonne année, mon crocodile !

Janvier 2014

 

Bonne Année, mon crocodile, infatigable veilleur de mon être, discret système nerveux qui sait, avec subtilité, garantir ma vie. Tu es si peu bavard que mon esprit penseur te passen sous silence. Quel dommage !

 

Si, si, j’insiste ! Nous devrions, en toute conscience, nous souhaiter ainsi une bonne année. Mais, trop habitués à reconnaître et valoriser notre cerveau penseur, réfléchi et créatif, nous oublions d’entrer pleinement en rapport avec notre corps vivant. Trop absorbés par faire et dire des choses intelligentes, nous en négligeons de reconnaître combien cette part dite sauvage nous inspire.

 

Comment faire ? Prêter attention à notre corps pendant quelques instants de silence, dans une pose droite et digne, se laisser être comme nous sommes, juste vivant, respirant et présent. Lâcher pour quelques minutes l’évaluation, l’estimation, la gestion de soi et goûter à notre existence. C’est là que nous rencontrons notre veilleur reptilien. Il attend de notre part cette attention. Quand il la reçoit, c’est toute la pression émotionnelle qui diminue.

 

 

Très Bonne Année à tous !

 

Catherine AIMELET-PERISSOL


Année 2013


« Mieux vaut allumer une chandelle…

Décembre 2013

 

… Que maudire l’obscurité ». Cette parole attribuée à Confucius illustre avec humour la tendance de nos habitudes psychiques : aller chercher ailleurs, hors de soi, des moyens sensés assurer la satisfaction de nos besoins.

 

Si cette voie stimule notre créativité, elle distancie notre rapport à l’être que nous sommes, fait de chair et de cœur. A force de nous dépasser dans un effort constant pour réussir à ne pas faillir, nous passons à côté de l’essentiel. Nous nous privons de ce rapport simple et direct avec ce qui est là, tout accaparé par la représentation mentale de notre vie. La chandelle est notre aptitude à déployer notre être dans le présent, inspiré par le passé mais non soumis à lui.

 

 

Apprenons à profiter de la chaleur et de la lumière qu’elle nous propose pour oser voir, en ces jours de froid et bientôt de fêtes, que nous sommes des êtres éprouvés, sensibles, vulnérables et vivants. Apprenons, avant que le monde que nous créons ne nous y contraigne, à retrouver un rapport direct avec nous-mêmes.

 

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Ce bref instant où le corps est libéré de l'esprit

Novembre 2013

 

 

L'expérience va à l’encontre de bien des habitudes qui nous donnent l'illusion de pouvoir devenir purs esprits, aspirant à être soulagés des vicissitudes du corps. Quel égarement !

 

Heureusement, il y a toujours un moment, dans le travail révélateur opéré par la Logique Emotionnelle, où nous sommes saisis par l’intensité vitale qui nous fait être, état suspendu, sans contrôle et sans conscience. Un moment qui peut être vertigineux, au cours duquel l’existence en soi échappe à la pensée et à la parole pour se manifester, corporelle, enfin. Un moment réellement libre puisque nous n’avons rien à faire pour être ! Nous sommes, tout simplement…

 Un moment où nous risquons d'être vite rattrapés par le processus mental et son questionnement. Le « qu’est-ce qui m’arrive ? » est l'expression d'une "peur d'être", avec une pression à mettre des explications rationnelles pour échapper à cette incertitude très sensorielle, à ce mouvement pourtant naturel qui répond à notre "besoin d'être" au monde. Nous voilà bientôt repris par le babil du mental et son lot de mots mis sur l'expérience : nous ne pouvons échapper à la conscience et à sa verbalisation !

Nous pouvons néanmoins favoriser cette attention à être – présent et vivant –, et découvrir combien cet entraînement favorise un état d’ouverture à tout ce qui nous arrive. S'en émerveiller, et remercier…

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL


Où chercher nos ressources ?

Octobre 2013

 Lorsque nous nous sentons déstabilisés, stressés, en perte de confiance en soi ou de la fameuse estime de soi, la tradition psychologique nous a familiarisés avec la recherche de solutions dans la reconnaissance de nos ressources.

 

Apprendre à repérer nos compétences et notre savoir faire, apprendre à trouver en soi une richesse que nous méconnaissons est alors recommandé. Et, lorsque nous n’allons pas reconnaître ces ressources activement, nous nous en voulons, coupables des temps modernes à ne pas obéir à ces préconisations ! Nous sommes vraiment de mauvaise volonté…

 

En réalité, cette vision toute psychologique ne prend pas en compte un lieu de ressources et d’énergie à disposition : le fonctionnement automatique et archaïque du système nerveux lui-même.

 

Nous pouvons libérer notre potentiel en nous mettant en conscience à l’écoute d’une forme de présence corporelle, d’un mouvement spontané, archaïque et vital. Cette présence en soi est source de notre adaptation au monde, de notre inspiration à être vivant. Aurions-nous peur de notre vitalité ?

 


Catherine AIMELET-PERISSOL

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Rentrer zen, est-ce possible ?

Septembre 2013

 Qui ne désire conserver cet état d’esprit vacant, chèrement acquis au prix de vacances dites bien méritées ? Qui a jamais échappé au retour des préoccupations du même esprit aussitôt la rentrée effectuée ?

 

Faut-il y voir la responsabilité du rythme effréné des sollicitations sociales et culturelles ? Ou bien l’effet de notre fragile nature face à tant de stimuli quotidiens auxquels nous tentons d’échapper le temps de la pause estivale ? Voilà une question existentielle : peut-on vivre zen quand chaque journée contient son lot de surprises et d’événements qui font écho à notre fragilité ontologique ? Peut-on vivre heureux en se sentant vulnérable ?

 

Le marché de la zen attitude semble d’autant plus florissant que nous nous approchons en conscience de cette fragilité vue – sous l’angle psychique – comme un pas dangereux vers un mortel déséquilibre. Or, vue sous l’angle reptilien, cette même fragilité est un appel à être, un vécu sensoriel de perte, de manque qui déclenche, hors de toute conscience et de toute volonté, un mouvement adaptatif de vie !

 

La structure intime du corps connaît le zen ! Elle sait, d’un savoir cellulaire, la capacité de chacun à exister. C’est à elle que nous pouvons nous fier. A quand reconnaître combien l’émotion, crainte comme fragilisante, est en réalité notre fidèle alliée ?

 

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Le crocodile créateur de temps !

Juin 2013

 Inutile de nous appesantir sur le temps qui prive nos organismes du rayonnement chaleureux du soleil… Parlons plutôt de l’autre, celui sur lequel le cerveau reptilien a la main.

 

Raccourci par l’urgence à réagir sous l’effet du choc émotionnel, rallongé par l’attente de la satisfaction du besoin, le temps est modulé par le processus émotionnel. Il semble ainsi varier à l’aune de nos humeurs.

 

C’est qu’en dehors des horloges fabriquées par les humains, le temps est une notion totalement liée et dépendante de notre espace sensoriel : plus nous nous laissons éprouvés par les changements sensoriels - les effets en soi de ce que nous percevons autour de soi - plus le temps est dense et plein. Moins nous portons notre attention sur la vie qui nous habite, et plus le temps semble nous échapper.

 

Trop court dans la fuite, agaçant et à rattraper dans la lutte, trop long dans l’ennui du repli sur soi. Nous rêvons d’éviter sa fuite, cherchons à maîtriser les heures qui le composent, ou subissons son impitoyable horloge. Sans réaliser que la gestion du temps n’est qu’un leurre. Sans réaliser que le temps s’adapte à soi à chaque fois que nous nous laissons remplir par lui, que nous prêtons simplement attention à notre espace…-temps intérieur.

 

Alors s’il y a urgence, c’est de poser un regard bienveillant sur soi !

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Faire en mai ce qu'il me plaît ?

Mai 2013

 

 

« En Mai, fais ce qu'il te plaît ! » La langue des émotions peut-elle nous aider à comprendre ce vieux proverbe au-delà d'un fantasme de liberté qui consisterait à ne faire que ce que je veux et quand ça me plaît ?

 

Qu'est-ce que le système nerveux nous dit de cet adage ? Le propos assemble en une même phrase une action (faire), un moyen (ce) et un résultat (un plaisir).

« Faire quelque chose qui donne du plaisir » répond en effet à l'intention du système nerveux à chaque fois que le corps est alerté par un état de frustration, une privation d'intégrité sur l'instant.

 

Toute peine entraîne un effet neurobiologique de compensation vécu comme un soulagement, voire un plaisir instantané. La mémoire, imprégnée de ce processus de survie, est prolongée dans la conscience cognitive par un désir pressant de faire ce qui nous plaît, raccourci qui nous invite à agir dans le sens de la satisfaction de nos besoins essentiels. C'est ainsi qu'un besoin de sécurité peut se traduire par un désir d'être rassuré par nos proches, ce qui risque de nous faire entrer dans un engrenage affectif…

 

C'est à nous, être d'émotion et de savoir, qu'il revient de reconnaître et distinguer cette invitation, consciente et cognitive, de l'urgence émotionnelle. A nous de sortir de l'illusion de nos désirs, quand ils déguisent nos besoins existentiels.

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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La simplicité au cœur du cerveau

Avril 2013

 

 

Nous sommes nombreux à avoir été sensibles à la posture de simplicité du nouveau pape François. Durant ces années de crise, nombre de voix appellent à plus de simplicité dans nos comportements. La Logique Emotionnelle invite, par la pratique de sa grammaire, à développer aussi cette simplicité grâce à un langage structuré selon la logique du vivant.

 

Ce langage distingue ce que nous percevons de ce nous nous éprouvons, nous responsabilise dans nos comportements défensifs, identifie ce qui fait danger pour soi, reconnaît notre peine et notre vulnérabilité d’être humain, et traduit avec humilité l’intelligence de notre nature corporelle. Ainsi, nous nous ouvrons à la simplicité de notre être vivant. En nous ouvrant à notre réalité, corporelle et psychique, nous nous ouvrons à celle des autres. Enfin ! La simplicité est au cœur de notre cerveau.

 

C’est la peur d’être ce que nous sommes qui entretient en nous une rage et une culpabilité qui nous rongent. Nous en vouloir entretient notre souffrance ! Mais parler la langue qui tient compte de l’émotion comme source de vie, nous poser dans notre structure faillible, voire notre faute - non au sens de délit mais au sens d’un manque inscrit dans notre nature - nous ouvre à notre humanité.

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

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Plaidoyer pour une culpabilité apprivoisée

Mars 2013

 

On nous dit que culpabiliser est un problème car culpabiliser fait mal.

On nous engage donc à cesser de culpabiliser pour un oui, pour un non.

 

Tel n’est pas le langage de l’émotion. La culpabilité, ultime étape d’un processus émotionnel complexe, témoigne d’abord d’un blocage face à un choix impossible. La meilleure façon de nous en sortir reste bien souvent la culpabilité : en m’accusant d’être fautif ou en accusant l’autre de l’être, je résous mon problème.

 

Solution imparfaite car immédiate et à court terme mais, quand même, solution

à un dilemme. Faute de prendre en compte la réalité de la situation et la peine que nous en éprouvons, faute d’assumer notre fragilité tout autant que notre individualité, nous créons un fautif ou une fautive, au risque d’entrer

dans un processus de stress chronique en utilisant la culpabilité comme un moteur pour agir.

 

Tant que nous voyons la culpabilité comme une faute et non comme la solution, imparfaite et temporaire, à un choix mal assumé, nous prolongeons notre châtiment, le nôtre et celui de notre entourage.

 

La culpabilité a une fonction vitale.

C’est à nous d’en discerner le sens et l’intelligence.

Non pour nous libérer d’elle puisqu’elle fait partie inhérente de la vie, mais pour faire alliance avec notre nature corporelle et psychique, fondement d’un équilibre en mouvement.

 

Catherine AIMELET-PERISSOL

 

En librairie le 7 mars : Apprivoiser sa culpabilité, par Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet, éditions Albin Michel.

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Agissez en connaissance

de vos causes !

Février 2013

 

Existe-t-il un espace d’expression entre morale et développement personnel, entre devoir et techniques de communication ?

 

Un espace qui permettrait l’expression juste de soi et l’écoute de l’autre sans basculer dans la psychologie ?

 

Un espace dans lequel nous nous conduirions en connaissance de nos causes comme de celles des autres ?

 

Un espace dans lequel nous sentir mal ne serait pas un drame mais un état avec lequel apprendre quelque chose de soi ?

 

Un espace dans lequel agir sous le coup de l’émotion ne serait pas une faute mais une réponse fondée sur son histoire et une occasion de se comprendre ?…

 

Cet espace existe. Nous pouvons apprendre à ralentir le film TGV qui se joue en soi lors de certaines situations relationnelles et qui échappe ainsi à notre compréhension. Et donc à notre maîtrise. L’enjeu va bien au-delà de la sphère privée : c’est toute la société qui est parasitée par les effets émotionnels que nous subissons.

 

La faute à l’émotion ? NON !

 

La faute au mauvais usage que nous faisons de nos émotions. Apprendre à se connaître pour être mieux ensemble n’est pas qu’un enjeu personnel, c’est aussi une invitation à découvrir une forme de responsabilité plus juste dans une société exigeante, grande consommatrice d’habitudes culpabilisantes…

Retrouvons-nous aux ateliers du soir pour découvrir, ensemble, comment faire.

 

Catherine AIMELET-PERISSOL 

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Les bons vœux du Croco

Janvier 2013

Que peut bien souhaiter un cerveau reptilien à l’aube d’une Nouvelle Année ?


De recevoir quotidiennement sa nourriture, afin que l’existence – la nôtre ! – sur laquelle il veille soit maintenue. Nourriture matérielle, affective et spirituelle bien sûr, afin que ses besoins – les nôtres ! – soient reconnus et satisfaits. Il aimerait que son message « bien-veillant » soit entendu dans son intention vitale. A commencer par son voisin le plus proche, le cerveau cognitif, celui qui parle, qui possède le savoir grâce à sa mémoire consciente. Il aimerait tellement créer une alliance joyeuse :
« Cher voisin, nous sommes différents certes, mais tous les deux dotés d’une même intention de vie. Vous me voyez mal dégrossi, bourru, lâche, têtu, violent, égoïste et exclusivement centré sur la survie… Alors que vous vous pensez si savant, si policé, si réfléchi, si sûr de savoir où sont le bien et le mal ! Pourtant vous ne pouvez vous passer de moi. Ne serait-ce donc pas une bonne idée de commencer l’Année Nouvelle par quelques rencontres, quelques moments d’écoute ? De vraie écoute, sans jugement, avec ce respect mutuel qui libère si bien et offre la possibilité d’un accord créatif… »
 
Si vous faites silence, vous entendrez certainement les Vœux du Croco en vous.
A défaut, et si votre cognitif se fait un peu dur d’oreille, invitez-les donc à se rencontrer lors d’un atelier du soir, d’un stage ou d’une formation en Logique Emotionnelle. Ils découvriront émerveillés qu’ils sont vraiment faits l’un pour l’autre.
 
Bonne et Heureuse Année à tous, et à bientôt !

 

Catherine AIMELET-PERISSOL