A quoi ça sert

Moi, toi, tous émotifs

L'émotion est une boussole qui oriente l'ensemble de nos décisions, nos actions et nos pensées. Connaitre la logique émotionnelle, c’est trouver une source de confiance, d'estime et de bienveillance

Plus besoin de taire ou de contrôler l'émotion, elle n'est plus un tabou, même si les livres sur leur gestion continuent à alimenter les fantasmes. Elle a pris sa place dans les familles, l'entreprise ou la politique.
Les sciences du cerveau ont ainsi imposé cette acceptation de l'humain là où les sciences humaines avaient échoué.

Les recherches se multiplient qui toutes mettent en évidence combien l’expérience corporelle initiée dans le cerveau reptilien est à l’origine de notre façon de nous adapter à notre milieu, mais aussi, de notre façon de nous comporter et de nous représenter la vie.
Que nous en soyons conscients ou non.

Mais quand même...l'idée selon laquelle la confiance, l'estime et la bienveillance sont des ressources biologiques avant de se déployer comme ressources cognitives et humanistes va à l'encontre de bien des habitudes mentales. Nous aimons à croire ces valeurs dites humaines comme le seul fruit de l'éducation. Et donc l'apanage des parents, des éducateurs ou de la culture. Mais cette approche est insuffisante : la logique émotionnelle permet de comprendre pourquoi.
Une articulation existe entre notre corps qui maintient la vie et notre esprit qui s'inspire des expériences corporelles pour construire des habitudes de vie.

Ce reflet corps esprit se fait

  • soit dans un modèle plutôt altruiste et empathique, provoquant joie et activation de l'action (lien avec HL).
  • soit dans un modèle plutôt défensif , provoquant ressentis de stress, angoisse, ressentiment et épuisement (lien avec HL) dans une même finalité : exister et croître.

Construire la confiance, c'est déjà se fier à ces mécanismes de vie qui nous constituent, à ces marqueurs somatiques comme les nomme Antonio Damasio (lien avec bibliographie) qui servent de fondations, de racines à l'édification de notre existence. Et l'éducation alors ? Elle est elle-aussi essentielle, surtout quand elle soutient le besoin, le désir tel que l'équité, la justice, la droiture, le respect, la solidité ou la solidarité, tous contenus dans l'émotion, car ces valeurs humaines sont le développement dans l’esprit de besoins corporels.

L’éducation, transmise dans cette conscience, permet alors à l'enfant de développer ses liens avec les autres, ses capacités empathiques en conscience de ses propres besoins. Et non contre les autres ou sans eux. L'éducation, la culture s’étendent ainsi dans le sens de la vie.

L'estime est la façon dont nous évaluons notre existence face à celle de l'autre. Non une existence qui nous serait propre, mais une existence avec les autres tels qu'ils sont. L'estime commence par le courage de prendre en compte ses propres désirs, ses habitudes mentales et comportementales et ses ressentis. Non pour les rejeter, mais pour y entendre l'appel à être un être de valeur. Cette écoute intérieure permet d’oser exprimer cette valeur et écouter celle des autres pour construire des relations au-delà de la tentation du registre dominant- dominé.

La bienveillance, en plongeant leurs racines dans l’expérience du corps étendue dans la mémoire, vont cesser d’être soumission ou obéissance. Pour être reconnus comme un système vertueux, né au cœur même de la biologie du cerveau.