A quoi ça sert

Moi, toi, tous émotifs

L'émotion est une boussole qui oriente l'ensemble de nos décisions, nos actions et nos pensées. Connaitre la logique émotionnelle, c’est trouver une source de confiance, d'estime et de bienveillance

Plus besoin de taire ou de contrôler l'émotion, elle n'est plus un tabou, même si les livres sur leur gestion continuent à alimenter les fantasmes. Elle a pris sa place dans les familles, l'entreprise ou la politique.
Les sciences du cerveau ont ainsi imposé cette acceptation de l'humain là où les sciences humaines avaient échoué.

Les recherches se multiplient qui toutes mettent en évidence combien l’expérience corporelle initiée dans le cerveau reptilien est à l’origine de notre façon de nous adapter à notre milieu, mais aussi, de notre façon de nous comporter et de nous représenter la vie.
Que nous en soyons conscients ou non.

Mais quand même...l'idée selon laquelle la confiance, l'estime et la bienveillance sont des ressources biologiques avant de se déployer comme ressources cognitives et humanistes va à l'encontre de bien des habitudes mentales. Nous aimons à croire ces valeurs dites humaines comme le seul fruit de l'éducation. Et donc l'apanage des parents, des éducateurs ou de la culture. Mais cette approche est insuffisante : la logique émotionnelle permet de comprendre pourquoi.
Une articulation existe entre notre corps qui maintient la vie et notre esprit qui s'inspire des expériences corporelles pour construire des habitudes de vie.

Ce reflet corps esprit se fait

  • soit dans un modèle plutôt altruiste et empathique, provoquant joie et activation de l'action (lien avec HL).
  • soit dans un modèle plutôt défensif , provoquant ressentis de stress, angoisse, ressentiment et épuisement (lien avec HL) dans une même finalité : exister et croître.

Construire la confiance

 

A quoi se fier ? A qui se fier ?


La confiance en soi est devenue une quantité évaluée : manque ou trop plein ? La confiance en l’autre aussi : nous l’accordons, mais dès que nous sommes déçus, nous basculons dans la méfiance et en voulons à l’autre.
La logique émotionnelle nous apprend que la confiance est un état intérieur d’ouverture à ce qui est là, présent, vivant.


Notre seule certitude est notre capacité à percevoir notre environnement et à pouvoir entrer en résonance avec lui pour répondre à notre besoin d’intégrité. La confiance est donc fondée sur nos expériences plus que sur notre savoir intellectuel. En aucun cas elle ne peut être acquise une fois pour toute. L’idée d’avoir définitivement confiance en soi ou en l’autre est une idéalisation qui nous fait courir le risque de perdre cet état d’ouverture à la variabilité et l’incertitude du monde.
Le plein de confiance cache un plein de peurs !


La confiance est fondée sur le rapport que notre esprit a avec notre corps : plus nous nous méfions des messages corporels, plus celui-ci s’agite et plus nous sommes anxieux, plus nous nous plaignons de manquer de confiance. La LE restaure le bon sens de la confiance en apprenant à porter notre attention aux messages transmis par le corps vers l’esprit. Et en nous y fiant avec reconnaissance.

L'estime de soi

 

S’estimer ne consiste pas à s’évaluer en termes binaires :

 

« ça c’est bien, ça c’est mal ».

La véritable estime de soi est plus puissante que ce baume qui consiste à se vouloir quelqu’un de bien pour éviter de voir ses failles.
Selon la logique de nos émotions, notre identité se construit dans le temps, au fil des expériences et des interactions avec les autres (éducation, langage, apprentissages, modèles). S’élaborent alors des habitudes et des stratégies existentielles qui ont vocation à répondre à nos désirs. Ou encore à notre valeur biologique.


L’estime de soi est donc une capacité à développer pour voir clairement et reconnaitre nos comportements, nos pensées, nos savoirs, nos croyances à l’aune de cette valeur qui nous habite au plus profond de nous-mêmes. Nous croyons (ou nous avons pris l’habitude de croire) que ces valeurs nous ont été inculquées par nos familles ou nos enseignants. Ce qui est juste mais incomplet. En réalité, face à ces figures d’autorité ou de soin, nous avons adopté des habitudes d’évitement, ou de rivalité ou encore de soumission.

Ces habitudes ne sont pas que la conséquence de notre histoire familiale. Loin de là. Elles se bâtissent en reflet des réactions défensives corporelles qui sont, elles, secondaires aux expériences et aux chocs des tous premiers temps de notre vie. De -9 mois à 2/3 ans, le corps a enregistré certaines façons de survivre…qui dans le temps deviennent des traits de caractère. Toujours dans la finalité d’être. Dans le besoin, d’identité et de l’estime de soi, l’intention est de trouver notre place parmi les autres. Voir ces habitudes défensives à l’œuvre sans chercher à les justifier par le comportement des autres (notamment des parents) est un véritable acte de courage qui mérite notre estime.


L’estime de soi consiste à oser se reconnaitre dans cet élan vital, à prendre la mesure de nos actes et de nos pensées, de ce qui nous habite pour répondre de notre existence. Entendre cette puissance intérieure permet de lâcher la tentation de la toute-puissance et ne pas céder à celle de l’impuissance.

La bienveillance

 

Souvent confondue avec l’empathie, la compassion ou l’altruisme, la bienveillance est avant tout une subtile association de la confiance et de l’estime de soi.

 

Ce duo s’enracine dans le système reptilien attentionné à l’équilibre corporel, se déploie dans le système limbique de nos mémoires pour devenir créativité dans l’espace du néocortex, toujours à l’affut de nouveauté, de curiosité. Mais là, plutôt que de créer du plus de performance, du plus de confort et de compétitivité, le duo devient bien-veillant : il imagine comment mieux veiller sur la Nature, la nôtre, celle des autres et de notre environnement.


La bienveillance commence dans l’équilibre émotionnel qui a lieu dans l’espace qui échappe à notre volonté puisqu’il est automatisé et non conscient. C’est en le découvrant, en l’écoutant « être en soi » à l’œuvre, en devenant conscient du processus de vie qui anime nos cellules que nous retrouvons lentement la bienveillance.


Se réconcilier avec le système qui nous régit est d’emblée un grand soulagement : nous n’avons pas à nous gérer mais à nous accepter tels que nous sommes !